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Sommet de l'UE à Copenhague - Une union euro-méditerranéenne est en marche

Une union euro-méditerranéenne est en marche: L'adhésion du Maroc reprend tous ses droits
Najib Mikou, président d'Alliance Pro -


L'histoire de l'Union européenne est une succession d'élargissements. De six en 1957 (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg, Italie, Pays-Bas), à neuf en 1973 (Danemark, Irlande, Royaume-Uni), dix en 1981 (Grèce), à douze en 1986 (Espagne, Portugal) et quinze en 1995 (Autriche, Finlande, Suède).

Aujourd'hui, treize nouveaux pays sont officiellement candidats à l'adhésion à ce groupement régional qui aborde, de ce fait, un moment charnière de son existence en se préparant à opérer l'élargissement le plus important et le plus original depuis sa naissance.

Il s'agit de la Bulgarie, Chypre, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, la République tchèque, Malte, la Pologne, la Roumanie, la République slovaque, la Slovénie et la Turquie.

Faut-il rappeler ici que même si tous ces pays partagent le qualificatif de pays candidat, ils ne peuvent entamer la phase ultime des négociations d'adhésion que s'ils se conforment parfaitement aux "critères de Copenhague" fixés par le Conseil européen de décembre 1993.


Pression concurrentielle

Les "critères de Copenhague" consistent en des critères politiques qui nécessitent de disposer d'institutions stables garantissant la démocratie, la primauté du droit, les droits de l'homme et le respect des minorités et leur protection, des critères économiques qui nécessitent d'être une économie de marché viable, stable sur le plan macroéconomique et capable de faire face à la pression concurrentielle et de supporter l'ouverture sur le marché communautaire, et enfin des critères de "l'acquis communautaire" qui nécessitent d'être capable de souscrire aux objectifs de l'Union politique, économique et monétaire et d'adopter intégralement la législation et les politiques communautaires. Parcours de titan.

Pour soutenir l'effort de préparation des pays candidats à l'adhésion, l'Union a prévu à leur profit des instruments d'appui technique et financier qui atteignent plusieurs milliards d'euros, dont le programme-phare affecté aux projets prioritaires de restructuration de l'industrie, d'investissement, de réforme des institutions et de cohésion socioéconomique, le programme Sapard destiné au soutien du secteur agricole et le programme Ispa alloué à la mise à niveau des infrastructures, notamment dans les domaines des transports et de l'environnement.

Valeur aujourd'hui, la Commission européenne, organe de l'UE en charge notamment du traitement et du suivi des candidatures, recommande la conclusion des négociations et la signature des traités d'adhésion en 2004 avec dix pays. Les trois retardataires sont la Bulgarie et la Roumanie, qu'elle juge être, malgré tout, sur la bonne voie et avance même 2007 pour leur adhésion effective, et la Turquie à qui l'UE a bien signifié l'accord de recevabilité de sa candidature en décembre 1999, mais avec qui les négociations d'adhésion peinent à démarrer.


Héritage religieux

Ceci dit, et à travers l'analyse du profil des pays candidats, l'on s'aperçoit que l'UE a franchi un pas, disons-le, révolutionnaire et heureux en acceptant en décembre 1997 puis en décembre 1999, les candidatures de trois pays qui ne répondent pas forcément au référentiel géographique et religieux auquel répondent toutes les adhésions antérieures.

Il s'agit de Chypre, île méditerranéenne située à un cheveu de la Syrie, du Liban, de Malte, île baignant en plein coeur de la Méditerranée, et de la Turquie, grand pays essentiellement méditerranéen et musulman.

Il faut reconnaître que cette avancée historique ne se fait pas que dans la joie. Des voies se sont récemment élevées, et comme par hasard à la veille de la tenue du sommet décisif des chefs d'Etat et de gouvernement, des 12 et 13 décembre à Copenhague, pour tenter de perturber la formidable marche de l'UE vers ce destin merveilleux de construction d'un bloc euroméditerranéen de prospérité socioéconomique, d'humanisme, d'ouverture, de tolérance et de cohabitation culturelle.

Valéry Giscard d'Estaing, ancien président français et actuel président de la "Convention sur l'avenir de l'Europe", a déclaré que l'adhésion de la Turquie signifierait ‘'la fin de l'Union européenne'' parce que ce pays incarne "une autre culture, une autre approche, un autre mode de vie". Et le pape Jean-Paul II a recommandé aux Européens de ne pas oublier dans leur future Constitution la référence à "l'héritage religieux".

Mais il en faudra bien plus pour que les chefs d'Etat de l'UE puissent renier leurs propres engagements. Même si le prochain Conseil de Copenhague reportait l'ouverture des négociations avec la Turquie à 2004 ou 2005, la raison ne serait ni géographique ni religieuse. Elle est politique et économique.

Le rapport annuel de la Commission européenne au titre de 2002, dont l'élaboration fait justement partie du processus de préparation d'un pays à l'adhésion, est sans équivoque. La Turquie doit encore accomplir des efforts importants sur le plan des libertés et du respect de la minorité kurde, de même que sur le plan économique dans le sens d'une réduction de l'inflation, d'une meilleure discipline budgétaire et de l'encouragement des investissements privés.


Cercle vicieux

Les réflexions, pour le moins rétrogrades, qui persistent à s'accrocher à une vision égoïste, étriquée et purement courtermiste de l'UE, ne peuvent donc plus rien changer. L'élargissement de l'UE à Chypre, Malte et la Turquie est une réalité. C'est une décision courageuse et futuriste à la mesure des dangers qui menacent l'ensemble de la zone méditerranéenne et la paix dans le monde.

Elle offre une formidable chance aussi bien à une rive nord de la Méditerranée devenue une forteresse otage de sa propre prospérité et de son vieillissement, qu'à une rive sud de la Méditerranée bouillonnante de jeunesse et de grandes potentialités mais, bien installée dans le cercle vicieux d'un sous-développement chronique qui nourrit de plus en plus de désespoir et d'extrémismes facilement mobilisateurs, migrateurs et partout dévastateurs.

Les neuf pays de la rive sud de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Palestine, Israël, Liban, Syrie) deviendront, dès 2004 déjà, des candidats virtuels à cette union euroméditerranéenne en construction, encore faut-il qu'ils soient capables de se conformer à ses exigences.

Si la candidature du Maroc à l'adhésion à l'UE, de 1986, était un coup politique pour rappeler aux "dix" de l'époque leurs obligations envers un partenaire historique qui se voyait sacrifié au profit des deux nouveaux venus, l'Espagne et le Portugal, la donne est différente aujourd'hui. L'approche devant l'être aussi.

Le Maroc doit s'activer à se mettre en conformité avec tous "les critères de Copenhague". Il ne pourra compter que sur sa propre volonté et ses propres moyens quand il s'agira de respecter les "critères politiques". Quant aux autres critères, il devra mobiliser toutes ses potentialités, tous ses atouts et tous arguments pour convaincre Bruxelles de prendre sa part de l'effort financier et technique que nécessite un tel défi, à l'instar de ce qu'elle a accordé aux candidats antérieurs et actuels.

L'enjeu ne se mesure pas en termes de palettes de tomates, de cornichons ou de courgettes de plus, ni de quelques euros de plus dans l'enveloppe Meda, ni encore moins de sociétés européennes de moins à venir organiser les parkings ou à déboucher les égouts de Casa, Rabat, Fès ou Tanger. Ces artifices comptables font partie d'une logique de zone de libre échange que la nouvelle donne communautaire rend aujourd'hui obsolète et qui n'allait d'ailleurs mener nulle-part, pour ne pas dire qu'elle allait mener à la faillite inéluctable de "l'entreprise Maroc".

L'enjeu est de préparer le Maroc méditerranéen à une adhésion pleine et entière à l'Union euroméditerranéenne. L'enjeu est d'arrimer les neuf pays de la rive sud de la Méditerranée à un projet de progrès et de prospérité, porteur d'espoir et de visibilité à leurs populations. L'enjeu est d'assurer viabilité, sécurité et stabilité permanentes à toute la région méditerranéenne et, à travers elle, à l'ensemble du monde. L'enjeu est de bâtir un groupement régional de 37 Etats membres, à terme, où prospérité socioéconomique, humanisme, tolérance et cohabitation culturelle prennent le pas sur les préjugés, le rejet de "l'autre" et aux fils barbelés.

C'est bien évidemment un chantier colossal, très complexe et peut-être d'une marche de vingt cinq ans mais dont l'impact sur toute la région se fera sentir le premier jour où Bruxelles donnera le premier signal au premier pays du sud de la Méditerranée qu'elle jugera le plus prêt à la candidature à l'UE.


Najib Mikou, président d'Alliance Pro


Casablanca,01 14 2003
Najib Mikou, président d'Alliance Pro
L'Economiste
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