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Le World economic forum à Amman - Peut-on réduire les risques pour développer le business ?

· Le Maroc bien placé pour l’eau, mal placé pour la fiscalité
· Attention à l’information, classée 3e risque!


«Démocratie! Démocratie! vous n’avez que ce mot à la bouche, mais regardez mon pays et ce que ça a donné la démocratie». Est-ce un homme d’affaires ou un homme politique?

Toujours est-il que cet Algérien refuse mordicus que la démocratie soit inscrite comme un facteur de stabilité, capable de réduire les risques du business.

Le World economic forum (WEF) réuni à Amman, les 15, 16 et 17 mai dernier, avait prévu un séminaire spécifique sur les risques dans les affaires. Difficile de tenir la concurrence des deux autres grands séminaires en parallèle (Irak d’un côté, et Monde arabe-Israël, de l’autre), où les enjeux politiques et économiques sont colossaux.

Pourtant, le «petit séminaire» sur les risques s’en est bien sorti: Il y a là une cinquantaine de personnes, des hommes d’affaires de très haut vol (qui, pour la plupart, n’auraient pas besoin de badges tant leurs photographies sont présentes dans les journaux économiques), des ministres des finances ou du commerce, un Premier ministre, un vice-Premier ministre, le patron d’une ONG très puissante, un ou deux militaires (en civil), deux professeurs…

· Où sont les «champions» marocains?

Par nationalités, les Jordaniens sont évidemment nombreux, mais moins que les Suisses, les Iraniens ou les Syriens. Il y a aussi des Américains, peu de Français, mais pas mal d’Anglais et beaucoup d’Emiratis, dont le niveau d’intervention se révèlera impressionnant, et des Indiens, dont un deviendra vite un chef de groupe remarquable… Les Turcs sont toujours aussi présents, toujours aussi bien organisés. Et trois femmes seulement, dont une «bâchée» de noir et gantée. Personne du Maroc (à part l’auteur de ces lignes), où pourtant on parle de ces «champions économiques» qui devront soutenir le développement. La règle du WEF est de ne pas citer directement l’auteur des propos tenus dans l’enceinte des séminaires.

Sujet: En 3 heures, trouver et classer les risques majeurs qui affectent les affaires et les recettes pour réduire ces risques. Donc avant de se séparer en trois groupes distincts (cf. les encadrés ci-dessous), tout le monde doit lister les risques.

Le premier risque, c’est l’eau. Accord unanime, sur cela: par les fenêtres, on voit un bout de la Mer morte, toute molle à force d’être évaporée, cernée par des montagnes totalement pelées. Et cela fait plaisir de pouvoir dire que le Maroc a eu une politique de mobilisation de l’eau qui lui permet de voir venir jusqu’en 2020/2025, alors que les autres pays arabes sont déjà sous stress hydrique.

Deuxième risque, les pandémies. C’est un Suisse qui fait passer l’idée, mais pas celui qui travaille dans un laboratoire. Les pandémies font disparaître le business du jour au lendemain, “d’un claquement de doigts”. Tout le monde approuve, mais l’OMS répond assez bien et après que la Chine ait appris la leçon de la transparence… cela devrait être moins grave. “N’empêche qu’il y a le sida en Afrique et la Coupe du monde qui sera en Afrique du Sud…”. Ces séminaristes, eux, auraient plutôt voté pour le Maroc.

Troisième risque: l’information. Oui, vous avez bien lu l’information. Ce sont surtout les Emiratis qui montent au créneau sur ce point. Sur le moment, un Syrien comprend qu’il s’agit seulement d’image de marque du pays: les médias rapportent mal de ce qui se passe et cela donne une mauvaise image de marque. Non, c’est plus sophistiqué que cela. Dans l’idée de cet homme vêtu de son costume traditionnel. “Les risques dus à l’information portent aussi sur la formation”, explique l’Emirati. La mauvaise information fait perdre des opportunités d’affaires, certes, mais aussi rend très difficile le business pour les hommes d’affaires locaux, et surtout fait perdre les repères de tout le monde.

L’intervenant conteste que la mauvaise information soit le résultat de la libéralisation politique du monde arabe, mais il insiste pour que la mauvaise information soit portée comme un risque important parce “qu’elle fait baisser le niveau de compétence dans les pays arabes en brouillant tout; elle rend les entrepreneurs hésitants et elle donne l’impression qu’il n’y a pas de ligne politique, que seule l’émotion guide les décisions… c’est très mauvais pour les affaires”. Un Algérien dit qu’il reconnaît son pays dans cette description, mais deux autres Emiratis sourient: “Nous pensions plutôt aux dégâts d’Al Jazeera…”

Quatrième risque, le non-droit. En fait, ce fut le premier dans l’ordre chronologique des citations, puis il a été rétrogradé après discussion. Les patrons de multinationale soulignent ce risque, mais ce sont les businessmen locaux qui le détaillent avec le plus de pertinence. Le non-droit touche presque aux risques issus de la mauvaise information, puisqu’il est défini par deux points: l’existence des canaux parallèles ou occultes de décisions et l’existence de la corruption. Le respect de la règle de droit est reconnu par presque tout le monde comme une nouveauté dont l’apprentissage sera encore long dans cette région.

Une petite controverse s’engage: peut-on raisonnablement exiger la stabilité et le respect de la règle de droit, quand on demande en même temps des réformes légales et fiscales?

Cinquième risque: les taxes et la fiscalité. Le patron d’une ONG qui s’occupe exclusivement de réfléchir sur la fiscalité (oui, oui, ça existe!) bondit de son fauteuil comme un diable de sa boîte, en entendant prononcer le mot “fiscalité” à propos des règles de droit.

Pour lui, les règles fiscales sont votées écrites en bonne et due forme, mais dans la région, les gouvernements n’en tiennent pas compte et leurs représentants font ce qu’ils veulent. Une dame approuve vivement et dit qu’en Algérie, personne n’a voulu lui communiquer le montant des droits de douanes, pas même l’associé local que son entreprise a été obligée d’accepter. Soudain dans le fond de la salle, le mot “Morrocco” s’envole: sans micro, quelqu’un semble avoir dit que le gouvernement marocain changeait les règles fiscales pour les banques et les assurances. Qui et à propos de quoi exactement? Trop tard, trop loin…

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Bush, la démocratie et le terrorisme

La démocratisation est-elle un facteur de réduction de risque? La grande majorité des séminaristes approuvent, sauf l’Algérien cité plus haut. En principe, les systèmes démocratiques sont moins sujets à foucades et à caprices que les régimes autoritaires, très personnalisés.

Mais ce n’est pas une règle absolue: «On peut très bien avoir un bon deal à long terme avec un mauvais régime», fait remarquer un entrepreneur du Sud-Est asiatique.

Un Indien, celui qui est spontanément devenu l’arbitre des discussions un peu trop chaudes et qui a aussi le don de relancer les conversations qui languissent, arrête tout le monde: «Avant de conclure, je veux dire absolument quelque chose de grave: Bush a envahi l’Irak, il y a maintenant 10 millions de chômeurs dans ce pays; Combien de temps faut-il pour recréer 10 millions d’emplois?» Il marque soigneusement une pause, le temps que nous prenions bien la mesure du phénomène. «Si seulement 1% de ces chômeurs deviennent terroristes, ce qui est une proportion raisonnable…». Il laisse sa phrase en suspens et quand tout le monde a fait le calcul dans sa tête, il termine son raisonnement: «il y a un risque-Bush». Personne ne l’a contredit, ni désapprouvé de la tête.

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Le job des gouvernements

Le premier des objectifs d’un gouvernement dans la globalisation économique, c’est, à la fois, de montrer/démontrer ses capacités à gouverner et d’établir la confiance des populations en général et des entrepreneurs en particulier. Telle est la première conclusion du groupe de travail consacré aux pouvoirs publics dans cet atelier. Une conclusion qui sonne donc comme une recommandation.

Le deuxième point, c’est de ne pas changer les règles du jeu en cours de route, de manière à ce que les entrepreneurs, locaux et internationaux, puissent avoir un minimum de prédictibilité. C’est ce mot de prédictibilité que les participants ont préféré à celui de prévisibilité (en anglais la différence est plus importante qu’en français).

Du côté de la politique économique en général, le groupe pense que les gouvernements doivent «travailler à diversifier le tissu productif de manière à stabiliser l’économie», tout comme le groupe tient à souligner que les gouvernements doivent «let business people do business» (laisser les entrepreneurs entreprendre ou bien laisser les hommes d’affaires faire des affaires). Dans les pays arabes, indique le groupe de travail, il y a de nombreuses réformes économiques à faire, dans les domaines du commerce transfrontalier, du droit d’établissement des entreprises et des hommes et enfin dans la formation.

Le dernier point auquel le groupe tient est une «stratégie pro-active de transparence et d’information». Le rapporteur du groupe précise que ce n’est pas parce que ce point figure en dernière position, que c’est le moins important de tous. Au contraire, dit-il, les soucis d’information et de transparence doivent être présents partout.

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Recommandations pour les entreprises locales

Attention, dit le rapporteur de ce groupe qui s’est consacré à la manière de réduire les risques pour les entreprises locales, «les besoins changent d’un pays à l’autre». La diversité des nationalités présentes autour de la table de travail donne du poids à cet avertissement.

Le premier besoin identifié s’adresse d’abord aux entreprises locales elles-mêmes: elles doivent bien comprendre, comme les multinationales, que le changement est un processus long, qui ne donne pas des résultats tout de suite.

La deuxième recommandation concerne les relations avec les gouvernements. Ces relations ainsi que les négociations doivent «être conduites par les associations professionnelles, pas par des entreprises isolées. «On obtient plus et de manière plus pérenne dans une négociation au nom d’un groupe», souligne le rapporteur. Souvent, commente-t-il, les entreprises locales, surtout quand elles sont grandes, pensent qu’il est plus efficace de parler de leur problème en direct avec le gouvernement. Souvent, poursuit-il, le gouvernement est bien content de ne traiter qu’un problème circonstancié et individuel plutôt que d’avoir à travailler pour tout le monde. Mais il faut résister à cette tentation, recommande le groupe de travail. Les entreprises doivent s’impliquer dans la détermination de la politique économique et encore plus quand il s’agit de coordonner les différents aspects de cette politique. Trois pays sont explicitement donnés en exemple, la Jordanie, Dubaï et la Turquie, pour la place que les entreprises ont prise dans la définition de la stratégie économique, par-delà les changements politiques.

Dans ce processus, négociation sur les problèmes et participation à l’élaboration de la politique, les entreprises doivent toujours adopter la position qui encouragera et développera la concurrence et la compétition.

Enfin, les entreprises doivent investir du temps et de l’énergie pour mieux suivre les changements qui se produisent autour d’elles, les changements à l’intérieur de leur pays, comme les changements internationaux.

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La prudence des multinationales

Il se dit que les entreprises internationales sont les plus sujettes aux risques, que ce sont elles qui se montrent les plus méfiantes… Ce n’est pas tout à fait exact, du moins si l’on en croit la réflexion du groupe de travail qui s’est consacré à la gestion des risques chez les multinationales. Il est vrai que les multinationales présentes autour de la table étaient déjà implantées, y compris dans des pays réputés à risques; elles n’en sont que plus intéressantes à écouter, puisque justement elles ont su gérer les risques.

Pour survivre et se développer, les multinationales doivent établir des réseaux d’informations. Les points les plus utiles sont, d’après ce groupe de travail, les chambres de commerce internationales installées sur place, les associations et syndicats d’entrepreneurs locaux, sans oublier d’instaurer des échanges d’informations avec les implantations des autres multinationales.

Les multinationales doivent aussi établir des réseaux de confiance avec les médias sérieux et avec le gouvernement. Il faut bien surveiller l’environnement politique international et réagir très vite. Un participant résume ceci avec une boutade: « Tout va bien jusqu’au soir où Bush fait un commentaire et alors, en une seconde au journal télévisé, vous avez tout perdu de votre travail sur place». De bons réseaux locaux permettent d’atténuer ce risque. Il faut aussi bien regarder comment se font les success stories sur place. Mais il y a réseaux et réseaux, succès et succès: la corruption est un risque majeur dont les multinationales doivent se tenir éloignées, autant vis-à-vis du pays que vis-à-vis de l’extérieur, recommande le groupe.Il faut aussi bien regarder si la politique du gouvernement du pays d’accueil est plutôt favorable aux grandes entreprises ou bien si elle préfère les petites entreprises.

Enfin, dernier grand facteur de risques spécifiques aux multinationales: le financement international. A tout prendre, il vaut mieux un financement local, même s’il est un peu plus cher qu’un financement extérieur, recommande le groupe. En général, les politiques financières des Etats arabes sont prédictibles et souvent, elles sont même prévisibles.

Casablanca,06 07 2004
Nadia Salah
L'Economiste
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