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Maroc-Turquie : Comment Ankara devient une puissance à l’export

· Une libéralisation offensive entamée dès 1980
· Evolution de la structure des exportations
· Un concurrent difficile


Rémy Leveau l’avait dit: «La véritable concurrence à terme entre le sud de la Méditerranée et les nouveaux entrants dans le système européen, sera la Turquie qui, elle, représente plus de 60 millions d’habitants et a besoin d’aides et de développement considérables»(1).

Un an et un accord de libre-échange signé entre le Maroc et la Turquie plus tard, les opérateurs économiques, certains inquiets, sont encore dans la phase de découverte de ce que représente réellement la concurrence turque. Dans les milieux d’affaires, certains chefs d’entreprise ne comprennent pas. Comment le Maroc a-t-il pu boucler aussi rapidement l’accord de libre-échange avec la Turquie ou encore avec l’Egypte, la Tunisie et la Jordanie? L’accord avec la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie prévoit l’ouverture totale (suppression des droits d’importation) dès le 1er janvier 2005.

Certaines entreprises (opérant notamment dans le textile, la coutellerie ou encore la sidérurgie) n’ont tout simplement pas tenu compte dans leur préparation à l’ouverture de la spécificité de ces accords, avec le sentiment d’avoir été prises de court. L’approche avec la Turquie est différente du big-bang concernant les trois pays arabes. L’accord est fait sur le modèle européen et prévoit une période de transition maximale de 10 ans.

· Compétitivité énergétique

Mais des études d’impact montrent toutefois le risque qui pèse sur l’industrie locale (cf. L’Economiste du 18 juin 2004). Le textile mais aussi l’industrie lourde, comme celle de l’acier, sont fortement concurrencés par la compétitivité énergétique turque; et lésés de fait par la compétitivité prix liée à la très forte dévaluation de la lire turque par rapport au dollar.

La Turquie a mené, depuis une trentaine d’années, une politique offensive, non pas volontairement, mais parce qu’il fallait qu’elle s’en sorte à tout prix: le terrible krach financier de 1973 est passé par là. Elle a donc entamé sa libéralisation plus tôt que le Maroc. Hormis «l’épouvantail soviétique», les similitudes de situation, à une dizaine d’années d’intervalle, sont flagrantes. Pour les deux pays, le krach financier résultant d’une économie surprotégée et fermée, a été le catalyseur du mouvement de libéralisation et de développement. Ankara a commencé cette politique à partir de 1980. Les autorités publiques ont fait le choix de soutenir les secteurs les plus compétitifs à l’international. Durant cette décennie, elle multiplie le volume de ses échanges et diversifie ses produits à l’export.

La Turquie entre à l’Organisation mondiale du commerce en 1995, en même temps que le Maroc. Elle intègre l’Union douanière, avec l’Union européenne l’année suivante. Ces deux dates marquent le début d’un changement structurel de l’exportation. «La production et l’exportation des produits à haute technologie comme les produits électriques et électroniques, les machines et les automobiles, ont considérablement augmenté», explique l’ambassade de Turquie au Maroc. Presque comme le Maroc… sauf que la vitesse est différente. L’industrie de l’électronique marocaine a elle aussi pris son essor vers 1995, mais n’a pas encore atteint un seuil conséquent. Depuis une vingtaine d’années, les postes à l’exportation les plus importants sont les mêmes. Malgré l’apparition des nouvelles niches, celles-ci demeurent encore sporadiques.

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Marketing à la turque

LE benchmark «empirique» entre le Maroc et la Turquie fait par L’Economiste (cf. L’Economiste du 12 juillet 2004) a montré combien les Turcs sont forts en marketing. Pour le commerce, pour les impôts, les services, les fêtes, le tourisme, les informations sommaires…Quantité de prospectus, des revues, des affiches, tout est bon pour faire la pub de tout et n’importe quoi. Pourvu que la cible soit au courant qu’il faut payer ces impôts avant telle date, acheter ce tissu plutôt que l’autre, et en plusieurs langues SVP.

D’ailleurs, pour contrer la crise économique de la fin des années 90, le gouvernement a initié des activités de promotion et de marketing ainsi qu’une stratégie visant à encourager les échanges commerciaux avec les pays voisins et périphériques, explique la mission diplomatique turque à Rabat. Loin de se contenter de simples déclarations officielles, la Turquie applique plutôt des recettes simples mais ingénieuses. A titre d’exemple rapporté, les pouvoirs publics avaient lancé une opération «imaginez votre Turquie en 2020, votre planète en 2020», il y a une dizaine d’années. L’idée était de libérer les esprits, tout en développant un sentiment et une cohérence nationaux. Résultat: des créations en bijouterie, en vêtements, en mobilier actuellement en vente dans les magasins. La Turquie a ainsi renouvelé sa gamme et son empreinte créative.

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Croissance soutenue

LES exportations turques sont en hausse structurelle depuis les années 90. Elles enregistrent un taux de croissance moyen annuel de 8,7% depuis douze ans.

L’industrie manufacturière a la part du lion dans les exportations. Elle dépasse les 90% et s’est accrue de 10% en moyenne chaque année. De telle sorte que la Turquie exportait près de 10,3 milliards de dollars en 1990 contre 32,7 milliards en 2002. L’industrie turque représente 25% du PIB (soit 183,4 milliards de dollars). En valeur ajoutée, son apport est de 46,5 milliards de dollars.

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Un plan d’exportation 2004-2006

· Au Maroc, on cherche toujours un plan… B!

LE secrétariat d’Etat turc chargé du Commerce extérieur, a élaboré un «plan stratégique 2004-2006 pour l’exportation», afin d’assurer la croissance soutenue des exportations. Cinq priorités sont dénifies: le marketing, les technologies de l’information, les mécanismes de financement et de soutien, les relations commerciales bilatérales et multilatérales et la coopération et la coordination (auxquelles les opérateurs privés tiennent particulièrement). Le challenge est aussi de renforcer l’image de marque des produits turcs sur le marché international (européen) et dépasser le cercle du textile.

Concrètement, le gouvernement turc s’engage à développer (encore plus) des mécanismes de soutien tant au stade de la production qu’à celui des exportations. Encore une autre différence avec le Maroc.

Au risque d’être accusé de dumping, il procure des matières premières à des prix compétitifs aux exportateurs. Mais la manne véritablement mise à la disposition des exportateurs est l’accès à l’information: les opérateurs accèdent et peuvent utiliser les informations relatives à l’exportation. Le gouvernement compte d’ailleurs créer des centres d’information pour les exportateurs.

Côté marocain, le plan de soutien à l’export n’est pas encore prêt. Il serait en cours d’élaboration, avance le ministère du Commerce extérieur. Les opérateurs ont pris conscience de l’essoufflement de notre potentiel à l’export, qui est aussi dû à la rigidité de l’offre sur les marchés extérieurs. «Nous comptons faire une évaluation de la contribution du financement des exportations et ensuite dégager une stratégie nationale à partir des stratégies sectorielles», indique Zineb Filali, directrice de la politique du commerce extérieur par intérim. Des pourparlers avec les associations professionnelles sont programmés cette rentrée à la deuxième semaine de septembre, assure le ministère. Bref, il y a encore du pain sur la planche pour ne serait-ce qu’y voir un peu plus clair en matière de cohérence dans le soutien des exportations nationales… Bonjour la réactivité!

Mouna KADIRI
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(1) Dans un entretien accordé à L’Economiste le 15 juillet 2003. Rémy Leveau est connu de nos lecteurs et du Maroc pour avoir contribué à plusieurs ouvrages et animé plusieurs conférences sur le Maroc. Il est le directeur des études et de recherches à la Fondation française des sciences politiques et président du groupe de travail Méditerranée du Commissariat général au Plan, auprès de la Primature française.

Casablanca,08 31 2004
Mouna Kadiri
L'Economiste
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