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Les militaires et l'économie : Pourquoi les pays du Maghreb se tournent toujours le dos?

· Des «élites sclérosées»
· Les conséquences de l'idéo-logie isolationniste
· Les conflits internes demeurent par des mauvais choix économiques


Pourquoi les pays du Maghreb ont-ils toujours échoué à se réunir? traitée sous toutes les coutures. Les raisons de l'échec de l'UMA depuis sa création officielle (plus d'une quinzaine d'années) sont elles aussi tristement notoires.

Le legs de la colonisation n'est assurément pas l'unique explication à l'incapacité de ces pays à s'ouvrir l'un sur l'autre. Et quoi qu'il en soit, la colonisation n'est que la “conséquence d'une situation de faiblesse” pour reprendre les termes de Abdelmounaïm Dilami, professeur de droit et de stratégie.

Les conflits militaires et les choix économiques postindépendance du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie ont donné lieu à des positions fermées sur le voisinage. “Les trois principaux pays du Maghreb ont commencé à parler de leur union avant même leur indépendance respective. Mais en moins de cinquante ans, les relations intramaghrébines ont été très troublées: une guerre ouverte, la Guerre des Sables entre l'Algérie et le Maroc, des escarmouches récurrentes, des frontières fermées et 26 ans d'un conflit interminable, le Sahara qui sert de catharsis”, explique Dilami, enseignant au Centre d'études et de recherches stratégiques de Kénitra, lors de son intervention au Congrès international d'histoire militaire.

Conséquence, au commencement du troisième millénaire: ces pays doivent encore travailler pour se rapprocher, homogénéiser leurs marchés et étoffer leurs échanges, ne serait-ce que dans un cadre régional euro-méditerranéen. Le Maroc a déjà fait le choix de l'ouverture, la Tunisie est sur la voie et l'Algérie traîne toujours.

Dans le cas de ces pays, les conflits militaires ont conditionné des choix économiques ne servant pas la cause de l'unité maghrébine. Quant aux choix économiques postindépendance, ils se sont concentrés sur la substitution aux importations (allant jusqu'à «l'industrie industrialisante» pour le cas de l'Algérie). Le but étant de développer la production locale, notamment en contrôlant. Cette stratégie a favorisé la naissance d'une caste “bénéficiant de la rente de l'importateur”. Cette caste, explique le Pr Dilami, développe une idéologie très particulière, avec une coloration fortement nationaliste, alors qu'en réalité, l'idéologie est isolationniste. Elle a des ramifications dans le système productif local: “les importateurs dans le domaine du textile sont les mêmes qui créent des usines de textile: ils ont investi le produit de la rente d'importation”. Cette caste, qui aurait pu jouer son rôle d'élite, défendait des intérêts personnels incompatibles avec l'ouverture. “C'est ainsi que les trois pays, qui avaient parlé de rapprochement économique dès avant leur indépendance, se trouvent, vingt ans plus tard, organisés de manière à se tourner le dos”. La protection douanière et réglementaire garantissait la rentabilité de ces activités hyperprotégées.

Si le tissu économique est financièrement rentable, il ne fait qu'entretenir une bourgeoisie aisée. Pis, ce système, qui se vouait à protéger l'économie nationale n'a fait qu'encourager la contrebande, la mauvaise qualité des produits et des services et creuser les déficits du commerce extérieur.

Les rapports internationaux ne cessent d'ailleurs de dévoiler la baisse de compétitivité de la région par rapport à l'Asie ou encore l'Amérique latine. Ces pays ont certainement fait des choix d'ouverture (comme le Maroc) ou sont contraints de le faire. Mais l'horizon économique principal demeure le marché de l'Europe ou de l'Occident dans son sens commun.

La bonne volonté affichée dernièrement par le Maroc envers l'Algérie, les messages de Bouteflika pour SM le Roi Mohammed VI laissent espérer une détente des relations et peut-être un premier pas vers cette unification, irréalisable sans la résolution du conflit du Sahara. Mais des observateurs, sceptiques, estiment qu'il en faut un peu plus et que cette situation de détente à un arrière-goût de déjà-vu. Au fond, l'Algérie tout comme la Tunisie doivent non seulement afficher une bonne volonté politique, mais réorganiser leur structure commerciale.

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"Se renouveler peu et mal"

Si le Maroc, la Tunisie et l'Algérie ont tant de difficultés à se réunir, c'est surtout parce qu'une petite partie de la société, en l'occurrence, une caste qui a bénéficié des privilèges postindépendance, a joué le rôle d'une élite, ou plutôt, s'est approprié l'habit de l'élite. Aujourd'hui, ces élites ont du mal à trouver légitimité. Elles “se renouvellent peu et mal: les hommes politiques en place aujourd'hui étaient, pour la plupart, déjà au pouvoir ou avaient un rôle majeur dans l'opposition, il y a trente ans, c'est-à-dire avant que la majorité des Maghrébins ne soit née”, explique le Pr Dilami. Il ajoute que les politiques économiques suivies au Maghreb ont constitué des classes politiques peu ouvertes sur le monde, hésitantes devant les transformations, isolées de leur environnement local, que souvent elles méprisent.

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L'exception marocaine

LE Royaume du Maroc a fait un choix d'ouverture plus tôt que ses voisins. Pour cela, il fait figure d'exception dans la région du Maghreb. Seulement, ce choix n'est pas délibéré, mais c'est bien parce qu'il a vécu un crash financier en 1983. Selon Abdelmounaïm Dilami, c'est la faillite du système de substitution aux importations qui est à l'origine de celle de l'Etat marocain. Le protectionnisme a induit une mauvaise allocation des ressources nationales: elles vont aux activités protégées et fuient les secteurs exposés à la concurrence. Résultat: le tissu économique est de plus en plus coûteux, de moins en moins capable de recueillir des devises sur le marché mondial. Et sur le marché intérieur, les produits sont chers, de qualité médiocre et entretiennent une grande pauvreté.

Le pays se retrouve en 1983 incapable de financer ses importations et l'Etat plonge dans une profonde crise financière. C'est le début de l'ajustement structurel destiné à réorganiser l'allocation des ressources selon des critères de rentabilité. Le Maroc entre dans l'espace du GATT en 1986.

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Pas mal d'étoiles…

LE Maroc a convié à ce congrès international d'histoire militaire quatre pays arabes et africains. Les Emirats arabes unis, la Jordanie, le Sénégal et la Tunisie ont été invités sur proposition de la Commission marocaine d'histoire militaire. La Jordanie est représentée par deux généraux (le général Mohamed Majed Al Aitane, le général Abdellah Abdelkader El Matar), un colonel et un commandant, les Emirats arabes unis par un colonel, un lieutenant, et un docteur, le Sénégal par un colonel et un capitaine et la Tunisie par un colonel et un professeur. Les militaires venus de Corée sont très attendus: leur conférencier doit expliquer comment leur pays s'est si vite développé alors qu'il était en alerte permanente.

Casablanca,08 09 2004
Rédaction
L'Economiste
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