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Les nouvelles frontières de l’Europe...

· Les limites du modèle social
· Méditerranée: Intégration ou désintégration


LES nouvelles frontières de l’Union européenne? La question se pose tout naturellement. De l’Europe à 6 à celle à 25 pays en un demi-siècle, l’Union européenne grandit vite sur l’échelle de l’Histoire. Le voisinage, le partenariat euroméditerranéen, la Turquie, peut-être la Russie, et même les invités (comme la Mauritanie) sont autant d’autres poussées géostratégiques supplémentaires qui rendent encore plus impérieux, aux yeux de Chirac et ses pairs, le traité de la Constitution.

Les négociations et les polémiques en cours ont montré que les politiques conceptualisent cet horizon, qui peut exister. D’autant que pour le Maroc, bon nombre de chercheurs assurent que “l’Union européenne est notre avenir”.

Quelles conséquences économiques et (surtout?) politiques de ces changements? L’intégration régionale avec des accords commerciaux asymétriques favorise-t-elle ou dessert-elle la croissance dans les pays concernés? Les experts développent des analyses prospectives sur le modèle socio-européen, les frontières de l’Europe, le traité sur la Constitution, la gouvernance de l’économie européenne, les délocalisations, les migrations, l’approche en matière d’aide au développement… Mais ne touchent pas trop à la dimension politique des frontières.

Un panel de professeurs-chercheurs, grands économistes, experts et de hauts fonctionnaires des deux rives se sont retrouvés les 16 et 17 mars à Marrakech pour exposer leurs travaux sur le sujet(1). Nous présentons aujourd’hui une première partie des travaux. Dans nos prochaines éditions, le professeur Aglietta (concepteur du fameux modèle physico-financier –Phifi pour les intimes) exposera son modèle INGENU, selon lequel l’évolution économique sera majoritairement dépendante de la démographie et verront le jour d’autres pôles de croissance situés non plus dans les pays de l’OCDE mais dans les pays émergents.

?"Que va-t-il se passer sur les nouvelles frontières de l’Europe? Modèles sociaux, intégrations, migrations, violences... Les économètres européens, friands des modèles, viennent de présenter les 16 et 17 mars à Marrakech les résultats de leurs travaux. Pas un chercheur marocain -ils ont pourtant été sollicités pendant des mois!- n’a participé à ce colloque"

Mouna KADIRI

(1) Invités par la CDG (caisse de dépôt et de gestion), CDC (caisse des dépôts et consignation), CEFI (centre d’économie et de finances internationales), CEPII (centre d’études prospectives et d’informations internationales), Institut CDC pour la recherche, Revue économique.

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Pays du Sud: A quand le réveil?

· Les pays de l’Est plus dynamiques que les pays méditerranéens
· L’intégration économique n’est pas suffisante pour le décollage, l’échange asymétrique lèserait les partenaires de l’UE
· Le politique, le tabou des économètres


«Mare nostrum», fantasme ou réalité économique? C’est que l’Europe et ses voisins méditerranéens n’ont pas vraiment développé de façon significative les relations commerciales. Et celle-ci grandit, s’élargit et inscrit dans sa liste de nouveaux «amis». Cette situation pose la question de l’efficience du modèle d’intégration UE-pays du Sud et Sud-Sud. Car il y a unanimité des économistes présents au colloque de Marrakech (voir supra). «Les initiatives d’intégration dans la région n’ont pas eu jusqu’à ce jour les effets escomptés en termes de croissance économique ou de baisse de la pauvreté», conclut Thierry Apotheker en citant le Femise (forum euroméditerranéen des instituts économiques). Les relations euro-med ont eu tendance à se développer à un rythme beaucoup plus lent que celles entre l’UE et ses voisins d’Europe centrale et de l’Est.

Selon l’expert, les exportations de ces derniers vers l’UE ont ainsi été multipliées par 5 pendant les années 1990 contre 1,4 dans le cas des exportations de la zone euro-med vers l’UE. En 2000, les pays méditerranéens ne recevaient que 18% des flux d’IDE entrants en Europe centrale et de l’Est.
Nul besoin d’être grand clerc: le processus d’intégration euroméditerranéen doit être soutenu et accéléré, voire revu. D’abord pour permettre aux pays de la zone de ne pas reculer davantage par rapport au reste de l’Europe, s’intégrant et se développant rapidement. Le Maroc, du moins le discours officiel, voit plus l’intégration des pays de l’Est à l’Union européenne comme de nouveaux marchés et de nouvelles opportunités. Mais les comparaisons des économètres se font en termes de compétitivité: salaires, proximité, stabilité macro-économique. Les mouvements des délocalisations montrent également que le Maroc est d’abord mis en concurrence avec ces «nouveaux européens».

Entre 1992 et 2000, les pays de la région Mena ont reçu moins d’apports nets d’investissements étrangers que les pays de l’Europe de l’Est, «en dépit des programmes de privatisations lancés tôt, y compris dans les pays réformateurs comme le Maroc et la Tunisie», indique Aristomène Varoudakis (3). Alors que de grands apports financiers reflètent dans certains pays de l’Europe de l’Est la transition vers des économies de marché menée avec des programmes lourds de privatisation impliquant des ventes aux investisseurs étrangers. Dans quelques pays, comme l’Azerbaïdjan, de grands apports étrangers ont été conduits dans le secteur pétrolier. La Hongrie et l’Estonie ont entièrement ouvert leurs sociétés et les banques aux investisseurs étrangers qui ont des niveaux plus élevés d’investissement, de savoir-faire et de concurrence.

Pour le chercheur Khalid Sekkat de l’Université de Bruxelles (4), la croissance et l’emploi décevants dans les pays de la région MENA (Moyen-orient et Afrique du Nord) sont dus, du moins en partie, à la faible intégration de la région dans l’économie mondiale. Le commerce et les investissements étrangers ne sont pas suffisants. Il faudrait, selon le chercheur, des politiques d’accompagnement pour rehausser l’attractivité des pays qui inclut la présence et l’adéquation des infrastructures, la qualité de l’économie et les aspects politiques et institutionnels. Autant il est facile de jongler avec les statistiques, d’en dégager des modèles, autant le champ politique, pourtant déterminant, est vaguement approché par les économètres (5).

Ce n’est pas leur domaine, mais l’impact des décisions politiques sur l’économie est impossible à éluder. Ce qui fera faire à Michel Aglietta, professeur des Universités à Paris X, une intervention sans complaisance à l’égard de ses pairs. «Les frontières sont d’abord une question politique. Car elles délimitent les souverainetés. Le système anglo-saxon élimine les composantes de souveraineté qui sont déterminées par des composantes non démocratiques».

· Eveil politique et souverainetés

Que dires des régimes non démocratiques des pays du Sud, même parmi ceux qui prennent l’allure de républiques? Aglietta est convaincu qu’il faut un «éveil politique» dans les pays émergents pour pouvoir faire partie de ces futurs pôles de croissance (voir dans nos prochaines éditions). C’est un volet «intouchable» tant par l’UE (risque d’ingérence) que par les pays partenaires. Ceux-ci font bien comprendre à Bruxelles que le partenariat touche à tout sauf aux «institutions». C’est le nœud du problème. Les pays de l’Est sont en transition de marché, mais l’éducation et les protections salariales et sociales y avaient déjà été généralisées. Pas chez nous.

L’Est à la hausse, MENA à la baisse

Selon les indicateurs du World Economic Forum, cités par les chercheurs, l’index de standardisation des pays de la région MENA n’a cessé de se détériorer. Pour tous les pays MENA, à l’exception de l’Algérie, l’index est inférieur en 2002 à son niveau de 1998 et 2000. Aux pays de l’Europe de l’Est (ECAN), la qualité de leur normalisation (regulatory index) s’est améliorée entre 1998 et 2002 après avoir accusé un retard avant 2000. «Cette tendance est gênante pour les pays à marché libre comme le Maroc et la Tunisie. Cela peut s’expliquer par les réformes menées dans ces pays et dans la région en général», dit Varoudakis. Mais, à son sens, ces signaux positifs des réformes de marchés entamées dans les années 90 n’ont pas été suffisamment soutenus par les investisseurs étrangers qui perçoivent toujours la région comme chargée et tendue.

· Les champions de l'émigration
?Les Marocains émigrent plus que les Tunisiens ou les Turcs, vers l’Europe. L’émigration est haute dans les pays où la qualification de la main-d’œuvre est bonne (c’est le cas du Maroc, de la Serbie et de la Bulgarie). Elle est basse dans d’autres pays où les qualifications sont également satisfaisantes: Tunisie, Pologne et Croatie. Pour le professeur Patrick Artus (2), il ne suffit pas d’une bonne instruction de la population pour éviter l’émigration dans les pays extérieurs à l’UE. Et cela le conforte par rapport au modèle théorique selon lequel l’investissement joue un rôle crucial pour empêcher l’exode des compétences (sources: exposé de Patrick Arthus, CDC)

· Maroc: IDE, 1/4 du PIB
La région MENA (Moyen-orient et Afrique du Nord) présente des degrés d’ouverture globale aux IDE (investissement direct étranger) extrêmement divergents, expliquent les experts. Selon les pays, avec, à une extrémité du spectre, Bahreïn où le stock d’IDE entrants représentait 72% du PIB en 2003 ou la Tunisie (66% du PIB), et à l’autre, le Koweït et les EAU (moins de 5% du PIB) ou l’Algérie, la Syrie ou la Turquie (moins de 10% du PIB). A l’intérieur de cette fourchette large, plusieurs pays (Jordanie, Egypte, Maroc, Israël) affichent des ratios supérieurs à 25% du PIB, témoignant d’une présence étrangère significative.
L’essentiel de l’IDE vient de pays en dehors de la zone du Moyen-Orient. Il existe une réalité de “réseaux d’affaires” plurinationaux, dont les caractéristiques sont liées aux affiliations “claniques”, à la proximité avec le pouvoir politique, et aux liens éventuels avec la diaspora en particulier, libanaise, syrienne, palestinienne, égyptienne. Ces chiffres ont été l’objet de bien des polémiques au cours des pauses café…. (source Apotheker consultant).

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Accord symétrique pour pays asymétriques

· Sans la réciprocité, l’ajustement devient inévitable et sera douloureux

Durant quarante ans, depuis le tout premier des accords avec l’Union européenne qui s’appelait à l’époque la CEE (la Communauté économique européenne et ne comptait que six membres), l’idéal était l’asymétrie. L’asymétrie voulait que le puissant donne plus que le faible, de manière à ce que le faible devienne aussi un puissant. Autrement dit, sauf exceptions dûment listées et surveillées, les produits des pays-tiers entrent en libre accès en Europe tandis que les produits européens soit sont interdits soit payent d’énormes droits de douane pour entrer dans les pays tiers.

Cela devait servir le développement industriel et agricole des associés de l’Union, en particulier le Maroc, la Tunisie…. Trente ans plus tard, ces pays du sud de la Méditerranée se sont développés moins vite que leurs homologues d’Asie et d’Amérique latine.

«C’est la faute de l’asymétrie» dit la plupart des chercheurs réunis par la CDC et la CDG, qui sont des économètres. Apparemment, ils n’ont pas (encore) développé de modèle pour le prouver, mais l’idée fait son chemin. «L’intégration asymétrique est dépassée,» indique Lionel Fontagne, professeur à l’Université Paris I et membre du CEPII, un centre d’études spécialisé sur l’Union européenne et les relations qu’elle entretient avec son environnement. Certes, il se trompe un peu en considérant que l’accord Maroc/Etats-Unis est symétrique, mais il se sert de cet accord pour estimer qu’il «faut rétablir la réciprocité», avec tous les pays sur la frontière de l’Union européenne: «s’il n’y a pas de réciprocité, alors l’ajustement sera plus douloureux». Le chercheur en profite pour rectifier une fausse idée, celle qui veut que les accords avec l’EU soient du multilatéralisme, à opposer donc au bilatéralisme américain. Pas du tout, dit-il, les accords avec l’UE sont aussi du bilatéralisme, même si d’un côté, l’Europe, il y a plusieurs pays, il s’agit d’un seul acteur. Il se montre très critique envers les systèmes organisant l’asymétrie, surtout les règles d’origine, une machine pour ne pas se développer, et qui «sont balayés par la deuxième globalisation», celle qui est en train de se produire.

Casablanca,03 29 2005
Rédaction
L'Economiste
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