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World Economic Forum à Amman - Les élites arabes ne plus où elles en sont

· Elles applaudissent des options contradictoires
· Le pouvoir revient au plus fort ou bien à celui qui a une vision


Les réformes! les réformes! les réformes!

D’un atelier à l’autre, d’un débat à l’autre, d’un discours à l’autre, il n’ y a que ce mot qui passe, au point qu’un participant (sans doute un musulman) venu d’Asie prend la parole dans une grande plénière pour expliquer qu’à son idée, le mot n’a plus de sens à force d’être partout agité, et nulle part défini ni par sa méthode, ni par ses ressorts: “C’est juste la dernière mode des pays arabes, cela n’a pas de contenu”.

Cependant, la salle ne sourit pas, ne s’indigne pas de cette critique sans fard et sans gants. Un peu avant, elle avait applaudi Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, qui réclamait des réformes, alors que tout le monde sait que le sommet de la Ligue avait échoué sur le sujet des réformes justement. La même salle avait aussi applaudi un des patrons d’Orascom, qui a dit que la seule réforme qui compte, ce n’est pas la démocratie, mais l’efficacité économique.

· Le monde est chaque jour plus différent

La même salle avait tout pareillement applaudi la représentante du PNUD qui avait affirmé exactement le contraire... Il est à peu près certain que les mêmes personnes ont applaudi avec la même conviction chacun de ces discours contradictoires.

Après tout, quelques jours après le 11 septembre 2001, il y avait une bonne partie de l’opinion publique marocaine qui se sentait tout à fait solidaire avec les Américains et trouvait en même temps que Ben Laden était un héros!Il ne faut pas en sourire car ces comportements contradictoires disent une seule et même chose: les élites arabes se sentent perdues.

Le monde est chaque jour plus différent de celui dans lequel elles croyaient agir et elles cherchent une vision, une détermination qui aurait dû venir de son sein mais qui n’arrive pas.

L’invasion américaine en Irak n’est qu’un catalyseur de ce tremblement de terre qui dépasse sans doute largement le choc qu’avait dû être la colonisation pour le Maghreb ou, pour les pays du Moyen-Orient, la déliquescence de l’empire ottoman. Il se racontait hier, dans les couloirs du WEF d’Amman, que Colin Powell aurait eu des mots durs pour certains de ses interlocuteurs, des ministres des Affaires étrangères arabes rencontrés lors du Forum: “Vous nous critiquez, mais vous que faites-vous? Rien!” Il n’a pas été possible de vérifier cette rumeur désobligeante auprès de Taïeb Fassi-Fihri, le seul diplomate marocain présent: il avait opportunément coupé son téléphone, ce qui n’est peut-être pas un bon signe, pour le pays qui, l’année dernière, avait été longuement cité en exemple pour ses réformes... Notons néanmoins pour être juste, que sur le chemin d’Amman, Williams Burns, de passage au Maroc, a félicité le Royaume comme un “leader des réformes au niveau arabe”. Il n’a pas répété ses propos dans les séances, au cours du Forum.

En fait, les élites arabes, parce qu’elles se sentent perdues, sont peut-être prêtes pour toutes sortes d’aventures... et de mésaventures.

· “Déjà mort mais il ne s’en est pas encore aperçu!”

De façon inattendue, c’est un intellectuel iranien bon teint et plutôt bien en cour à Téhéran qui fait ce commentaire. Incidemment, la remarque veut aussi dire que les stratèges de son pays ont fait un calcul similaire au sien. Téhéran pense que son heure est en train de revenir sur la scène de la région, à moins que ce ne soit plus largement sur la scène musulmane. Moktadar El Sadr, en Irak, est-il le signe d’une de ces aventures mésaventures? “Pas du tout, c’est un sniper (franc-tireur) déjà mort mais qui ne s’en est pas encore aperçu, il n’est même pas utile pour une partition avantageuse”. Exit donc ce changement-là, du moins sur le moyen et long termes. Mais arrive sur la scène une évidence régionale, acquise pour la plupart de voisins (sauf pour la Turquie, moins présente que d’habitude à Amman): le découpage ou le dépeçage de l’Irak. Pour les élites de la région, c’est le sens unique du discours de Powell, la veille, sur la sécurité régionale. Mais elles n’ont strictement rien à proposer d’autre.

Dans la région, les Etats-Unis ne se contenteront pas de cela. Il faudra montrer patte blanche sur le chapitre des réformes, personne n’y échappera, pas même l’élégant Prince Turki d’Arabie saoudite, dont les paroles prennent des accents de révolutionnaires des années... 60! Reste juste à savoir quelles sortes de réformes... C’est un Egyptien rieur qui répond à la question de savoir quelle réforme sera la bonne: “Cela n’a pas d’importance, la bonne réforme sera celle qui s’appliquera parce que quelqu’un d’audacieux va oser proposer une vision, que les gens vont le comprendre et appliquer ce qu’il aura dit... et c’est tout”.

Casablanca,06 07 2004
Nadia Salah
L'Economiste
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