Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

Banques : Forte présence française en Afrique du Nord

· Une étude de Standard & Poor's fait état de leur implication dans le système
· Seule la Libye y échappe

La présence des banques françaises dans les pays de l'Afrique du Nord tend à se renforcer de plus en plus. «Plusieurs décennies après la décolonisation, la présence des établissements hexagonaux est très importante en Algérie, Tunisie, Maroc et Egypte, mais nulle en Libye», expliquent les experts de Standard & Poor's, dans une étude publiée lundi 26 juillet 2004.

L'agence de notation ajoute que même si ces marchés sont jugés difficiles à pénétrer, “ces banques se sont très bien débrouillées, allant même jusqu'à réduire la concurrence internationale à une peau de chagrin”. Au Maroc, la présence en force des banques françaises interpelle au plus haut point les autorités monétaires. Elle avait même provoqué un débat national, l'été dernier, avec l'éventualité de l'entrée de la Caisse d'épargne française dans le capital de la BMCE, à hauteur de 20%. Une participation qui avait été rejetée par les autorités marocaines. Ces dernières avaient justifié leur refus par le fait que le deal n'était pas équilibré. La Caisse d'épargne avait posé comme condition à son entrée dans le capital de nommer ses propres managers aux postes stratégiques de l'établissement, comme la gestion du risque, le contrôle de gestion et l'audit. Mais la véritable raison du refus des autorités monétaires reste, selon les analystes, une volonté de freiner la pénétration de capitaux étrangers et plus particulièrement français, dans le système bancaire marocain. Ce dernier reste, somme toute, un secteur névralgique de l'économie nationale. “Si cette opération s'était concrétisée, les banques françaises auraient alors détenu plus de 40% des actifs du secteur bancaire”, explique un banquier de la place. BNP Paribas possède, en effet, 63,12% de la BMCI, la Société Générale France détient plus de la moitié du capital de la Société Générale Marocaine de Banque, le Crédit Lyonnais contrôle 51% du capital du Crédit du Maroc, sans oublier le récent partenariat entre le CIC et la BMCE.

Dans le cas de nouvelles prises de participations dans le capital des banques nationales par de nouveaux majors français, poursuit ce banquier, «nous les aurons pour seuls interlocuteurs. Le schéma ainsi imaginé peut, s'il vient à se réaliser, fragiliser les rapports de force qui existent au sein du système bancaire marocain et qui préservent son équilibre», notent les rédacteurs du rapport. Et d'ajouter que «les autorités de tutelle doivent, cette fois-ci, y réfléchir à deux fois avant d'autoriser telle ou telle opération. Nous n'aurons plus en face des petites fusions qui s'opéraient dans le temps par l'absorption des petites représentations étrangères ou des entités publiques à bout de souffle, les schémas qui s'annoncent doivent répondre non seulement à une stratégie bien mûrie mais aussi à une démarche claire et transparente».

«Le rapprochement entre BCM et Wafabank fin 2003 est d'ailleurs une manière de contrer cette présence», rétorque un autre banquier. Toutefois, moins d'un an après, le ministère des Finances donne un avis favorable à un partenariat entre la BMCE et le CIC (cf. www.leconomiste.com). Les analystes expliquent qu'il ne s'agit en fait que de 10%, ce qui ne prête pas à conséquence. Les deux partenaires ont d'ailleurs écarté toute possibilité de renforcement à l'avenir. En tout cas, «les perspectives du secteur bancaire marocain semblent relativement stables pour l'avenir», est-il indiqué auprès de l'agence de notation dans une étude sur les potentialités du secteur. Ce scénario optimiste est, toutefois, conditionné par l'amélioration de l'environnement économique, la compétitivité des entreprises et la réglementation bancaire. C'est cet effort de réforme à consacrer sur le moyen terme qui sera le facteur déterminant à garantir la solvabilité des banques», soulignent les experts.

L'organisation financière du système, l'environnement légal et juridique et la réglementation prudentielle doivent en effet être réformés. «Cela est capital car les banques fonctionnent dans une économie volatile, qui dépend des performances cycliques du secteur agricole». Ce dernier représente, en effet, 14,3% du PIB en 2002 et emploie plus de 25% de la main-d'œuvre. Le Crédit Agricole est la banque la plus exposée à cette tendance.

«Le pays souffre également d'une faiblesse de l'épargne et des rigidités du travail, qui créent des risques additionnels pour les banques». En outre, l'inflation et les taux d'intérêt exercent toujours une forte pression sur la rentabilité. Pour faire face à la baisse des marges, dans un contexte de montée de la concurrence, des établissements se développent sur de nouvelles activités. Comme constaté dans d'autres pays, les analystes relèvent que «l'inadaptation entre cette croissance des activités et les systèmes de contrôle des risques est source de problèmes, qui ne se déclareront qu'ultérieurement, lors d'une crise économique».

Ce comportement est favorisé par le niveau de liquidité des banques privées, qui profitent de dépôts bon marché. Les MRE en sont à l'origine à hauteur de 25%. Mais cette dépendance est dangereuse, puisque n'importe quelle variation radicale dans les tendances d'outre-mer de dépôt de liquidités représenterait une menace importante pour le secteur bancaire. Globalement, la rentabilité bancaire demeure faible, avec un retour sur fonds propres en moyenne de 7% en 2002.

Prises à part, les banques privées affichent une moyenne de 11 à 13% sur les quatre dernières années. Elles tirent bénéfice des marges élevées et du faible coût du travail. Les analystes de S&P concluent que les banques privées ont des atouts pour assurer leur croissance. Elles ont des actionnaires ou partenaires de renom pour assurer le transfert de technologie et de savoir-faire. Les marges sont relativement importantes, ce qui préserve leur situation financière. Elles disposent également de liquidités suffisantes et d'une gamme de produits et services à diversifier. Bien que le pays est sous-bancarisé, le secteur devient plus concurrentiel car ses acteurs se battent pour attirer les mêmes groupes (cela peut contribuer à favoriser les concentrations). Mais les banques qui pourront diversifier leurs activités, tout en maîtrisant les risques et les coûts qui y sont associés, seront les championnes de demain.

--------------------------------------------------------------------------------

Marocanisation

En Tunisie, la présence des banques françaises est aussi prononcée, si ce n'est un peu plus. On note la participation de BNP Paribas, du Crédit Lyonnais, la Société Marseillaise de Crédit et de la Banque Transatlantique. Quant à l'Algérie, sur les 22 banques, 10 sont étrangères dont 3 françaises (Natexis, Société Générale et BNP Paribas).
Au lendemain de l'Indépendance, les pouvoirs publics de ces pays s'étaient mobilisés pour pallier l'inefficience évidente du système bancaire et en assurer la refonte totale. Constitué pour l'essentiel de banques privées de droit français échappant au contrôle des autorités locales, le système bancaire devait être progressivement tunisifié, marocanisé ou algérisé par la mise en place notamment de banques centrales et la création des banques publiques. Cela entrait dans le cadre d'un vaste mouvement d'installation d'établissements de crédit métropolitains, avec la volonté bien arrêtée d'éliminer progressivement les banques françaises.

Casablanca,08 09 2004
Fedoua Tenassi
L'Economiste
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |