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Les pays en développement et la mondialisation: Qui paye l'orchestre choisit la musique

La mondialisation a-t-elle vraiment désenchanté le monde? Est-elle un formidable facteur d'inégalité entre Etats et au sein de l'Etat? Le consensus de Washington qui la soutient n'est-il pas en train de mener les pays en développement à l'impasse?

C'est à toutes ces questions que le prix Nobel (1999) Joseph E. Stiglitz a essayé de répondre dans son livre "La grande désillusion". Ce travail est intéressant non pas parce qu'il revient sur des sujets, somme toute déjà traités, mais parce qu'il émane d'un homme de terrain. Joseph E. Stiglitz était vice-président et économiste en chef de la Banque Mondiale (1997-2000) et conseiller de l'ex-président des Etats-Unis Clinton.

A ces deux titres, il a observé comment les décisions se prennent et quel sens on leur donne. "Durant mon séjour à la Maison-Blanche en qualité de membre, puis de président du Council of Economic Advisers à la Banque Mondiale, j'ai malheureusement constaté -ce n'était évidemment pas une surprise- que les décisions étaient souvent prises sur les bases idéologiques et politiques. D'où de nombreuses initiatives malvenues, bien incapables de résoudre les problèmes mais conformes aux intérêts et aux convictions des dirigeants".

L'expérience, ici, fait dire à l'auteur: "J'ai écrit ce livre, parce que j'ai directement constaté quand j'étais à la Banque Mondiale, l'impact dévastateur que peut avoir la mondialisation sur les pays en développement et d'abord sur leur population pauvre".
En effet, la mondialisation crée partout dans le tiers-monde des nouveaux riches; des couches sociales nouvelles émergent, des régions de certains grands pays, comme la Chine, attirent des investissements étrangers considérables, des secteurs ou des branches d'activités économiques sous-traitées là où la main-d'œuvre est moins chère créent beaucoup d'emplois, comme aux Indes avec la sous-traitance informatique. Mais cette nouvelle globalisation amène-t-elle vraiment le mieux-être généralisé?

Hégémonie sans partage

En soi, la mondialisation n'est ni bonne ni mauvaise, dit l'auteur. Elle a le pouvoir de faire énormément de bien et, pour les pays d'Asie qui l'ont embrassée à leurs conditions et à leur rythme, elle a été un immense bienfait, malgré le revers de la crise de 1997. Mais, dans de très nombreux pays, elle n'a pas apporté de bénéfices comparables. Pour bien des gens, elle s'apparente plutôt à un "désastre absolu".

A l'heure où les doctrines néolibérales exercent une hégémonie sans partage et où triomphe un nouveau catéchisme aux idées simplistes, ce témoignage vient nous rappeler une vérité simple et massive: élément essentiel de la réussite de l'intégration au marché mondial, elle doit se faire aux conditions et au rythme de chaque pays. De fait, ce ne sont pas les prescriptions des institutions de Bretton Woods, notamment du FMI, et leur discours qui vont permettre une intégration réussie. "Le FMI a fait des erreurs dans tous les domaines où il est intervenu: le développement, la gestion des crises et la transition du communisme au capitalisme. Les plans d'ajustement structurel n'ont pas apporté la croissance forte, même aux Etats -comme la Bolivie- qui se sont pleinement pliés à leur rigueur. Dans de nombreux pays, une cure d'austérité excessive a étouffé la croissance".

En somme, pour les pays qui ont appliqué les solutions imposées par le consensus de Washington (et promu par le FMI), les résultats n'ont pas été encourageants: le développement a été lent, et là où il y a eu croissance, ses bénéfices n'ont pas été également partagés. "Ceux qui ont suivi les prescriptions et subi l'austérité demandent: quand en verrons-nous les fruits?" Dans une grande partie des pays en développement, après une brève poussée de croissance au début des années 90, la stagnation et la récession se sont installées. La croissance n'a pas duré. Certains diraient qu'elle ne pouvait pas durer.

Ni entièrement juste, ni entièrement convaincante

La preuve est donc faite: pas plus qu'on ne change une société par décret, on ne fait "décoller" une économie en lui appliquant un modèle externe. Là encore, les Asiatiques sont les seuls à l'avoir compris. Le "modèle asiatique" dans lequel l'Etat, tout en prenant appui sur les marchés, intervient très activement pour les créer, les façonner, les guider, se faisant même le promoteur de technologies nouvelles, tandis que les entreprises assument de très importantes responsabilités de soutien social à leurs salariés: ce modèle est nettement différent du modèle américain cher aux institutions basées à Washington".

Pour autant, on peut constater que la critique de Stiglitz à l'égard du pacte de Washington n'est ni entièrement juste ni totalement convaincante. S'il est un fait que l'état actuel de certaines économies, qui ont suivi les recommandations du FMI (Argentine, Bolivie, Russie etc.), amène à s'interroger sur les vertus supposées automatiques de l'économie de marché, il n'est pas certain que les programmes d'ajustement structurel appliqués à des pays en développement aient été un échec. Autrement, comment expliquer que les deux dernières décennies furent témoins de progrès appréciables dans certaines parties de ce qu'on appelle le tiers-monde. Le FMI se trouve à l'aise pour répondre à ses détracteurs par la question: mais par quoi remplacer le modèle proposé, si imparfait soit-il? Le remède n'est donc pas dans le rejet de ce modèle. Ce ne sont ni les discours identitaires d'inspiration religieuse, ni le populisme primaire avec ses différentes variantes dont certaines se parent de vertus scientifiques, qui peuvent servir d'alternatives. L'illusion d'une autre voie s'est dissipée avec l'écroulement du monde soviétique et l'économie de marché l'a emporté.

La vraie faute est l'ignorance

Ainsi ordonnée, la critique de Stiglitz remet au goût du jour une pensée apparemment démodée: le tiers-mondisme des années 1960-1970. Ce courant de pensée a fonctionné sur le mode bien connu aujourd'hui: rejeter toute responsabilité du sous-développement sur l'extérieur.

Cette thèse, outre le fait qu'elle fournit des explications clé en main à ceux qui espèrent se dédouaner de leur responsabilité dans le retard de leur pays, elle séduit les antimondialistes primaires. Elle les sauve, les protège de la vraie faute qui est l'ignorance. Autrement dit, être opposé à la mondialisation et au consensus de Washington, c'est se croire plus humain et plus progressiste et rejeter les autres dans les eaux glacées du calcul égoïste. L'histoire a sanctionné cette démarcation factice par toute une série de démentis.

Bref, le postulat reposant sur l'idée que le monde est divisé entre un nord riche et cynique et un sud pauvre et victime jure trop avec la réalité pour nous servir de repère.

Casablanca,01 27 2003
Driss BEN ALI
L'Economiste
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