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Relations Maroc-Algérie - La réconciliation passera par le business

Entretien avec Lhouari Addi, sociologue algérien et chercheur à l’IEP de Lyon

Sociologue algérien qui a dû quitter son pays en 94 (sa famille était menacée de mort), Lhouari Addi est adepte d’une démarche critique qui l’a conduit à expliquer le sous-développement des pays du Maghreb par l’omnipotence de leurs régimes politiques.

Son analyse de la question du Sahara part de ce postulat pour aboutir à la conclusion que la réconciliation entre le Maroc et l’Algérie passe par un rapprochement d’abord économique et ensuite politique.

Lors de la conférence de HEM, la semaine dernière, ce chercheur à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Lyon a été très applaudi (cf, www. leconomiste.com; édition du 3 mai 2005)

- L’Economiste : Selon vous, quelles sont les causes du conflit maroco-algérien ?
- Lahouari Addi : Pour comprendre, il faut remonter aux années 60-70. A l’époque, le nationalisme arabe avait pour objectif d’unifier la région sous la bannière de l’armée. Au Maghreb, le mouvement révolutionnaire était incarné par Boumedienne qui voulait propager l’idéologie nassérienne et la faire adopter par tous les régimes politiques des pays voisins. Toutefois, ses visées ne pouvaient s’accommoder de l’existence de la monarchie au Maroc. Pour lui, l’unité du Maghreb ne pouvait se faire qu’entre des républiques dirigées par des militaires. L’ex-président algérien voulait faire tomber le régime marocain. Il échafaude un plan de séparation du Sahara du reste du territoire marocain. Ce plan a abouti à la naissance du Polisario et à une montée de la tension entre le Maroc et l’Algérie.

- Comment envisagez-vous la solution à cette crise ?
- Aujourd’hui, il est possible de trouver une solution à ce problème hérité des années 70. Le salut pour les deux pays ainsi que pour l’ensemble du Maghreb se trouve dans l’intensification des échanges économiques. L’idéal serait que des relations économiques solides s’établissent entre le Maroc, l’Algérie et la région du Sahara. Si 20% de l’économie marocaine dépendaient de celle algérienne et vice versa, la question du Sahara trouverait d’elle-même une solution. Bien entendu, les adversaires devraient faire des concessions afin de trouver le cadre adéquat d’une intégration du Sahara au territoire marocain. Mais il ne faut pas se leurrer, ce projet est de longue haleine puisqu’il n’est réalisable que sur une période de 10 à 15 ans. Il exige aussi de l’audace politique. Les dirigeants des deux pays doivent se rencontrer plus souvent afin de rapprocher leurs points de vue. Il faut également ouvrir l’espace maghrébin aux Maghrébins. Pour l’instant, il est entièrement investi par l’autorité publique. Les dirigeants doivent impliquer davantage leurs populations dans le processus de prise de décision.

- Le récent réchauffement des relations entre les deux pays est-il un premier pas dans la voie que vous venez de tracer ?
- Absolument pas ! La décision de supprimer le visa et de rouvrir les frontières prise de part et d’autre n’est, en fait, qu’une prise de conscience que les relations maroco-algériennes ont atteint un niveau d’absurdité inadmissible. Mais à mon avis, ces gestes de bonnes intentions s’inscrivent dans la logique de ces relations qui est faite de hauts et de bas. Les dirigeants des deux parties campent sur leurs positions pendant un bon moment et après ils lâchent du leste. La reproduction incessante de ce schéma tend à préserver le statu quo et me rend personnellement pessimiste quant à l’avenir des relations entre les deux pays.

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L’ouverture sur l’autre

Le facteur culturel pèse énormément dans l’équation du règlement du conflit maroco-algérien, estime Addi. Pour lui, cela se traduit par un rapprochement entre les sociétés civiles des deux pays. A cette fin, le sociologue préconise la mise en place d’un échange d’étudiants entre le Maroc et l’Algérie. Ce serait le prélude à l’unification des systèmes universitaires des deux pays, ajoute-t-il. En outre, le sociologue ne voit aucun inconvénient à la création d’un syndicat ouvrier maghrébin.

Casablanca,05 16 2005
Rédaction
L'Economiste
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