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Le pari de l’incubation d’entreprise

Par Abderrafie Hanouf (directeur général du Technopark de Casablanca) et Fayçal Fassi-Fihri (directeur de l’Incubateur du Technopark de Casablanca)

Pour quelles raisons l’incubation a-t-elle pris autant d’importance auprès des décideurs? Quels types d’objectifs peut-on assigner à une démarche d’incubation? Faut-il faire de l’incubation un axe majeur de toute politique de développement? Comment les différents acteurs du champ politico-économique peuvent-ils s’impliquer? Quels résultats à ce jour?

Pour bien comprendre la problématique de l’incubation, il convient de faire un peu d’histoire. Le concept d’incubation naquit dans les années 50 aux Etats-Unis pour ensuite évoluer lentement au cours des décennies suivantes: on ne comptait que 12 incubateurs américains en 1980. La révolution technologique qu’allait connaître le monde au cours des années 90 bouleversa la donne: les start-ups se démultipliaient et les incubateurs fleurissaient. Plus de 1.000 incubateurs émergèrent ainsi aux Etats-Unis, dont plus de 200 spécialisés dans le seul domaine d’Internet. Cette tendance contamina les autres pays développés: plus de 350 incubateurs s’imposèrent en Allemagne, 250 en Grande-Bretagne et 100 en France. Les pays émergents rejoignirent le ballet puisque l’on trouve aujourd’hui plus de 500 incubateurs en Chine, 300 en Corée du Sud mais également 50 au Kazakhstan, 30 en Iran et une dizaine au Maroc.

Un tel engouement s’explique d’abord par la nature même de nos économies. En effet, l’effondrement de l’empire soviétique et le triomphe du modèle libéral, que Fukuyama qualifiait de fin de l’Histoire, menèrent les décideurs politiques, toutes tendances confondues, à redéfinir le périmètre de l’Etat et à repenser le rôle du secteur privé. Dans un tel modèle, la créativité, l’inventivité, l’innovation et l’esprit d’entreprise déterminent les chances de succès de chaque nation. L’Etat perd dès lors son caractère providentiel pour revêtir les habits du catalyseur, du facilitateur, du créateur de l’environnement propice à l’entreprenariat.
Cette mue, assurément plus douloureuse dans certains pays que dans d’autres, nécessita la mise en place de politiques nouvelles et la création d’instruments idoines. L’incubation d’entreprise apparut dès lors comme un outil efficace dans le cadre de la promotion de la culture entrepreneuriale et du renforcement du tissu économique national.

Un incubateur a en effet comme objectif premier d’inciter à la création d’entreprises en offrant un accompagnement intensif et en proposant une pléthore de services structurants. L’entrepreneur en herbe trouve au sein de l’incubateur le support dont il a besoin aussi bien en termes de ressources matérielles qu’en termes d’encadrement. A titre d’exemple, l’Incubateur du Technopark de Casablanca propose à ses incubés d’une part, un espace bureau meublé et équipé (bureaux, ordinateurs portables, serveurs, connections Internet…), mais également un accompagnement intensif (monitoring assuré par une équipe qualifiée, formation généraliste ou sur-mesure, consulting, networking…).
La technique d’incubation, qui vit donc le jour aux Etats-Unis, s’est répandue à travers les cinq continents avec des résultats remarquables et remarqués: près de 80% des sociétés incubées survivent à leurs deux premières années d’existence contre seulement 50% pour les autres. Sachant que la PME représente l’essentiel du tissu économique de nos différents pays et qu’elle demeure la principale source de création de richesses et d’emplois, l’incubation s’est imposée comme l’un des outils les plus performants du développement économique et social à l’ère du libéralisme.

· L’Etat catalyseur

Un sujet d’une telle importance méritait donc assurément une conférence internationale, qui plus est sous l’égide de la Banque mondiale(1). Cette conférence a réuni les principaux experts internationaux en la matière ainsi que différents praticiens (dont nous avons eu l’honneur de faire partie) pour discuter des best practices à implémenter, examiner les facteurs-clés de succès et débattre des objectifs auxquels peut répondre l’incubation.
Aussi, après moult débats et discussions, le consensus s’est porté sur une déclaration finale que l’on peut résumer en une phrase: l’incubation peut servir avec succès des objectifs ambitieux à condition que l’ensemble des acteurs nationaux s’impliquent avec ardeur dans la démarche.
Les objectifs à poursuivre à l’échelle nationale peuvent être de plusieurs ordres: développement économique et social réduction de la pauvreté et création d’opportunités d’emploi consolidation du secteur privé renforcement du partenariat public/privé incitation à l’entreprenariat et à l’innovation égalité des chances et lutte contre les discriminations utilisation des technologies et sensibilisation aux TIC

· amélioration de la productivité des entreprises et de la compétitivité nationale.

Aussi ambitieux soient-ils, ces objectifs demeurent accessibles dès lors que les projets d’incubation ne restent pas isolés mais fédèrent autour d’eux l’ensemble des acteurs nationaux.
L’Etat, dans ce rôle de catalyseur qui lui est dévolu, se doit d’investir le champ de l’incubation en permettant l’éclosion d’un environnement favorable à l’entreprenariat, et ce: en concevant un corpus législatif adéquat en favorisant le développement du financement des jeunes pousses en réformant certains programmes au sein des écoles et universités de manière à faire émerger la culture de la prise de risque et de l’entreprenariat en soutenant les initiatives d’incubation existantes en établissant un fonds d’incubation en promouvant l’image du pays auprès des pays clients

· en prenant toute mesure susceptible d’aider les start-ups à pérenniser leur activité.

L’Etat doit donc assumer un certain nombre de responsabilités dans la mise en place d’un environnement adapté aux exigences de l’entrepreneur. Il ne peut toutefois porter à lui seul le fardeau de cette adaptation alors même que l’on exige de lui une réduction de son périmètre d’intervention.
C’est pour cela que le secteur privé se doit également de s’impliquer fortement dans la démarche d’incubation. Plusieurs pistes peuvent être à cet égard explorées: création d’incubateurs au sein des grands groupes politique d’essaimage cohérente selon un modèle win-win établissement de partenariats financiers et/ou technologiques avec les incubateurs existant coaching ou mentoring des jeunes entrepreneurs par les dirigeants de grandes sociétés investissement dans les secteurs porteurs, et notamment prise de participation dans les start-ups incubées développement du capital amorçage et du capital risque en faveur des petites entreprise.

· valorisation de la démarche entrepreneuriale, notamment lors des recrutements.

L’incubation, sans être une panacée, peut s’avérer un instrument efficient de développement dès lors que l’ensemble des acteurs nationaux l’adopte et œuvre en faveur de son essor.
L’incubation s’avère donc d’ores et déjà un processus éprouvé dans certains pays développés et émergents. Elle permet la création de richesses et d’emplois, et alimente une culture entrepreneuriale nécessaire à la croissance d’un pays. L’ensemble des décideurs, l’ensemble des organisations privées ou publiques, l’ensemble des hommes et des femmes impliqués dans le développement économique et social, doivent aujourd’hui œuvrer à la réussite de ce processus dont dépendra en partie le Maroc de demain.


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Les expériences internationales

L'incubation peut donc répondre à nombre d’objectifs et d’impératifs nationaux. Quelques chiffres suffisent à illustrer ce propos : En Inde, l’implication des différents intervenants publics et privés dans un cadre réglementaire adéquat a permis à l’industrie des services informatiques indienne de bénéficier d’un programme d’incubation performant et d’occuper le 2nd rang mondial derrière celle des Etats-Unis. En Amérique du Nord, plus de 35.000 start-ups ont été incubées en 2001, créant ainsi plus de 80.000 emplois et un revenu annuel de quelque 70 milliards de dirhams. Les incubateurs chinois assistent actuellement plus de 30.000 sociétés qui emploient en tout 550.000 personnes. Les petites et moyennes entreprises de moins de 20 employés ont assuré près de 50% des exportations américaines. Un emploi créé à travers un incubateur financé par l’Etat américain coûte 1.100 dollars contre 10.000 en moyenne pour les autres programmes de création d’emplois.
· Les fonds publics alloués aux incubateurs en Inde ont permis un retour sur investissement élevé sous forme d’impôts: après cinq ans, chaque roupie investie en rapportait 4.

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(1) Une conférence internationale sous l’égide de la Banque mondiale s’est tenue du 14 au 20 octobre 2004 à New Delhi sous le thème L’incubation d’entreprise (“Global Forum on Business Incubation”). Le Maroc, seul représentant de l’Afrique du Nord, était présent à travers le Technopark de Casablanca.

Casablanca,12 20 2004
Redaction
L'Economiste
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