Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

Echanges UE/Afrique du Nord - Pas de flux commerciaux sans IDE

Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc et en Tunisie ne décollent pas. D’où la faiblesse des flux commerciaux entre les deux rives de la Méditerranée. Or, plus de la moitié des échanges dans le monde est liée aux transactions intraentreprises.

Entretien exclusif avec Patrick Artus, directeur des Etudes économiques de la Caisse des dépôts et de consignation (CDC). L’Economiste intervient dans le colloque coorganisé aujourd’hui à Marrakech par la CDC, la CDG, le Centre d’économie et de finances internationales et le Centre d’études prospectives et d’informations internationales.

- L’Economiste: Avec l’élargissement de l’UE, les pays du Maghreb redoutent le déplacement du centre d’intérêt de l’Europe vers l’Est. Ces appréhensions sont-elles fondées?

- Patrick Artus: Si l’on prend les indicateurs de situation structurelle du Maroc et de la Tunisie essentiellement, il n’existe pas de raisons économiques pour que l’UE entretienne un lien plus étroit avec certains pays d’Europe centrale. Du point de vue de l’analyse économique, le Maroc et la Tunisie sont aussi bons candidats à l’UE que certains pays de l’Est qu’ils soient candidats ou déjà membres. Un tel constat est effectivement frustrant.

- Les pays d’Afrique du Nord n’ont pas réussi à attirer un flux suffisant d’investissements directs étrangers. Est-ce un constat d’échec des politiques incitatives de ces pays?
- Certainement. Même s’il n’existe pas de raisons structurelles justifiant la faiblesse des flux d’IDE dans la région, des facteurs de blocage subsistent et ils sont connus et identifiés.
L’on peut avancer comme argument l’inexistence d’une complémentarité suffisante dans la spécialisation. En effet, le Maroc et la Tunisie dégagent des excédents agricoles, agroalimentaires et de matières premières et affichent un déficit en biens d’équipement. Mais là aussi, la Roumanie, la Turquie, la Bulgarie et la Pologne présentent la même configuration.
L’intégration des deux derniers pays va poser d’énormes problèmes dans le marché commun agricole. Celle du Maroc et de la Tunisie n’en poserait pas plus. Il faut savoir que la Turquie génèrerait des dépenses budgétaires liées à l’agriculture, équivalentes au total des dépenses budgétaires actuelles de l’UE! Sur le plan agricole, le problème posé par la Turquie est bien plus grave que celui du Maroc ou de la Tunisie. D’autant plus que ces deux pays réalisent déjà 70 à 80% de leurs échanges avec l’UE. Ce qui dénote une forte intégration commerciale.

- Alors, comment expliquer la faiblesse des flux commerciaux entre l’UE et les pays d’Afrique du Nord?
- Cela s’explique en grande partie par la faiblesse des IDE dans cette région. Il faut savoir qu’une grosse fraction des échanges commerciaux reste liée à ces flux. Plus précisément, 50% du commerce mondial provient des échanges intraentreprises.
A titre d’exemple, les exportations du Japon vers la Chine sont en grande partie adressées aux filiales des entreprises nippones en Chine. Comme les pays d’Afrique du Nord attirent peu d’IDE, le commerce généré reste faible. C’est le point central de la problématique.

- Avec la montée de la concurrence asiatique sur le marché de l’UE, ces pays ont-ils une chance de tirer leur épingle du jeu?
- A mon sens, c’est ce problème qui doit susciter le plus d’inquiétude. Depuis le début de cette année, le phénomène de “redélocalisation” des entreprises du textile, de la Pologne par exemple vers la Chine, commence à prendre de l’ampleur. Ce mouvement est induit par l’arrivée à terme de l’accord multifibres. Ce phénomène est difficilement mesurable car récent. Il faut s’attendre à ce que la part de la Chine dans la production mondiale du textile passe de 25 à 50%.
Et les pays d’Afrique du Nord seront davantage concurrencés par l’Asie que par les pays d’Europe centrale. Le vrai danger est la poursuite de la hausse de la part de marché des pays d’Asie dans le commerce extérieur de l’Europe de l’Ouest. Actuellement, elle est en pleine croissance.

- Cela veut-il dire que le Maroc et la Tunisie ont tout intérêt à revoir leur politique industrielle assez rapidement, vu l’ampleur du phénomène?
- Le risque de délocalisation vers la Chine est réel car le coût horaire du travail n’y dépasse pas 65 cents contre 5 euros au Maroc et en Tunisie. Il est de 20 euros en Allemagne et en France et de 3 à 5 euros en Europe centrale. De plus, il y a peu de chance pour que ce coût augmente rapidement en Chine. Ce pays présente un potentiel de migration des campagnes vers les villes qui est considérable. Il est estimé à 250 millions de personnes d’ici 2020! A l’avenir, le danger viendrait donc davantage de l’Asie que de l’Europe centrale.
D’ailleurs, la montée en régime des flux d’IDE entre l’UE et les pays de l’Est a été consommée depuis les années 90. De plus, ces flux sont en phase de diminution depuis 2 ans avec l’arrivée à terme des programmes de privatisation et la fin des mouvements d’implantations directes dans la région.

--------------------------------------------------------------------------------

Créer de l’emploi sur place

- L’Economiste: Faut-il donc s’attendre à une recrudescence des flux migratoires vers l’UE?

- Patrick Artus: Le Maroc et la Tunisie affichent des taux de chômage élevés, soit 15% en moyenne, et des taux d’émigration forts. Depuis 1995, ce dernier est de 1‰ (1 pour mille) en Tunisie et 1,5‰ au Maroc. La poursuite de ce mouvement posera problème. Je suis contre l’idée que l’émigration permet de combler le déficit démographique des pays du nord de la Méditerranée. D’abord, ces pays d’Europe de l’Ouest dispose d’une marge d’augmentation du taux d’activité importante.
En France, 30% des personnes âgées de plus 55 ans sont en activité. Avant de déplacer des populations, ces pays devraient déjà augmenter leur taux d’activité.
Ensuite, j’ai toujours soutenu la thèse de la création d’emplois sur place dans les pays d’origine. C’est une manière pour le Maroc et la Tunisie d’attirer des investissements, d’augmenter les capacités de production et de lutter contre le vieillissement des populations.

Patrick Artus: “Depuis le début de l’année, le phénomène de redélocalisation de l’Europe centrale vers l’Asie prend de l’ampleur”

Casablanca,03 21 2005
Mouna Kably
L'Economiste
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |