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Enron, WorldCom' On a poussé le curseur trop loin

Michel Tudel, président de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes.

Tous les acteurs de la chaîne financière doivent faire leur argionamento.
Si l'on veut que les auditeurs aillent plus loin, il faudra libérer les avocats de l'obligation du secret professionnel.
Les analystes financiers doivent se séparer des banques commerciales: il y a trop de conflits d'intérêt.

L'Economiste: La mise en cause de la profession comptable et d'audit dans les scandales financiers aux Etats-Unis va-t-elle lui imposer de nouvelles manières de travailler ou d'approcher sa mission?
- Michel Tudel:
Je crois que cela ne fera pas évoluer les méthodes de travail qui sont, elles, des diligences communes. En revanche, les comportements professionnels vont sans doute évoluer d'autant plus que cette nouvelle orientation, si elle présente un certain nombre d'avantages, il faudra aller plus loin, notamment en matière de transversalité de l'information et en permettant aux tiers d'avoir un rapport sur la manière dont les commissaires aux comptes travaillent, sur le contrôle qualité, sur les sanctions des déviations...
Il faut d'autant plus ouvrir la profession aux tiers car cela va inspirer la confiance. Le public doit être informé sur le fonctionnement, l'application des normes, les différents contrôles, la formation des commissaires aux comptes, etc. C'est ce que nous avions initié en France dans le cadre d'un engagement de progrès mis en place par la profession. Là aussi, nous avançons plus avec le co-commissariat aux comptes, qui est une spécialité française et qui est de nature à assurer les marchés. Il y a aussi l'interdiction faite aux réseaux multidisciplinaires de ne pas intervenir en conseil chez un client dont ils assurent le commissariat aux comptes. On ne peut plus aujourd'hui émettre une opinion sur ce qu'on a soi-même fait, d'être juge et parti.


On exige des commissaires aux comptes d'être non seulement indépendants dans les faits mais aussi dans l'apparence. Jusqu'où cela peut-il aller ?
- En France, nous avons fait un engagement de progrès dans la foulée du rapport Bouton sur le gouvernement des entreprises. L'intervention du commissaire aux comptes ne suffit peut-être pas. Il faut plus de transparence via d'autres structures -comité d'audit, comité des comptes ou une représentation des actionnaires minoritaires dans les conseils d'administration, etc.
L'Association des actionnaires minoritaires va également publier un engagement de progrès d'ici la fin de l'année. J'aurai tendance à dire que j'attends des analystes financiers qu'ils fassent la même chose. Et les banquiers aussi. C'est important, j'insiste, les commissaires aux comptes ne suffiront pas à eux seuls à sécuriser à 100% l'information financière. En fait, si un commissaire aux comptes estime que les comptes de telle société ne sont pas réguliers et que pour la même entreprise, un analyste financier certifie que tout cela n'est pas très grave et recommande l'achat du titre car la société serait sur une pente de croissance, le message est brouillé.
La séparation des analystes financiers des banques commerciales me paraît d'une extrême urgence. Eux aussi, sont en permanence en conflit d'intérêt. Il faut que tous les acteurs de la chaîne de la sécurité de l'information financière fassent leur argionamento afin d'aller vers plus de transparence et de transversalité. Il ne faut pas oublier qu'au milieu de ce jeu, il y a nos amis avocats pour lesquels j'ai beaucoup de respect, mais qui, lorsqu'il s'agit de communiquer une information sur une entreprise, se retranchent derrière le secret professionnel. Forcément, quand il y a un banquier, un auditeur, un normalisateur et un avocat autour d'une table, si ce dernier se retire, l'information devient biaisée. Les avocats ont toujours une information que vous ne retrouvez pas dans les comptes de l'entreprise et qui peut avoir un gros impact sur la situation financière.


La pression d'un gros client n'est-elle pas une menace pour l'indépendance des auditeurs? Jean-Marie Messier s'en était pris au chef de la doctrine comptable chez un des cabinets d'audit de Vivendi pour avoir désavoué le montage comptable de déconsolidation de la participation dans BSky-B.
- Sur le cabinet en question, il y a une vraie problématique aujourd'hui entre associés. Ce que je retiens de cette affaire, c'est que le mécanisme de sécurité a bien fonctionné.
Qu'ensuite au niveau des associés, il y ait des dissensions pour des questions de génération portées sur la place publique via la presse -même si cela ne me semble pas la meilleure façon de régler ce problème- cela est tout à fait normal. Au final, dans le dossier que vous soulevez, les comptes ont été présentés comme ils devraient l'être. Il n'y a pas eu d'irrégularités. Et c'est le plus important.


Que faut-il faire pour rassurer les utilisateurs de l'information financière ? Le modèle de séparation absolue de l'audit et du conseil vous paraît-il inéluctable ?
- J'en suis convaincu. A très court terme, ce modèle va s'imposer de lui-même. Même les Etats-Unis d'où était partie la pluridisciplinarité des cabinets d'audit, l'ont abandonné en votant une loi spécifique (Sarbanes-Oxley). En France, le problème ne se pose pas car la séparation entre l'audit et le conseil existait déjà. Je vous fais remarquer aussi que les grands réseaux d'audit se sont séparés tous de leur pôle Conseil. Sur le terrain, il est clair que cette séparation va s'opérer. Par le passé, ce modèle était très critiqué au motif qu'il était en retrait car la doctrine du 'guichet unique' répondait aux besoins des entreprises et du marché; on s'aperçoit aujourd'hui que ça devient l'inverse.
Peut-être que de façon hâtive, on a mis l'entreprise au service du marché alors que tout ce que j'ai appris en économie est qu'en général, c'est le marché qui est au service de l'entreprise. Nous venons de vivre dix ans dans le sens inverse. On nous expliquait que du moment où le marché était demandeur, il fallait y répondre. Finalement, on s'est aperçu qu'il y a une limite au-delà de laquelle ce postulat ne fonctionne plus. Le marché sera toujours demandeur des services pluridisciplinaires, mais les cabinets d'audit ne pourront plus faire tout. C'est le grand enseignement de cette crise.


Est-ce que tous ces 'accidents' comptables intervenus aux Etats-Unis peuvent pousser à accélérer le mouvement de convergence des référentiels comptables ?
- Je pense qu'ils vont plus qu'accélérer parce qu'on voit bien les Américains s'intéresser aux standards IAS et commencent à comprendre que les places financières qui vont drainer les capitaux sont celles qui parleront le même langage. Ils vont quand même avoir des difficultés à rester sur leur intransigeance. Pour eux, ce sera très important d'aller vers le langage international. J'en veux pour preuve la concession de la SEC sur la loi Sarbanes-Oxley. Le régulateur américain a accepté que les sociétés européennes soient exonérées du volet d'extraterritorialité de cette loi.

Casablanca,11 14 2002
Abashi SHAMAMBA
L'Economiste
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