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La vitrine marocaine des NTI contrainte à un nouveau virage stratégique

Deux dangers guettent le Technopark: un business-plan erroné et un flottement dans le positionnement-
Les conclusions d'un audit devraient proposer des pistes de recadrage-


Agence immobilière ou structure de promotion des NTI? Ahmed Battas, le très réservé président du directoire de la société d'exploitation du Technopark de Casablanca (MITC), est meurtri par l'avalanche des critiques sur les carences de ce qui devrait être la vitrine des nouvelles technologies du Maroc.

Il reconnaît que tout n'est pas parfait dans les prestations de la société, mais, dit-il, «le premier problème que j'ai avec les mécontents est le paiement des loyers».

Comme par hasard, s'étonne le président du directoire de MITC, les critiques les plus vives émanent des entreprises qui ont des arriérés de loyer. Jusqu'à tout récemment, les impayés de loyer s'élevaient à 3 millions de dirhams, montant réduit aujourd'hui de moitié grâce à l'application stricte des clauses des contrats de location, insiste Battas. Et pour joindre l'action à la parole, une dizaine de start-up et quelques PME ont été priées de dégager les lieux à cause d'impayés de loyer.

Les relations exécrables entre les deux membres du directoire -qui ne communiquent presque plus- ne font qu'accentuer ce sentiment d'une entité qui navigue sans cap.

Du moins à l'intérieur. «Pour les pays en développement, l'expérience marocaine est citée en exemple en Europe», confie Bouchra Boulouiz, directeur Marketing et Communication. Si elle estime que le bilan est globalement positif, elle met en garde contre le risque de glissement stratégique de cette infrastructure. «Si l'on n'y prend pas garde, le Technopark va se muer en une agence immobilière, si ce n'est déjà pas le cas». Elle reconnaît que cette expérience est unique dans l'infrastructure de l'économie nationale et qu'il lui faut un temps de rodage. Si la gestion n'a pas toujours été parfaite, c'est dû en partie à sa jeunesse. «Le Technopark est un outil innovant qui se cherche et du fait du positionnement de ce type de dispositif, il faut des profils particuliers, mondialisés, imprégnés des nouvelles technologies», tempère le directeur Marketing et Communication.

Renégociation de la redevance versée à la Douane?

Pour autant, Bouchra Boulouiz compte faire entendre son désaccord par rapport à la conduite opérationnelle de la vitrine NTI du Royaume. Membre du directoire et en principe, solidaire des décisions de gestion, elle n'hésite pas à laver le linge sale en public: Dès le départ, la société gestionnaire n'a pas su maîtriser les dépenses et s'est écartée de sa mission originelle du Technopark. «Je suis persuadée qu'il y a eu une gestion hasardeuse», tranche-t-elle, sans ambages. On s'est trop focalisé sur la maintenance quotidienne du bâtiment (dont elle ne nie pas l'importance) en oubliant l'essentiel. Peut-être parce qu'il n'y avait pas les personnes qu'il fallait, mais toujours est-il que le Technopark s'est éloigné de sa mission principale.

A force de ne faire que de la «promotion immobilière», entendez la location de bureaux, le Technopark a négligé la nécessité de diversifier les sources de financement de son exploitation et le fonctionnement en réseau qui fait la force de ce genre de site dans le monde. D'ailleurs, il y a quelques semaines, il s'est fait tirer les oreilles par son partenaire marseillais, Marseille Innovation, qui s'étonnait que MITC n'ait pas répondu à un appel d'offres lancé par l'ambassade d'un pays de l'UE à Rabat sur l'incubation d'entreprises.

Rendez-vous crucial pour les start-up en mars

La diversification des sources de financement est d'autant plus impérative qu'il est apparu que les bases économiques sur lesquelles est assis le business-plan du Technopark reposaient sur des hypothèses, surévaluées, pour ne pas dire plus. Première «erreur», la surface commercialisable, celle susceptible être louée. Le business-plan a été conçu sur la base des 16.000 mètres carrés alors qu'en réalité, l'assiette «économiquement utile» ne dépasse guère 12.000 mètres carrés, reconnaît le président du directoire. Le directeur Marketing parle de 9.000 mètres carrés. Cherchez l'erreur! Or, la redevance de location que verse l'exploitant du Goldorak à la Douane est dimensionnée en fonction de cette surface et ira en montant en charges: 2 millions de dirhams en 2001 (6 mois d'exploitation), 4 millions en 2002, 6 millions en 2003 et 7 millions de dirhams dès l'année prochaine. La consigne du Conseil de surveillance est simple: il faut au moins équilibrer les charges d'exploitation. Ce n'est pas gagné d'avance!

En attendant les conclusions de l'audit en cours, une des pistes aujourd'hui envisagées par la société d'exploitation du Technopark est de renégocier le niveau du loyer. L'idée était déjà lancée l'année dernière (2002).

Indirectement, à cause de l'impossibilité de répercuter sur les prix de prestations, MITC (Morrocan Informatic Technopark Company) supporte de fait le poids financier d'un service public à la place des pouvoirs publics, analyse Bouchra Boulouiz. Il faudra trouver une solution pour ne pas fragiliser la société d'exploitation, ajoute-t-elle. Les contraintes d'équilibre économique et la promotion des jeunes pousses dans les NTI ne sont pas toujours compatibles. Parmi la soixantaine de start-up installées au Technopark, la «période de grâce» de dix-huit mois accordée pour «voler de ses propres ailes» arrive à échéance en mars prochain pour une dizaine d'entre elles. Qu'elles aient réussi à devenir autonomes ou pas, elles n'auront pas d'autre choix que de quitter le Technopark ou se transformer en PME, et donc passer dans la tranche supérieure du loyer (100 dirhams le mètre carré par mois). C'est ça le principe de base du concept de pépinière et ce, pour laisser la place aux autres jeunes promoteurs.

C'est une véritable équation, confie le président du directoire de la société gestionnaire, qui reconnaît se trouver devant un choix cornélien. Même en supposant que ces start-up se muent en PME, physiquement, il n'y a plus d'espaces réservés, poursuit Ahmed Battas. Valeur aujourd'hui, le Technopark n'admet plus de start-up! s'étonne le directeur Marketing et Communication qui, lui, a sa propre explication: «Si l'on veut garder le concept de base d'espace numérique de ce site, il faudra naturellement un maximum de start-up et d'entreprises technologiques, quitte à imaginer d'autres formules de financement».

Dix-huit mois après le début d'exploitation du Technopark, les actionnaires (BMCE Bank, BCP, BCM, Wafabank et CDG) de MITC se sont inquiétés des écarts «très importants» qui se creusent par rapport aux prévisions initiales.

Le directoire a anticipé cette grogne en diligentant un audit de diagnostic «afin de dégager les points faibles et les pistes d'amélioration de l'activité», insiste Ahmed Battas, président du directoire qui rejette la thèse de règlement de comptes avancée ici et là. En fait, il s'agit de porter des ajustements dans le business-plan qui, avec le recul, s'avère très éloigné de la réalité.

Les équipes du cabinet Masnaoui Mazars ont passé trois semaines dans les locaux du Technopark, épluchant tous les documents, en plus des dizaines d'entretiens avec les responsables et les entreprises installées sur le site. Six points principaux font l'objet de l'audit dont les conclusions seront rendues dans quelques semaines: les ventes des prestations de la société gérante du Technopark, les achats et les investissements, la maintenance et la sécurité, la gestion de trésorerie, les aspects juridiques et les ressources humaines.


Casablanca,01 20 2003
Abashi SHAMAMBA
L'Economiste
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