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Sommet sur la société du savoir et de l’information - : «Moi, je jouerais la carte du Maroc!»

· Le Maroc a deux atouts: moins de ressentiment et moins d’intégrisme
· Pas d’argent contre la fracture numérique


Le Maroc accueille la conférence de suivi du Sommet sur la société du savoir et de l’information qui démarre aujourd’hui à Marrakech. Une centaine d’experts internationaux des médias sont attendus et débattront de la place des médias arabes et africains dans cette société.

Réduction de la fracture numérique, gouvernance d’Internet… Le premier round de Genève a déjà défini son plan d’action, mais les Etats ne se sont pas mis d’accord sur le financement. Le deuxième round, prévu à Tunis, suscite des craintes quant à sa réussite.

- L’Economiste: Quel diagnostic faites-vous de l’évolution des médias dans le monde arabe et en Afrique?
- Alain Modoux: Les conditions d’ouverture sont plus nombreuses en Afrique noire que dans le monde arabe. Il y a eu beaucoup de progrès de démocratisation. L’Afrique du Sud est à cet égard un formidable moteur et un ancrage très important. Elle est fortement appuyée par la communauté internationale. Quant au monde arabe, il est otage du conflit israélo-palestinien. Il a quand même vécu une évolution extraordinaire. Et notamment par l’arrivée des grandes chaînes satellitaires.

- Peut-on parler d’un vrai contre-pouvoir, d’une véritable évolution de la presse arabe, surtout après le 11 septembre 2001?
- Les choses ont effectivement mal évolué depuis le 11 septembre 2001. Mais le concept de l’autorité du monde arabe est totalement différent de celui de l’Occident où les chefs d’Etat n’ont pas de “mission sacrée”, comme dans les grandes cultures d’Asie, ou comme ici au Maroc. Chose que les journalistes ne comprennent pas en Occident. On ne critique pas, par exemple, l’empereur au Japon. Ces chaînes arabes ont fait tomber un tabou, mais le dernier est celui du pays dans lequel elles sont. Cependant, elles n’auraient pu émettre sans la volonté de ce même pays.

- Quelle direction prendre pour le développement du paysage médiatique dans le monde arabe?
- Personnellement, si j’étais un dirigeant européen, je jouerais la carte du Maroc. Il a deux atouts extraordinaires pas suffisamment mesurés. D’abord, il n’y a pas le même ressentiment anticolonialiste que dans la majeure partie du Tiers-Monde puisque lui-même a colonisé un petit bout de l’Europe. Ensuite, le Maroc est protégé des mouvances intégristes parce que son Roi est aussi le chef religieux et le guide spirituel de la nation. La communauté musulmane à Genève, par exemple, est aujourd’hui très agacée par le fait que les prédicateurs viennent du Golfe. La communauté ne s’identifie pas du tout à eux. Ils se sentent colonisés par d’autres tendances religieuses. Le Maroc, qui a ces deux atouts fondamentaux, pourrait constituer une locomotive pour le développement des médias dans le monde arabe et africain.

- Les pays en développement demandent de l’aide pour réduire la fracture numérique….
- Aujourd’hui, les bailleurs de fonds ne veulent plus s’engager. C’est un phénomène qui se renforce depuis la fin de la Guerre froide. Avant, la compétition entraînait des dons des deux côtés; aujourd’hui, il n’y a plus de compétition, donc plus d’argent. Cela ne se dit pas officiellement… Et puis, il y a les détournements d’aides passées dans les poches de quelques dirigeants… Il y a donc un ras-le-bol sur la façon avec laquelle les fonds d’aide en développement ont été utilisés…Ceci est un grand problème de bonne gouvernance. Nous n’avons donc pas pu nous mettre d’accord sur le financement. Nous avons lancé un groupe de travail pour étudier le financement de la réduction de la fracture numérique. Je suis personnellement pessimiste. L’on se rend compte qu’il faut des partenariats entre la société civile, pas nécessairement au sens “société civile organisée”, mais des villages, des communautés, le secteur privé et bien sûr l’Etat. C’est dans ce partenariat triangulaire qu’on pourra injecter de l’argent. Il n’ira pas aux Etats, mais aux projets, qui seront animés par les gens eux-mêmes.

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Craintes sur la liberté

Au cours de ce sommet, tout le monde doit pouvoir s’exprimer librement, et il ne doit pas y avoir de discrimination à l’accès. Le sommet de Genève a rassemblé plus de 12.000 personnes. Pour la phase de Tunis, des organisations de médias ont des craintes. Celles-ci sont renforcées par l’expérience d’Hammamet en juin. “C’était désastreux”, dit Modoux. Les autorités tunisiennes sont intervenues de plusieurs manières sur le comité préparatoire: diplomatiquement (via les Etats) ou en mettant en avant uniquement leurs organisations progouvernementales pour occuper le terrain et éviter que des personnes qui ne sont pas en odeur de sainteté auprès de l’Etat tunisien s’expriment. Cela a choqué de très nombreux Etats. Le vrai souci, c’est de s’assurer que tous ceux qui étaient enregistrés à Genève puissent continuer à participer.

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Quiproquo culturel

Le Sommet mondial sur la Société du savoir et de l’information a failli se dérouler une seule fois, soit à Genève, soit en Tunisie, les deux candidats à l’organisation du sommet. C’était en début 2002. Et l’organisation en charge de l’événement, l’IUT (Union internationale des télécommunications), avait alors sélectionné Genève, «ayant présenté un meilleur dossier «, se rappelle Alain Modoux, qui narre l’histoire suivante:
Il se trouve que le secrétaire général de l’IUT, Yoshio Utsumi (d’ailleurs réélu pour un second mandat 2003-2006) est un Japonais. Or, semble-t-il, dans la culture asiatique et en tout cas japonnaise, c’est le chef, le père, le patron, qui a la responsabilité d’annoncer les mauvaises nouvelles.
Le secrétaire général a donc pris la décision de se déplacer lui-même en Tunisie pour informer les autorités de ce pays de la déconvenue qu’elles allaient essuyer, puisque l’organisation avait préféré Genève. Mais dans la culture arabe et, semble-t-il, méditerranéenne, c’est le contraire: le chef s’octroie le privilège d’annoncer lui-même les bonnes nouvelles. Les mauvaises nouvelles, elles, devront être prises en charge par les sous-fifres. Donc prévenu de l’arrivée du big boss de l’IUT, Tunis ne doute pas une seconde qu’il apporte la bonne nouvelle: le sommet aura lieu en Tunisie, pas en Suisse! Quiproquo intégral. Devant tant de joie, comment le secrétaire général pouvait-il provoquer une telle déception? Il ne le pouvait pas et de fait n’a pas pu.
Il a fallu s’arranger. Les Tunisiens avaient été si déçus par le message du SG de l’IUT, qu’ils ont tout simplement refusé la décision. Il était hors de question pour eux de ne pas organiser l’événement, ils l’ont fait savoir haut et fort. Comment sortir de ce conflit interculturel? En inventant deux rencontres au lieu d’une, ou plus exactement, deux phases de la même rencontre. ÒLa première phase a donc eu lieu à Genève en décembre dernier et la deuxième à Tunis en décembre prochain. Mais nos amis tunisiens n’en sont pas quittes pour autant puisque l’arrangement asiatico-méditerranéen de l’UIT a fait l’objet de virulentes critiques de la part de la FIEJ (Fédération internationale des éditeurs de journaux) et la puissante WAN (World Association of Newspapers) qui ont vivement protesté contre l’idée d’aller en Tunisie pour parler de communication, de presse et de liberté. Mais cela n’est malheureusement pas qu’un quiproquo culturel.

Alain Modoux, président du Réseau international des chaires communications Unesco, est expert en communication interculturelle et architecte de la journée de la liberté de la presse fêtée chaque 3 mai depuis 1993. Son expertise vient du terrain où de l’Asie au Moyen-Orient, Maghreb, Amérique latine, Afrique, il s’est engagé plus de vingt ans auprès du CICR (la Croix-Rouge) où il était responsable de l’information et des relations avec les médias. En même temps que la chute du mur de Berlin, il passe à l’Unesco, une organisation très «atypique, où le poids d’un pays se mesure avec sa culture», où il a eu la délicate mission de «faire la paix avec les médias»

Casablanca,11 29 2004
Mouna Kadiri
L'Economiste
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