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Céramique : Haro sur le dumping

· La suppression des prix de référence a ouvert la porte à la concurrence
· Un secteur ravagé par la sous-facturation
· Les coûts de production au Maroc 40 fois plus chers qu’en Egypte


Ce professionnel des matériaux de construction se creuse les méninges. L’usine qu’il a construite pour produire de la céramique perd depuis un certain temps du terrain. Il cherche aujourd’hui difficilement une solution de rechange.

Ils sont plusieurs producteurs nationaux à avoir beaucoup investi pour faire face au raz-de-marée chinois, turc ou espagnol. Rien qu’en 2002, plus de 500 millions de DH ont été investis et 500 emplois créés, estime la Fédération des industries des matériaux de construction (FMC).

“Ceux qui ont investi dans l’extension des chaînes de production et dans la qualité l’ont fait trop tard”, estime un professionnel. Ils ont été pris de court par des produits de qualité et à des prix très bas. La plupart se trouvent dans une situation de sureffectif avec tout ce que cela engendre comme problèmes sociaux.

Les professionnels se plaignent toujours des méfaits de la suppression du prix-plancher en 2002 et l’entrée en vigueur du démantèlement douanier des accords de libre-échange avec l’Europe. Durant cette même période, les importations étrangères ont doublé, passant de 5,5 millions à 11 millions de m2 de carreaux et 2.750 tonnes de céramique. Ce qui représente environ 30% de la capacité de production locale. Un observateur prenant en compte les quantités non déclarées, estime ce chiffre à la hausse.

Lors de nombreuses rencontres avec la direction générale des Douanes, les représentants de la Fédération ont mis en exergue les conséquences de la suppression du prix de référence pour les producteurs nationaux. Ces rencontres n’ont pas eu de suites satisfaisantes. Entre-temps, la contrebande s’intensifie et fait rage. L’importation se faisant à travers plusieurs ports, le contrôle devient très difficile. Les professionnels marocains exigent aujourd’hui la centralisation de l’importation des produits de la céramique au niveau d’un seul port. Moyen de resserrer l’étau autour de la contrebande.

Pour David Toledano, vice-président de la FMC, “depuis la suppression du prix de référence, le comportement du marché a complètement changé. Il s’est tourné vers l’extérieur”. Toledano pointe du doigt les quantités énormes achetées en sous-facturation. Selon un communiqué de la FMC, “les valeurs déclarées sont comprises entre 0,5 et 1,5 euro le m2 (carreaux), 0,6 euro le kg (sanitaire) et 0,35 euro le kg pour la vaisselle”. La seule usine de vaisselle se trouvant au Maroc a vu sa production passer de 7 tonnes par jour à 500 kg. “Elle est en train d’agoniser au même titre que les fabriquants de carreaux ou de sanitaire”, estime un professionnel. Un industriel, quant à lui, parle de “dizaines de camions venant d’Algérie et qui livrent jusqu’à Fès et Meknès”.

A tous ces problèmes, s’ajoute un marché marocain basé sur le prix, le segment de qualité ne représentant que 15%. “Nous ne pouvons rien faire contre des prix marginaux ou falsifiés et qui inondent le marché”, déplore un professionnel. Certes, en 10 ans, les prix des produits fabriqués localement ont baissé de 30%, sachant que les coûts de production sont restés pratiquement les mêmes. Ce qui n’est pas le cas des concurrents étrangers. Les Turcs profitant de coûts encourageants de la matière première, font frémir les locaux. “Il y a même des prescripteurs qui lors d’appels d’offres exigent le produit turc au grand dam de l’industrie locale”, se plaint un professionnel. Outre la menace chinoise, une importante étude réalisée par un cabinet italien et rendue publique en juillet 2003 affirme que “les vrais dangers viennent surtout des pays proches, où la production est supérieure à la demande (Portugal, Espagne, Italie…) ou encore des pays comme l’Egypte, la Turquie et la Tunisie”.

Les coûts de production plombent donc l’industrie locale, particulièrement le coût de l’énergie. En effet, “le Maroc est le seul pays qui utilise le propane dans la Méditerranée et, l’énergie coûte quatre fois plus cher qu’en Italie et quarante fois plus cher qu’en Egypte”, estime l’étude. Et d’ajouter que “si au Maroc, le coût de l’énergie thermique dans l’industrie céramique était semblable à celui des pays compétiteurs, même les plus chers, on obtiendrait une économie de 7 à 8 DH par m2 sur le prix de revient”.

En général, le coût de l’énergie thermique est à hauteur de 30% du coût de fabrication.

Les rédacteurs de l’étude proposent “l’utilisation d’une partie du butane (moins cher et subventionné), qui, mélangé au propane, permet de réduire les coûts”. Une proposition qui rejoint parfaitement la revendication des professionnels.

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L’avocat du pauvre

La demande locale en céramique et sanitaire n’est pas assez stimulée. Alors que le secteur du bâtiment, surtout le segment économique, est promu à une constante évolution, les industriels des matériaux de construction ne voient pourtant pas venir l’embellie. “Le ministère de l’Habitat n’est pas exigeant à l’égard des promoteurs immobiliers qui font trop d’économies sur le carrelage ou la robinetterie”, estime un responsable de la FMC. Sur ce registre, les professionnels se font l’avocat du pauvre.

La plupart revendiquent un minimum de confort et d’hygiène pour les populations recasées. Ce qui à leurs yeux est loin d’être le souci des promoteurs immobiliers. Encore moins de l’Etat. Au Maroc, “la valeur par habitant est la plus basse des pays concurrents”, estime une étude.

Casablanca,06 28 2004
Mostafa Bentak
L'Economiste
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