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… Et si le pétrole restait aussi cher

Un pétrole aussi cher, c’est une calamité pour l’économie ! Encore une idée reçue qu’il va falloir bien nuancer et même briser dans certains aspects. Y compris pour le Liban qui peut, sous conditions, en tirer bénéfice.

liban

Les fluctuations des prix pétroliers se sont toujours soldées par des effets cycliques sur le développement économique de notre région. Dans le sens où la hausse des prix du brut est souvent accompagnée par un trend ascendant des taux de croissance du PIB alors qu’une baisse des prix se traduit souvent par un trend descendant. Or, étant donné l’imbrication des économies des pays de la région, la fluctuation des prix pétroliers, et par conséquent ses effets cycliques, ne concerne pas seulement les producteurs, mais également les autres pays de la région. Cette constatation s’est manifestée par exemple de 1981 à la fin des années 90 avec la chute des prix réels du pétrole, qui s’est répercutée par une morosité économique dans l’ensemble de la région, avec un taux de croissance du PIB arabe par tête presque nul.

Le Liban n’échappe pas en général à cette corrélation. En effet, toute hausse des prix du pétrole engendre des liquidités soutenues, ce qui a pour effet d’encourager les investissements directs provenant des pays du Golfe. Elle dope par la même occasion les transferts financiers de la part des ressortissants libanais, entre autres, qui travaillent dans ces pays. Parallèlement, cette hausse active généralement les échanges commerciaux avec les pays non producteurs. Dans le cas spécifique libanais, l’amélioration des revenus pétroliers a, par ailleurs, des implications directes sur le mouvement touristique dans le pays.

Mais quels facteurs sont à l’origine de ce mouvement de prix ? Depuis l’invasion de l’Irak par les troupes américaines, les prix pétroliers se sont emballés. On pensait alors, à un certain moment, que la hausse était exclusivement commandée par des facteurs politiques. Or, le débat très médiatisé sur le marché pétrolier semble dégager des argumentations qui plaident en faveur d’une multitude d’autres facteurs.

Les leviers de l’économie

Parmi les facteurs les plus fréquemment mis en avant, on peut citer les suivants :
• La consommation mondiale du pétrole s’est accrue à un rythme plus soutenu que prévu. Alors que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait tablé sur une croissance de 1,3 % en 2004, on s’est retrouvé en fin d’année avec un taux de 3,2 %. Dans le cas de la Chine, la croissance réelle a été de 3 fois sa prévision antérieure (de 5 à 15 %).
• Pour le FMI, ce sont les capacités de production des pays producteurs qui n’arrivent plus à suivre le rythme de la hausse de la demande, car, durant les années 90, les nouveaux investissements d’exploration furent insuffisants. Pour une raison vicieusement simple : la baisse des prix du brut et donc des revenus pétroliers nécessaire à l’investissement durant cette même période. L’AIE confirme le bien-fondé de cet argument en indiquant que la capacité de production des pays de l’OPEP n’a enregistré qu’une hausse marginale durant la période 1980-2000.
• Les nouvelles découvertes d’hydrocarbures à l’extérieur de la zone OPEP n’ont pas été significatives durant cette même période. Il en va de même pour les nouvelles sources alternatives d’énergie, dont le potentiel a été freiné également à cause des faibles prix du pétrole.

Ainsi, ces facteurs militent en faveur d’une hausse des prix ou du moins en faveur du maintien des niveaux actuels. Dans le cas du pétrole-OPEP, les prix sont passés, en moyenne pondérée annuelle, de 28 $/baril en 2003 à plus de 36 $ en 2004.
Ceci dit, les thèses assumant la responsabilité du marasme économique américain et européen à ce renchérissement n’ont pas de fondement. Malgré le tapage médiatique, très politisé, orchestré à cet égard, les institutions internationales concernées sont d’accord pour reconnaître l’importance des facteurs non politiques dans la détermination des nouvelles structures des prix du pétrole. Abstraction faite de la suite des événements en Irak, ou encore de la situation au Venezuela, au Nigeria et en Russie, ces institutions prévoient pour les années 2005 et 2006 le maintien des prix aux niveaux élevés actuels. Et pour bien démystifier le vrai impact de la hausse des prix du pétrole sur l’économie mondiale, on peut se référer au dernier rapport du FMI (fin 2004) qui a montré que la hausse moyenne pondérée de 8 $ par baril en 2004 ne s’est répercutée que par une ponction du PIB mondial de 0,3 %. Sachant que cet effet négatif a varié dans une fourchette allant de 0,3 % pour les États-Unis et l’Europe à 0,7 % pour les économies asiatiques et à 1,3 % pour l’Inde.

Effets bénéfiques

On devrait donc s’attendre à une certaine consolidation des niveaux actuels des prix. Et à moyen et long terme, une augmentation progressive et raisonnable serait même souhaitée compte tenu des avantages qu’elle induirait, même du point de vue des principales institutions internationales concernées. Ces avantages concernent la majorité des joueurs internationaux intéressés par l’or noir et se présentent comme suit :
• Au niveau des pays producteurs, la consolidation des prix élevés les aidera à investir encore plus dans l’exploration et donc à diversifier leurs zones de production. Ceci revêt un intérêt stratégique pour la sécurité de l’approvisionnement à l’échelle internationale puisque, selon les prévisions disponibles, les pays de l’OPEP seraient appelés à fournir au moins 70 % de la demande pétrolière additionnelle mondiale durant les 3 prochaines décennies. D’ici à 2030, plus de 1 000 milliards $ d’investissements nouveaux seront nécessaires pour que l’OPEP puisse atteindre les niveaux de production exigés qui devraient passer de 28 millions de barils/jour en 2002 (sur un total mondial de 77 millions) à 65 millions de barils/jour en 2030 (sur un total mondial de 121 millions). Le maintien des prix élevés permettra, par ailleurs, aux pays producteurs de surmonter les défis économiques et sociaux auxquels ils sont confrontés, notamment en matière de chômage, de dette publique, de pauvreté, d’intégrisme de tout genre.
• Au niveau des consommateurs, la consolidation des prix élevés contribuera à rationaliser l’utilisation du pétrole et à limiter le gaspillage inhérent au mode de consommation actuel. Des consommateurs qui auront tendance à faire pression sur les gouvernements en vue de diversifier davantage les sources d’énergie propres et inépuisables (solaire, éolienne, hydraulique). De plus, la hausse des prix encouragera les producteurs du Nord à investir davantage dans leurs chantiers, et à s’assurer une plus grande sécurité en matière d’approvisionnement. Les pays consommateurs bénéficieront également de l’accroissement des revenus pétroliers des pays producteurs sous forme d’intensification des échanges commerciaux.
• Au niveau des compagnies pétrolières, il est évident que leurs profits tendront à augmenter. Ceci a toujours été le cas auparavant, même durant les périodes de crise aiguë (chocs pétroliers, 1re et 2e guerre du Golfe). D’ailleurs, durant les 3 dernières années de hausse des prix, ces compagnies ont pu augmenter de plus de 50 % leurs dépenses en matière d’exploration et de développement pétrolier.
Si cette analyse, fondée sur une relecture de la littérature pétrolière spécialisée, se concrétise dans les années à venir, ceci signifie que le monde, y compris le Liban, devrait se préparer à une ère de prix pétroliers élevés et donc essayer d’en tirer les bénéfices tout en limitant les surcoûts.

Bon nombre de conditions sont requises pour que le Liban sorte gagnant de cet enjeu : un consensus et une stabilité politiques, une vision futuriste en matière de développement économique, des réformes, une nouvelle politique énergétique qui devrait faire réactiver l’industrie de raffinage et le réseau de transport. Plus un assainissement du climat d’investissement qui encouragera le flux des capitaux productifs et une meilleure intégration dans l’environnement économique arabe. Tout ceci lui permettra, non seulement de récupérer le soutien arabe antérieurement promis, mais d’en solliciter davantage à des fins claires et précises.

Beyrouth,06 27 2005
Kamal Hamdan
Le Commerce du Levant
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