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Politique européenne de voisinage... C’est mutuellement intéressant!

Entretien avec Ioannis Kassoulides député PPE, membre de la Commission parlementaire des Affaires étrangères à l’UE

Avec son élargissement historique début mai 2004, l’Union européenne a accompli un grand bond en avant pour promouvoir la sécurité et la prospérité sur le continent européen. Cet élargissement signifie également que les frontières extérieures de l’Union ont été redessinées.

L’UE a aujourd’hui de nouveaux voisins au Sud, comme le Maroc, et à l’Est comme l’Ukraine. Il en résulte à la fois des opportunités et des défis nouveaux. La politique européenne de voisinage (PEV) entend répondre à cette donne et vise en particulier à éviter la création de clivages entre l’UE élargie et ses voisins du Sud et de l’Est. Le Parlement européen, qui a son mot à dire dans le cadre des relations extérieures de l’Union, est sur le point de donner son avis sur cette nouvelle politique dans un rapport qu’il compte adopter en session plénière à Strasbourg en mai. Ioannis Kassoulides, député PPE, membre de la Commission parlementaire des Affaires étrangères, a été nommé rapporteur sur la question des droits de l’homme au Maroc dans le cadre de cette PEV. Dans un entretien exclusif à L’Economiste, M. Kassoulides identifie les enjeux et les défis auxquels le Maroc devra faire face et le rôle que le Parlement européen pourrait jouer dans le suivi des réformes à entreprendre.

- L’Economiste: Comment avez-vous été amené à être rapporteur sur les droits de l’homme au Maroc?
- Ioannis Kassoulides: Le sujet du partenariat Euromed m’intéressait déjà du temps où j’étais ministre des Affaires étrangères de Chypre. Dans mon groupe du PPE, j’avais à choisir entre le Maroc et l’Egypte.
J’ai choisi le Maroc avec plaisir, un pays que j’ai visité pendant que j’étais dans l’opposition dans mon pays en juin 2004 en tant que représentant spécial du Président chypriote Tassos Papadopoulos pour expliquer, au gouvernement marocain les raisons pour lesquelles Chypre a dit non au référendum de l’ONU sur la réunification de l’île en avril 2004. Cette visite a été aussi une bonne occasion pour revoir mon ami Mohamed Benaïssa et d’autres dignitaires parmi lesquels l’actuel Ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne, Menouar Alem (qui était à l’époque directeur général du département des Affaires européennes au ministère des Affaires étrangères, ndlr). De plus je parle français ce qui facilite beaucoup les choses dans mes relations avec le Maroc!

- Où en êtes-vous dans votre rapport sur les droits de l’homme au Maroc?
- La Commission des affaires étrangères du Parlement européen prépare sous la houlette d’Armin Laschet (PPE, Allemagne) un rapport sur la PEV avec les 7 pays concernés parmi lesquel le Maroc, dont je m’occupe. J’ai déjà rédigé un projet de texte, qui est très court, qui devra être incorporé avec d’autres textes concernant la situation des droits de l’homme dans les 6 autres Etats voisins dans le rapport d’ensemble de M. Laschet. Mais ce qui est important à mes yeux, c’est plus le suivi des réformes que le rapport lui-même. Une fois qu’il aura adopté son rapport, le Parlement se devra donc de suivre les progrès réalisés ou les manquements en matière de respect des droits de l’homme en se basant sur les dispositions des plans d’action négociés avec chacun des pays concernés. Comme les plans d’action vont durer en principe trois ans, je vais donc accompagner le dossier marocain durant tout mon mandat.

- Quel intérêt voyez-vous pour l’Europe dans le cadre de sa politique de voisinage?
- L’Union européenne a tout intérêt à faire en sorte que le fossé économique et les contrastes de richesse qui existent entre le nord et le sud de la rive méditerranéenne soient résorbés le plus possible. La réduction de ces disparités ne peut avoir que des conséquences positives sur le niveau de vie des populations du sud qui penseront beaucoup moins à aller chercher ailleurs des conditions de vie plus acceptables. Cela permettra donc d’avoir un certain contrôle des mouvements migratoires mais aussi de créer une sorte de halo de stabilité autour de l’Union européenne. Au sein de cette stabilité et si la prospérité se développe chez nos voisins cela créera aussi des marchés pour nous Européens. Il faut admettre et être franc: cette PEV n’est pas basée uniquement sur des sentiments de bonne volonté mais également sur des questions commerciales mutuellement intéressantes.

· “Partenariat privilégié”

- Que pensez-vous du «statut avancé» réclamé par le Maroc dans ses relations avec l’Union?

- En dehors du Maroc, d’autres Etats comme l’Ukraine ont également revendiqué un «statut spécial». Certains Etats européens réclament aussi un «partenariat privilégié» pour la Turquie en lieu et place d’une adhésion. Moi, je n’accorde pas tellement d’attention aux étiquettes, car une étiquette donne toujours une valeur subjective. Imaginons par exemple que l’on octroie un «statut spécial» à l’Ukraine et qu’entre-temps, le Maroc, qui en est bien capable, enregistre beaucoup plus de progrès que l’Ukraine en matière de respect des droits de l’homme et de développement économique dans le cadre de la politique européenne de voisinage. In fine, ce «statut spécial» de l’Ukraine ne signifierait donc plus grand-chose. Une étiquette, c’est la dernière chose que j’appliquerais à l’un ou l’autre des pays concernés par la politique européenne de voisinage. Il faut donc éviter de donner des étiquettes dès le départ car c’est le contenu qui compte le plus. La PEV donne l’occasion et la possibilité à tous les pays voisins d’aller de l’avant dans leurs relations avec l’Union, d’une manière verticale et non plus horizontale.

- Vous parlez beaucoup de progrès faits par le Maroc, qu’en est-il exactement?
- Oui, je le pense vraiment et je pense même qu’il est le premier pays méditerranéen à faire preuve de volonté de changement et de progrès.
Il a enregistré d’importants résultats dans le domaine des droits de l’homme, notamment avec la décision du gouvernement marocain de créer cette nouvelle instance «Equité et Réconciliation», chargée d’établir les responsabilités des violations des droits de l’homme et permettre à la justice d’être rendue et aux victimes de connaître la vérité. C’est une initiative unique dans le monde arabe. Le Maroc a également fait de grands pas en ce qui concerne son dialogue politique avec l’Union européenne et il coopère largement avec les autorités européennes en matière de contrôle de l’immigration illégale. Il a aussi accepté de participer aux côtés de l’Union européenne au maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine dans le cadre de l’opération militaire «Althea».
Tous ces progrès que fait le Maroc peuvent donc servir d’exemple aux autres pays méditerranéens. Il faut expliquer à nos voisins la nécessité de respecter les droits de l’homme et de développer la démocratie, passage obligé si l’on veut avancer vers la prospérité. Je ne connais aucun pays totalitaire qui ait réussi économiquement. Pour avoir une économie de marché compétitive il faut une société libre et démocratique qui respecte les droits de l’homme.

- Quel rôle pourrait jouer le Parlement européen dans le suivi du respect des dispositions du plan d’action marocain?
- Je pense que le Parlement européen dispose de beaucoup plus de liberté que la Commission européenne ou le Conseil des Ministres d’exprimer ce qui lui tient à coeur. Il s’ensuivra sans aucun doute comment chaque pays voisin s’acquittera des engagements qu’il a lui-même négociés avec l’Union dans le cadre du plan d’action concerné. Les parlementaires européens devraient être en position d’indiquer de manière franche et directe si les choses n’avancent pas dans l’un ou l’autre domaine, mais aussi de saluer ce qui fonctionne convenablement au Maroc. Autrement, on finirait par décourager la volonté des autorités qui veulent procéder à des réformes politiques et économiques.

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Attaquez sujet par sujet!

- Comment voyez-vous le Maroc dans trois ans?

- Je pense que le Maroc a la volonté politique et la capacité de remplir son contrat dans le cadre de la politique européenne de voisinage. Je suis convaincu qu’il pourrait enregistrer des résultats dans tous les domaines de son plan d’action. Le meilleur moyen de s’y prendre est d’attaquer sujet par sujet et d’être en position de marquer des points dans les différents domaines sur lesquels il s’est engagé. Le plan d’action est ambitieux et détaillé et couvre un grand nombre de domaines nécessaires pour faire fonctionner correctement une économie de marché compétitive. Nous ne sommes qu’au début d’un long chemin. Je ne peux donc juger dès maintenant si les infrastructures socioéconomiques actuelles du Maroc sont suffisantes ou pas pour affronter ces grands défis mais je constate que ce pays a déjà donné la preuve qu’il peut progresser et qu’avec l’aide de l’Union, il pourra s’en sortir honorablement. Si j’avais un message à transmettre aux Marocains ce serait le suivant: Saisissez avec enthousiasme cette opportunité et faites le maximum pour respecter les dispositions du plan d’action et aller de l’avant. Vous en êtes capables.

Légende: Né à Nicosie le 10 août 1948, Ioannis Kassoulides a étudié la médecine à Lyon (France) et s’est spécialisé en gériatrie aux Hôpitaux de Londres. Elu député en 1991 dans la circonscription de Nicosie, il participe notamment aux travaux de la Commission parlementaire de la santé ainsi que celle des finances et du budget. Nommé porte-parole du gouvernement chypriote en 1993, il garde ce poste jusqu’en 1997 quand il est désigné par le Président Glafcos Cleride ministre des Affaires étrangères, fonction qu’il assurera jusqu’en 2003. Revenu dans l’opposition après la victoire en 2004 du Parti nationaliste de Tassos Papadopoulos, il oeuvre dans le privé et dirige notamment une société de consulting, DDK Strategy and Public Affaires Ltd. En juin 2004, il est élu député européen sur la liste du Parti Populaire Européen. Il est membre de la Commission parlementaire des Affaires étrangères (Ph. Kassoulides)

Casablanca,03 21 2005
Rédaction
L'Economiste
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