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Echanges UE Afrique du Nord - Spécialisation et complémentarité

· La croissance gagnerait 34 de point dans la région...
· ... et les investissements directs quadrupleraient
· Abandonner les produits fabriqués par les Chinois


Les deux rives de la Méditerranée auraient beaucoup à gagner en s’inspirant du modèle d’intégration qui lie le Japon à ses pays voisins. Ce modèle est basé sur la spécialisation et la complémentarité des productions et échanges. “Il engendrerait une hausse de 34 de point de croissance par an dans la région”, estime Patrick Artus, directeur de Recherche de la Caisse des dépôts et de consignation (CDC).

De plus, les investissements directs étrangers (IDE) en faveur du Maroc, Tunisie et Algérie seraient multipliés par 4, soit près de 9 milliards d’euros. “L’effet serait tout à fait considérable pour les deux régions”, assure-t-il.
Dans la situation actuelle, l’UE ne crée pas plus d’emplois en Afrique du Nord et perd des points de croissance tous les ans.

Mais pour que le modèle d’intégration fonctionne, il est nécessaire que les trois pays du Maghreb opèrent des choix stratégiques sur le plan interne. “Il faut arrêter de fabriquer ce que les Chinois produisent moins cher. Sinon, l’on va au suicide”, prévient l’expert français. Il pense avant tout au textile, premier secteur concerné par la concurrence chinoise. “On ne sait pas où s’arrêtera la part de marché de la Chine”. Pour la seule année 2004, ce pays a augmenté de 75% ses investissements productifs dans le textile dans l’objectif d’inonder le marché mondial. Pour avoir une idée de l’ampleur du phénomène, les importations françaises de textile en provenance de la Chine ont augmenté de 20% durant les 3 derniers mois. “Il y a donc un vrai danger à rester positionné sur ce secteur”. Faut-il pour autant tout abandonner Les pays d’Afrique du Nord peuvent toujours monter en gamme, mais là non plus, ce n’est pas acquis. “Les Chinois ne produisent pas uniquement du bas de gamme. Ils sont en train d’élargir leur savoir-faire grâce aux investissements notamment”.

Pour tirer leur épingle du jeu, estime Artus, le Maroc et la Tunisie devront mener un travail approfondi afin d’identifier des produits non maîtrisés par leur concurrent asiatique.

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Des facteurs de différenciation contestables

- Les pays d’Europe centrale reçoivent près de 30 milliards de dollars en investissements directs étrangers (IDE). Le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ne drainent pas plus de 5 milliards de dollars. C’est 3 fois moins que les flux en faveur de la Roumanie ou la Turquie.
- Les IDE représentent 20% des investissements globaux réalisés par les entreprises en Europe centrale contre seulement 8 à 10% pour le Maroc et la Tunisie. “Ce qui prouve la faible contribution des investissements étrangers dans le développement des capacités de croissance supplémentaires”, indique Artus.
- Parmi les facteurs de différenciation, la prépondérance de l’agriculture est souvent citée. Au Maroc et en Tunisie, 30 à 40% de la population est agricole. Or, en Turquie, elle représente 60% et en Bulgarie 50%. Donc, ce n’est pas un élément explicatif.
- Les niveaux d’éducation et de qualification sont eux aussi jugés similaires dans les 2 régions. Le Maroc et la Tunisie affichent un taux de 13% en moyenne de la population dotée d’un niveau d’études supérieures contre 9% en Roumanie et seulement 6% en Turquie. De plus, les futurs candidats à l’UE affichent des niveaux plus bas comme la Croatie (11%) et l’Ukraine (8%).
- Selon les données de la Banque Mondiale, les dépenses d’éducation confirment les efforts déployés par le Maroc et la Tunisie (6% du PIB) contre 3 à 4% pour l’Europe centrale. Même si le problème de l’efficacité de ces dépenses reste posé notamment au Maroc.

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Le Maroc, un cas atypique

Les accords de libre-échange signés par le Maroc en 2004 laissent perplexe le directeur de Recherche de la Caisse des dépôts et de consignation. “Cela n’a de sens que si les pays signataires sont complémentaires, sinon cela restera sans effet”, note Patrick Artus. Pour que cela fonctionne, il faut que le Maroc, la Tunisie et la Turquie notamment décident de privilégier la spécialisation. Ce qui nécessite une analyse profonde des structures productives. “Pour l’instant, celles-ci sont trop proches puisque leur production est dominée par l’agriculture et le textile”. Pour l’heure, ces ALE n’auront pas d’effets visibles sur le développement des flux. Si l’accord bilatéral entre la Chine et le Brésil fonctionne, c’est grâce à la complémentarité de leurs productions. La Chine a investi au Brésil dans les biens d’équipement et en contrepartie, importe les matières premières, notamment le charbon. “Résultat les exportations brésiliennes en Chine ont doublé en 2 ans!”
Sommes-nous dans ce cas de figure pour les pays signataires de ces ALE Rien n’est moins sûr.
Faute de spécialisation suffisante, ces pays émergents intermédiaires subissent de plein fouet la concurrence chinoise.

La dégradation de la balance commerciale du Maroc en 2004 et début 2005 illustre bien ces difficultés. “Reste que le cas du Maroc est à mon sens atypique”. En dix ans, son économie s’est fermée contrairement aux pays similaires. Ainsi, en 1995, son degré d’ouverture était proche de celui de la Roumanie et de la Pologne. “Certes, ces 2 pays ont bénéficié de l’effet d’intégration à l’UE. Mais ce n’est pas le seul élément explicatif du recul du Maroc”, relève Artus. Selon lui, si les exportations par rapport au PIB ne cessent de régresser depuis 10 ans, cela dénote l’existence à la fois d’un problème structurel et de change. “Ce qui plaiderait pour dire que le dirham est trop fort” ,avance l’économiste. En présence d’un problème structurel, la sensibilité des échanges par rapport au taux de change est forte. Une politique de change faible est donc préconisée. Mais cette mesure ne suffira pas à elle seule, à combler l’écart de compétitivité.

Casablanca,03 21 2005
Mouna Kably
L'Economiste
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