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Chevènement : L'unilatéralisme US est dangereux

Pour l'ancien ministre français de l'Intérieur, la doctrine de la diplomatie de l'Oncle Sam mène le monde dans l'inconnu
Même si pour l'instant, très peu de pays osent s'opposer à l'Amérique, il faut lui démontrer qu'elle a intérêt à écouter les avis des autres.
Jean-Pierre Chevènement a fait sensation avant-hier 28 octobre à la conférence organisée par l'association Trait d'Union France-Maroc de Mehdi Qotbi avec le concours de La Vie Economique.

Excellent orateur, le “Che”, comme l'appelaient ses collaborateurs Place Beauvau (siège du ministère français de l'Intérieur), a abordé une palette de thèmes qu'il adore: la mondialisation, les relations Nord-Sud, la diplomatie américaine ou plutôt, l'unilatéralisme de l'Oncle Sam, la démocratie, la laïcité, etc.

Actualité oblige, l'Irak s'est invité naturellement dans les discussions. Le début de la conférence a vite tourné au procès de la diplomatie américaine avec Chevènement dans le rôle de procureur. Sur ce dossier, les Etats-Unis se trompent sur tous les plans, lance d'emblée l'ancien ministre français, qui focalise son artillerie sur la doctrine de guerre préventive, la dernière trouvaille des faucons de l'exécutif américain. Ce serait un précédent dangereux car rien n'empêcherait la Russie de faire pareil avec la Georgie ou la Chine avec Taïwan, prévient-il. Par ailleurs, “le désarmement de l'Irak est une chose, le changement de régime en est une autre”, estime l'ancien ministre. Pour lui, même en étant la seule superpuissance, les Etats-Unis n'ont rien à gagner en ignorant le monde entier.

Même du point de vue de leurs intérêts, il est sage que les Américains tiennent compte des avis des autres pays et qu'ils acceptent la suprématie des normes internationales, conseille le fondateur du Pôle républicain dans l'Hexagone. Mais qui oserait aujourd'hui contredire le président Bush? Pas grand monde, admet le Che. L'Europe? Inexistante sur le plan politique. Mais Chevènement -qui rappelle au passage qu'il n'a aucune sympathie avec la majorité actuelle en France- reconnaît que la position de Jacques Chirac sur ce dossier est la bonne. Pour l'ancien locataire de la Place Beauvau, la diplomatie française a réalisé un sans-faute jusqu'à présent. Frédérique Grasset, ambassadeur de France au Maroc au premier rang dans la salle, a dû apprécier.

Attention aux pièges dans les résolutions de l'ONU!

Et le Conseil de sécurité de l'ONU? Peut-être, encore faut-il que certains pays aient le courage de ne pas s'abstenir en usant de leur droit de vote. Mais il ne faut pas se faire d'illusion, analyse Chevènement. Pour des considérations liées à leurs intérêts, ni la Russie ni la Chine ne chercheraient à fâcher les Etats-Unis au Conseil de sécurité. Chevènement a aussi mis en garde contre les pièges sémantiques dans les résolutions du Conseil de sécurité. Il a gardé en mémoire le précédent de la guerre du Golfe de 1990. Le patron de la diplomatie soviétique (à l'époque Edward Chevarnadze) était hostile à l'expression “usage de la force”, lui préférant celle de “conséquences graves”. Ne vous y trompez pas! lance Chevènement à l'auditoire. “Conséquences graves” signifie guerre. L'exégèse des mots est au centre de la “bagarre” actuelle sur la résolution concernant le retour des inspecteurs de l'ONU en Irak.

Si les Etats-Unis passent outre l'avis des Nations unies et attaquent malgré tout l'Irak, ils commettraient, selon l'ancien ministre français, une erreur grave. Cela ne pourrait que radicaliser les opinions des pays musulmans, estime-t-il. Et personne n'y a intérêt, car il est impossible d'en prévoir les conséquences.
Quant au scénario de l'occupation de l'Irak après le renversement de Saddam Hussein que projettent des experts de Washington, il est non seulement dangereux mais il n'est pas viable. Combien de temps les Américains resteraient-ils dans ce pays? Si les Kurdes irakiens se constituent en entité autonome, pensez-vous que la Turquie l'accepterait? s'interroge-t-il. Le renversement du régime de Saddam ouvrirait une fenêtre d'opportunité à la majorité chiite dans ce pays. Et en filigrane, l'influence de l'Iran.

L'une des rares objections sur la salve de critiques de l'hégémonisme américain est venue d'un intervenant: C'est bien beau de s'en prendre aux Américains, mais les élites des pays arabo-musulmans doivent aussi faire de l'autocritique. S'il ne fait aucun doute que le peuple irakien doive être soutenu, le raïs Saddam Hussein qui organise des élections avec 100% de suffrages et de participation ne mérite aucune sympathie. Cela doit être rappelé, insiste-t-il.
Comment exister dans cette écrasante suprématie politico-économique des Etats-Unis ou tenter de la contrebalancer? Celle-ci s'étend par la convergence d'intérêts des grands groupes et de l'Empire (USA), constate le Pr Abdelali Benamour. Quelles seraient donc les alternatives envisageables? Peut-être procéder comme les pays d'Asie du Sud en adoptant la stratégie des arts martiaux, suggère-t-il. Ces pays ont relativement réussi à contrer “l'Empire” en utilisant ou parfois en copiant, ce qui a fait sa force. Pour le Maroc, il faut agir sur le levier de la croissance économique. Il faut réfléchir sur les moyens de faire fonctionner le triptyque investissement, croissance et redistribution.

Le Che est pour la Charia, si...

L'ancien ministre de l'Intérieur de Jospin avait dans l'auditoire un contradicteur de choix: Abdelilah Benkirane, numéro un du Parti de la Justice et du Développement (PJD), qui a réalisé une percée spectaculaire aux dernières législatives. Entre un “intégriste” de la laïcité républicaine et un partisan de l'application de la Charia, l'échange a tenu toutes ses promesses. “Je suis d'accord avec vous pour la laïcité en France mais au Maroc, nous avons besoin d'islamité”, lance le leader du PJD à Chevènement. L'islamisme tel que le conçoit le PJD n'a rien à voir avec l'islamisme des autres pays, même si certains nous rangent dans la catégorie des partis islamiques de Jordanie ou de Turquie, tente de démontrer Benkirane. “Nous sommes pour la démocratie et la tolérance”, poursuit-il. “Ce sont les autres qui ne veulent pas nous accepter parce qu'ils sont tous occidentalisés” (il visait des intellectuels et personnalités de gauche présents dans l'assistance). Ils nous font un procès d'intention. “Monsieur Chevènement, aidez-nous à nous faire accepter par nos concitoyens”.
Quand on parle du PJD, tout le monde voit d'abord la Charia et donc l'amputation des mains de voleurs, s'étonne le leader islamiste. C'est une lecture tronquée, dit-il. La Charia, c'est avant tout lutter contre le chômage, les disparités sociales, rééquilibrer la répartition des pouvoirs, etc.

Si ça ne tient qu'à cela, alors moi aussi, je suis pour la Charia, rétorque Jean-Pierre Chevènement sous les applaudissements de la salle. Pour l'ex-ministre de l'Intérieur français, la grande problématique pour les partis d'obédience islamiste est d'accepter une plate-forme des principes communs de la démocratie, quitte à intégrer le principe du libre choix de chaque personne dans la société. En Europe, il y a bien des partis des démocrates chrétiens, il faudra bien qu'il y ait aussi des partis des démocrates musulmans. Réponse du leader du PJD: “Je préfère l'expression musulman démocrate à celle de démocrate musulman”. On est déjà sur la voie de la synthèse, conclut Chevènement.

Casablanca,12 11 2002
Abashi SHAMAMBA
L'Economiste
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