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Et la couverture sociale ? Interview de M. Akiki...

Et la couverture sociale ? Interview de M. Akiki, Directeur Général de la Caisse Mutuelle Laïque

Cette semaine nous vous proposons de rencontrer Monsieur Akiki, directeur général passionné de la Caisse Mutuelle Laïque. Au delà de la présentation de sa société, nous lui avons demandé de nous éclairer sur le projet de société qui l'anime et qu'il applique à la manière dont il approche le problème ô combien crucial de la couverture sociale...

First Lebanon : pouvez vous nous décrire les activités de la CML ?
Monsieur Akiki :
Notre métier consiste à prendre en charge les problèmes d'hospitalisation de nos adhérents en vue de les libérer du poids et des soucis liés au risque de maladie ou d'accident.

Nous prenons en charge ce que nous appelons le « in hospital », à savoir l'hospitalisation elle même et le « out » qui couvre les soins ambulatoires : examens médicaux, radiologie, analyses médicales.
La CML a également créé un projet pour les personnes du 3ème age, le Plan Troisième Age et le concept de médecine préventive pour personnes du troisième age. Ainsi nous proposons à cette population un diagnostic complet annuel et ceci gratuitement. L'année passée nous avons offert la vaccination contre la grippe quasi gratuitement, n'oublions pas que la grippe peut être mortelle et cette population est particulièrement exposée.
De plus nous avons créé à destination de nos adhérents un carnet de santé qui est rempli soit par le médecin de famille, soit par un médecin désigné par la CML. Le généraliste établi un bilan de santé et oriente ainsi le patient vers le spécialiste approprié si il y a lieu. Le but est d' éviter que la personne qui souffre n'aille d'elle même vers un spécialiste qui n'est pas forcément le bon dont les examens sont coûteux. On chasse ainsi les abus et on garde un maîtrise des coûts.
Pour les soins dentaires nous avons lancé un projet audacieux qui permet à tous les membres d'une famille de bénéficier de tous les soins dont ils ont besoin moyennant une prime de 180$. On voyait avant cela, et on voit toujours, des personnes se faire extraire une dent au lieu de la faire soigner à cause du coût prohibitif des soins dentaires.
En un an, nous avons fourni pour l'équivalent de 1.200.000$ de soins, c'est énorme et celà reflète bien le besoin et l'attente de la population à ce niveau.
Enfin, nous disposons d'un système d'assistance médicale qui fonctionne 24h/24 et 365 jours par an. Les malades peuvent appeler un standard où un médecin est de garde, si le problème ne peut être réglé au téléphone, un spécialiste se rend sur place et si le cas le nécessite peut orienter le patient vers l'un des hôpitaux du réseau.
Bref beaucoup de prestations nouvelles pour le Liban...


F.L : Et en combien de temps tout ceci s'est mis en place ?
M.A : Eh bien la CML existe depuis 1997, quand nous avons signé un traité de réassurance avec Hannover, une compagnie allemande. Ils ont cru à l'esprit de notre projet, sans eux nous n'aurions pas pu démarrer. Ils ont pris en charge 90% du risque au départ. Maintenant nous travaillons avec deux autres réassureurs, Europa Ré et Scor.
Nous travaillons dans une totale transparence : coût du risque + frais de gestion = coût des cotisations ! !
Depuis nous avons également mis sur pied un service d'ambulance d'urgence pour nos mutualistes, un réseau de médecins qui fournit des prestations à tarifs préférentiels, un système de tarification préférentiel à la sécurité sociale et nous prenons en charge dpeuis peu les frais d'enterrement à hauteur de 5000$.


FL : Expliquez nous ce qu'est une mutuelle.
MA : C'est avant tout un projet socio-économique. Il vise à résoudre par la solidarité entre les membres tous les problèmes qui ne pourraient être à la portée de chacun compte tenu de leur coût. Si on le porte à l'échelle du monde, on voit que la notion d'état est un projet social, et que l'accès aux soins est un droit de l'être humain.
Pourtant nombreux sont les états qui ne peuvent garantir cet accès aux soins à leurs citoyens.
La mutuelle vise à réunir un grand nombre de personnes qui veulent répartir le risque et donc les coûts individuel et ainsi se garantir des prestations de qualité quand elles en auront besoin.
Mais cela va bien au delà. Dans une société comme telle que la société libanaise, l'habitation, l'hospitalisation, l'éducation et la retraite coûtent extrêmement cher. Or le pays s'est paupérisé et on voit des personnes de la classe moyenne se séparer d'un bien pour pouvoir offrir des études où des prestations de santé à des membres de leur famille.
Pire, elles peuvent se trouver dans une position ou leur unique recours est de « monnayer » leur vote en échange d'une prise en charge par un politique.
On le voit ici, le déficit de couverture sociale a des effets pervers et joue sur le libre arbitre de la personne.
Le mutualisme libère de ces contraintes en préservant la liberté de choix aux individus et en les allégeant des préoccupations liées aux risques de la vie.
Si l'état ne prend pas en charge, le mutualisme le fait ! !


FL : Quelles sont les différences entre une assurance classique et une mutuelle ?
MA : Les deux sont des institutions de couverture de risque. Et au niveau du résultat pour l'assuré le résultat est le même, elles payent les frais engendrés par la maladie l'accident ou toute autre forme d'aléa, moyennant une cotisation ou prime.
La différence est dans le fond. Une assurance est une société dont les actionnaires recherchent la profitabilité, la rentabilité, la prime est fixée par la loi de l'offre et de la demande. Une mutuelle est créée pour répondre à un besoin social qui pourrait être pris en charge par l'état quand celui ci pour diverses raisons ne peut remplir sa mission. Elle est basée sur la solidarité, la finalité n'est pas la rentabilité mais la réponse au besoin. Le montant des cotisations ou primes sont offerts à prix coûtant.
Elles deviennent donc un organe de régulation du marché : les sociétés d'assurance devant tenir compte des tarifs pratiqués par les mutuelles pour ne pas laisser libre cours à la volonté de leurs actionnaires.
On comprend ici toute la difficulté et le savoir-faire qu'il faut mettre en oeuvre pour que l'idée de mutualité ne reste pas une utopie, la technique revêt ici une importance toute particulière, car nous devons garder une indépendance totale pour ne pas compromettre l'esprit de notre projet. Aussi nous n'achetons aucun de nos produits chez les assureurs.
En revanche nous sommes tout à fait disposés à aider les autres mutuelles à devenir indépendantes et autonomes ! !


FL : Combien d'adhérents compte la CML à ce jour ?
MA : Actuellement 25 000 et nous enregistrons de 1500 à 2000 nouveaux adhérents tous les ans. De plus la satisfaction des adhérents est excellente. Notre équipe est constituée d'une cinquantaine de personnes. En bref, c'est un point de départ réussi pour mettre en place d'autres activités qui conserveront le même esprit.


FL : Et pourquoi laïque ?
MA : Parce que la philosophie qui sous tend l'esprit mutualiste est humaine et pas confessionnelle, la solidarité ne se limite pas à ce lui qui croit ou pense comme soi, plus les adhérents sont nombreux et plus la prime est faible. Pas de raison donc de limiter l'accessibilité à une catégorie de la population.


FL : Avez vous des ambitions pour d'autres pays de la région ?
MA : Ma foi oui ! ! Toujours partant du même principe, plus il y a d'adhérents et plus la prime est accessibles aux catégories de population aux plus faibles revenus. Il y a un effet d'entraînement qui joue à ce niveau. Et tout le monde se retrouve sur l'idée que nous avons besoin les uns des autres quand il s'agit de couvrir les risques de la vie.
D'autre part les sociétés arabes sont très solidaires au niveau familial, il suffit d'étendre cette solidarité à la société toute entière.


FL : Et vis à vis d'autres pays comme ceux d'Europe, avez vous des attentes ?
MA : En terme de savoir-faire, de transmission de compétences oui. Un gros effort doit être consenti ici pour faire passer cette image de la puissance de la mutuelle, ça ne peut être réalisé sans le concours des grandes mutuelles européennes. Elles ont inventé cet esprit mais souvent ne cherchent pas à l'étendre. Et peu de gens qui bénéficient de mutuelles en France ou ailleurs ne savent pas quel est la philosophie qui a animé les créateurs de ce système.
Comme je l'ai dit précédemment, c'est un projet socio- économique et je suis persuadé que si les grandes mutuelles du monde nous aidaient dans la diffusion de l'idée et que nous parvenions à couvrir tous les risques des classes moyennes et pauvres, il y aurait moins de personnes à vouloir quitter le pays pour aller chercher une éducation ou une couverture sociale plus complète pour leurs enfants.
Elles contribueraient ainsi à la création de richesse dans les pays d'origine réduisant d'autant l'immigration qui occupe tant de place dans les décisions des démocraties d'Europe et d'ailleurs ces derniers temps.


FL : Avez vous le sentiment d'être le « gardien » de cet esprit ?
MA : Le gardien non, l'un d'entre eux oui ! !


Beyrouth,11 16 2002
Yann Rotil
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