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Pourquoi Bruxelles défend la politique de bon voisinage - Entretien avec Gianfranco Bocchichio, Desk Officer pour le Maroc au sein de la Commission européenne

· Les priorités du Maroc prévaudront
· ALE avec les Etats-Unis: Le Maroc a pris des risques


Le Maroc fait partie des sept pays avec lesquels l’Union européenne voudrait développer des relations plus élaborées dans le cadre de sa politique européenne de voisinage (PEV).

A cet effet, un plan d’action a été conclu avec l’UE par lequel le Royaume s’engage à adapter sa législation aux standards européens, ainsi qu’à contribuer à la lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Ce plan prévoit aussi que le Maroc puisse participer à des politiques communautaires dans des domaines tels que l’environnement, l’éducation, l’énergie ou les transports. Il peut aussi bénéficier d’un accès plus aisé aux 450 millions de consommateurs du marché intérieur de l’Union. Gianfranco Bocchichio, Desk Officer pour le Maroc au sein de la Commission européenne, analyse la portée de cette initiative en direction de son voisin du sud.

- L’Economiste: Qu’apporte de plus la Politique européenne de voisinage (PEV) par rapport à la politique de coopération menée jusqu’ici avec le Maroc?
- Gianfranco Bocchichio: La valeur ajoutée se situe à trois niveaux. Il y a d’abord une perspective politique visant à développer des relations bilatérales politiques complètes avec le Maroc à qui nous voulons offrir un ancrage européen. L’UE soutiendra le processus de réformes en cours que le Maroc a de lui-même décidées. Ensuite une perspective financière sur laquelle pourra compter le Maroc à partir de 2007, notamment au moment où sera lancé le nouveau budget communautaire. L’Union va également créer un nouvel instrument de voisinage qui devrait octroyer des subventions financières plus importantes. Au moins de son côté, la Commission européenne fera de son mieux pour qu’il en soit ainsi. Avec la PEV, je pense que l’on pourrait aussi aboutir à des systèmes d’octroi de fonds plus souples, plus adaptés à la réalité des pays bénéficiaires. Selon les règles actuelles de Meda, il est très difficile de modifier une action ou un projet si à un moment donné on se rend compte qu’il y a des choses plus importantes ou plus appropriées à faire autre part.
Dans le système actuel, tout se passe en amont et il n’y a donc que très peu d’arbitrage à faire. Nous espérons qu’avec le nouvel instrument de voisinage proposé par la Commission européenne on aura un système plus souple qui permettra des adaptations à la réalité locale. Il y a enfin en troisième lieu la perspective pour le Maroc de s’arrimer au marché intérieur de l’Union. C’est là une grande opportunité qui est offerte au Maroc tout en étant également un grand défi dans la mesure où si par exemple les Marocains veulent exporter en Europe ils se doivent de respecter tout un ensemble de critères et de standards de production. Cela suppose aussi une mise à niveau en amont de l’économie marocaine. Mais tout ceci se fera avec le soutien financier et technique de la Commission européenne pour que le Maroc puisse réussir avec souplesse et sans traumatisme social.

- N’est-on pas là en train de revenir à une politique de coopération bilatérale?
- Il y aura toujours une vision euroméditerranéenne dans nos relations avec nos partenaires. Notre objectif final est d’arriver à une zone de libre-échange Euromed en 2010. Cependant, les aspects bilatéraux du point de vue politique, économique et social seront davantage pris en compte dans la nouvelle politique de voisinage. Dans Meda, il y avait toujours le volet régional puis d’éventuelles retombées locales. Avec la PEV ce sera le contraire, ce sont les priorités retenues par le Maroc qui prévaudront.

- Où en est-on avec le plan d’action du Maroc?
- Du côté européen, il y a un accord politique des Etats membres sur ce document mais pas encore d’accord juridique. Mais le Conseil compte l’approuver officiellement dans les prochaines semaines. Du côté marocain, il est déjà adopté par le gouvernement. Les deux parties devraient le valider conjointement soit lors d’un prochain conseil d’association, soit par un simple échange de lettres. Le plan d’action est déjà mis en oeuvre par le biais des structures mises en place en 2004 formées par les 7 sous-comités et d’autres groupes de travail. Ceux-ci couvrent tous les domaines de coopération. Maintenant il s’agit de cibler le travail de ces sous-comités sur les dispositions du plan d’action.

- Quid d’un suivi des dispositions du plan d’action, notamment sur le volet politique et démocratisation?
- Il existe un sous-comité «Droits de l’homme» déjà créé par le Maroc et, cette année, on va essayer d’organiser sa première réunion. C’est sûr que dans un domaine aussi important que les droits de l’homme il y a lieu d’écouter la société civile.
Malheureusement, à l’heure actuelle, il n’existe pas de mécanisme institutionnalisé de consultation mais seulement un mécanisme informel de contacts. Nous, Européens, nous parlons à la société civile marocaine, nous connaissons les questions qui la préoccupent mais les instances qui existent actuellement sont des instances «gouvernementales» et ce sont elles qui nous transmettent en principe les points de vue de la société civile. Non, la société civile marocaine n’a pas été consultée sur le plan d’action, lequel est un document de travail qui doit gérer les relations entre le Maroc et l’Union pendant les trois années à venir. Mais je vous rassure, il n’a pas été négocié en secret.

- Que risque-t-il de se produire si le Maroc ne respecte pas l’une ou l’autre disposition du plan d’action?
- Le plan d’action n’est pas un document de préadhésion. Les actions et réformes qui y sont prévues ne sont pas obligatoires. C’est un avantage et en même temps un inconvénient quelque part pour le Maroc. L’avantage est que le Maroc décide lui-même de ses priorités. S’il ne veut pas ou s’il n’a pas la possibilité d’avancer dans telle ou telle action, il ne le fera pas et il n’en sera pas sanctionné. Mais nous comptons assister le Maroc dans ce travail et nous avancerons avec lui selon son rythme et ses priorités.

- Vous avez fréquenté et négocié avec les Marocains, comment les appréciez-vous?
- Très professionnels, très articulés et j’ai souvent été agréablement surpris de voir qu’ils connaissent à fond leurs dossiers. Ils ont réussi à créer une structure de suivi assez valable qui est chapeautée par le ministère des Affaires étrangères. La Mission du Maroc auprès de l’Union européenne est très impliquée et fait un travail très utile. Je ne sais pas s’ils sont assez nombreux mais ils arrivent à accomplir un travail tout à fait convenable. Toutefois, ils gagneraient à étoffer leur staff car les relations deviennent tellement articulées avec l’Union que cela représente une charge de travail supplémentaire pour eux.

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Rapport de 1 à 40

- Où se situe le Maroc dans la bande des Sept?

- Depuis quelques années, le Maroc a fait d’énormes progrès ainsi que réformes politiques et économico-sociales. L’arrivée de Mohammed VI au pouvoir a donné un coup d’accélérateur assez évident. Le gouvernement actuel s’engage à fond dans les réformes. Personnellement, je pense qu’il prend même beaucoup de risques dans certains domaines.

- Par exemple?
- A titre personnel, je peux vous citer le récent accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Les Américains ont une approche différente de celle de l’UE. Nous, Européens, nous prévoyons une zone de libre-échange Euromed au bout de dix ans, laissant ainsi du temps aux Marocains pour s’adapter à leur rythme et avec notre soutien financier et technique. Avec les Etats-Unis, le Maroc se trouve tout seul en face d’une superpuissance et doit libéraliser ses échanges dans un laps de temps très court, en dépit des garde-fous prévus. Ceci dit, l’accord USA/Maroc ne gêne aucunement l’Union européenne, les échanges commerciaux que le Maroc a avec les Etats-Unis sont très modestes comparés à ceux qu’il a avec l’UE. Il y a un rapport de 1 à 40. Je pense aussi que cet accord avec les Américains a plus une valeur politique que commerciale pour le Maroc.

Casablanca,03 14 2005
Aziz Ben Marzouq
L'Economiste
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