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Le monde Arabe vit-il une seconde colonisation ?

Modérateur, M. Vincent HERVOUET :

Comment définiriez-vous le mot colonisation ?
Est-il un concept pertinent
pour désigner ce qui se passe actuellement ?


M. El-Sayed : Il y a une seule « hyperpuissance », mais celle-ci a besoin de l’apport du reste du monde. Par ailleurs, la relation entre les Etats-Unis et le monde arabe peut se définir comme un « néo-colonialisme du XXIe siècle ». L’imposition de la démocratie par la force des armes est contre-productive. Le monde arabe doit évoluer, mais cette imposition n’est pas le bon moyen pour accomplir cette évolution.

M. Barghouti : Il existe deux situations spécifiques de colonialisme à l’heure actuelle. La première est celle de Palestine, un nouveau système colonial de type apartheid. La seconde est l’Irak, où le risque de colonialisme s’accroîtra si les Etats-Unis ne retirent pas leurs troupes. Pour l’éviter, ils doivent céder l’administration à l’ONU.

M. Mathias : Le colonialisme apparaît avec l’usage de la puissance économique et politique pour dominer d’autres peuples. Il y a certainement des mouvements de résistance contre l’occupant. C’est une situation difficile à admettre, mais il y a une justification.

M. Encel : Il ne s’agit pas de colonisation. Le terme ne convient pas. Si c’était le cas, les américains seraient de mauvais colonialistes. Cette implantation forcée relève plutôt de l’impérialisme. En plus, la plupart des chefs d’Etat arabes seraient complices de cette « colonisation », car 15 des 22 membres de la Ligue Arabe sont militairement liés aux Etats-Unis. On constate que dès lors qu’une nation est favorisée, elle a la volonté d’étendre son modèle. Il n’y aurait donc pas de colonisation, sinon le mot perdrait son sens. Par contre, il y a une autre forme de colonialisme dans le tiers monde en général, qui est celle d’une domination économique ultralibérale.

M. Khan : On voit que les mots civilisation et colonisation sont employés à la légère. Les Etats-Unis ont occupé deux pays musulmans (l’Afghanistan et l’Irak), et indirectement de la Palestine. Avant le 11 septembre, les Etats-Unis étaient un « empire invisible ». Ben Laden lui a fait montrer ses « vrais couleurs ». On voit apparaître des limites à sa puissance, car il est contraint d’utiliser la force pour accomplir ses objectifs. Pour défendre la loi et les libertés, il doit les briser à son tour. Par ailleurs, la notion d’attaque « préventive » est contraire au droit international.

• Modérateur : L’ignorance de la culture relève-t-elle du colonialisme ? les images de la capture de Saddam Hussein ont-elles été un affront pour les arabes ?

M. Bauchard : Les images avaient des fins électorales. Elles ont créé un profond sentiment d’humiliation par la façon de les présenter, même parmi ceux qui ne soutenaient pas Saddam Hussein. Il faut faire attention à la force émotive des paroles et des images.

• Modérateur : La politique des Etats-Unis n’est pas seulement criminelle. Vous ne pensez pas que leur intervention apportera aussi du progrès ?

M. El-Sayed : Il ne faut pas se centrer sur le débat sémantique, mais plutôt pragmatique. La question est que les Etats-Unis ont complètement changé leurs discours et leur façon de faire par rapport à 1945, où ils prônaient le multilatéralisme. L’Irak n’a pas été libéré mais colonisé. On ne peut imposer la démocratie de l’extérieur. Elle ne pourra pas s’accomplir dans les conditions de l’occupation.

M. Khan : Aux Etats-Unis il y a plus de garanties démocratiques que partout ailleurs. La colonisation est un élément de l’histoire. Les américains ne vont pas voler le pétrole iraqien, il y aurait d’autres façons de le faire, avec la complaisance des iraqiens eux-mêmes. La vraie question est la position du monde par rapport à la puissance américaine. Il faudrait promouvoir des valeurs pour que l’ONU redevienne une puissance.

• Modérateur : Y a-t-il une logique d’empire ?

M. Encel : L’action des Etats-Unis est motivée par une géopolitique réaliste. Néanmoins, celle-ci biaise le débat. La souveraineté de l’Irak a été bafouée par la coalition. Dans la sphère du politique tout est critiquable. Il faut augmenter la force pour arrêter la force. L’un des moyens est d’augmenter l’organisation militaire de l’Europe.

M. Bauchard : Il y a une situation impériale qui est pire que la colonisation. L’empire cherche à imposer la démocratie de l’extérieur. Copier un modèle démocratique n’est pas positif.

• Modérateur : Est-ce que l’Europe peut défendre ses valeurs démocratiques ?

M. Mathias : Les liens avec la Palestine montrent que le rôle de l’Europe pourrait être plus important. Mais pour démocratiser, il faut se mettre d’accord avec les populations locales.

M. Barghouti : Il y a trop de confusion actuellement. Le monde arabe n’a pas relevé les défis de la modernité. Le problème de la connaissance et de la liberté de gouvernement subsiste. La réalité sur le terrain est l’absence de justice. Un clair exemple en est la Palestine. Le défi est de rétablir l’état de droit. Nous (les arabes) avons besoin de la démocratie pour nous, non pas pour les Etats-Unis. On ne doit pas accepter des doubles standards lorsqu’il s’agit de la justice et de la liberté.

M. Al-Said : La lutte contre le terrorisme n’est pas manichéenne. Il y a des valeurs à partager entre les peuples civilisés (démocratie, non-prolifération…), qui doivent être promus partout ailleurs. L’Europe doit arrêter la nostalgie des jours passés. Les européens perdront beaucoup en affrontant la politique américaine. Nous (les arabes) devrions avoir plus de démocratie, mais nous ne voulons pas les mêmes valeurs que les américains. Le choix d’un modèle doit être fait par le peuple, à l’intérieur de son propre pays, et non pas importé de l’extérieur. Nous rêvons d’un monde basé sur le respect des droits de l’homme. Nous avons besoin de vous (européens) pour nous aider.

Intervenants
Refaat AL-SAID, Secrétaire général du Parti du rassemblement égyptien
Denis BAUCHARD, Président de l’Institut du monde arabe
Muqtedar KHAN, Directeur des études internationales à l’Adrian College
Frédéric ENCEL, docteur en Géopolitique, spécialiste du Moyen-Orient
Leonardo MATHIAS, ancien Ambassadeur du Portugal à Paris
Mustapha BARGHOUTI, Président du Comité de secours médical palestinien
Aly MAHER EL-SAYED, ancien Ambassadeur d’Egypte, Secrétaire général de la Fondation de la pensée arabe



Paris,03 01 2004
Rédaction
Euromeda
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