Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

Le dollar : Leur monnaie, notre problème

CE week-end, le G7 a mis au point une stratégie pour tenter de freiner la baisse du dollar face à l'euro. Les marchés se montrent attentifs à ces mesures mais sans y adhérer encore.

Par-delà des petites pauses, la tendance fondamentale est bien celle d'une dégringolade du dollar. Le mouvement n'est pas circonstanciel, ni même conjoncturel. Il relève d'une lame de fond, comme nous avons pu en connaître à plusieurs reprises dans le passé.

Quand j'étais étudiant (il y a donc un certain temps…), j'entendais déjà parler des déficits américains, du billet vert -déjà présenté comme fournissant aux Etats-Unis un privilège majeur, celui de financer leurs déficits extérieurs dans leur monnaie, donc d'être en partie dégagés de la notion de contrainte extérieure- et des asymétries essentielles dans le système monétaire international.

· La reprise aggrave les déficits jumeaux

Si l'euro continue de monter, ce n'est pas parce que l'Europe va bien -loin de là! Cela tient aux déficits jumeaux américains (budgétaires et extérieurs), jugés depuis plus d'un an comme non soutenables à terme par les investisseurs internationaux.

Derrière les déficits, la dette. Les opérateurs du marché des changes sont fondés à s'interroger sur la viabilité ou la non-viabilité de l'accumulation des dettes internes et externes par les Etats-Unis. Ils ont, à juste titre, l'intuition que l'impressionnante reprise américaine va, à court terme, aggraver (au sens fort du terme) les déficits jumeaux. Car une croissance plus vive aux Etats-Unis qu'en Europe ou au Japon ne peut qu'accentuer le déficit courant américain, qui pourrait atteindre 600 milliards de dollars en 2004, soit près de 6% du PIB. Dans le même temps, même si la croissance américaine va être en 2004 autour de 4%, engendrant donc automatiquement plus de rentrées fiscales, on voit mal l'administration Bush resserrer la politique budgétaire et fiscale avant l'élection présidentielle de novembre. Le déficit budgétaire américain devrait en fait plutôt augmenter dans les mois qui viennent.

C'est pourquoi l'euro peut très facilement atteindre 1,35 dollar d'ici mars prochain.

· Que faire?

Pour la clarté du raisonnement, il faut distinguer ce qui pourrait très bientôt relever de l'urgence, de la perspective à moyen terme qu'il faut quand même avoir en tête.

Le temps nécessaire à la transition de Wim Duisenberg à Jean-Claude Trichet (l'ancien et l'actuel président de la Banque centrale européenne -BCE) se termine. Depuis le début février, la BCE peut, si elle le veut, sortir de la “neutralité” pratiquée depuis trois-quatre mois et prendre des initiatives. Lesquelles? Elle dispose de deux armes principales: la réduction de son taux directeur, des interventions coordonnées sur le marché des changes.

La réduction du taux directeur peut aider, plus d'ailleurs par son effet signal que par son impact purement mécanique. Si effectivement l'euro atteint rapidement 1,35/1,40 dollar, il ne faudra pas se priver de cette arme, même si, dans la configuration actuelle des anticipations, il n'y a pas à en attendre de miracle.

La chute du dollar conduit non seulement les investisseurs privés, mais aussi certaines banques centrales à redéployer leurs portefeuilles: ils augmentent la part de l'euro au détriment du dollar (et de quelques devises qui lui sont liées).

De leur côté, certains pays exportateurs de pétrole commencent à montrer de l'agacement, voire plus, à percevoir des recettes en dollar alors que sa valeur se déprécie. On voit bien, par ces exemples, en quoi le réajustement en cours des taux de change est susceptible d'avoir un impact sur le rôle international de l'euro, et de façon plus générale sur les parts de marché respectives du dollar, de l'euro, du yen, etc.

· Concertation avec le Japon?

Si certaines banques centrales (exemple, parmi d'autres, de la Banque centrale de Taïwan) se chargent plus en euros afin d'optimiser leur gestion de portefeuille, d'autres en revanche achètent plus de dollars afin de limiter sa chute. Je pense spécialement à la Banque du Japon, dont la part des réserves de change en dollars a augmenté significativement depuis la mi-2003.
Au point où nous en sommes, faut-il recommander des interventions de la BCE sur les marchés des changes?

Au niveau actuel de l'euro, ce serait prématuré. Car il ne faut pas gaspiller les quelques marges de manoeuvre disponibles. Les études économétriques et l'expérience confirment que pour être efficaces, les interventions des banques centrales doivent être coordonnées (condition nécessaire, mais pas suffisante). Le fait évoqué que la Banque du Japon achète massivement des dollars depuis l'été dernier pour freiner la montée du yen, combiné avec l'ancrage du yuan chinois au dollar, signifie que notre environnement essaie de faire supporter à la zone euro l'essentiel de l'ajustement à la baisse du dollar. Merci quand même! Heureusement pour nous, les interventions de la Banque du Japon n'empêchent pas la montée du yen, aussi parce qu'elles sont unilatérales.

C'est pourquoi, si la BCE veut intervenir en mars-avril pour enrayer l'ascension de l'euro, elle devra le faire en concertation avec la Banque du Japon. Pourrait-on compter sur l'appui de la Fed, la Federal Reserve américaine, élargissant ainsi le périmètre à l'essentiel du G7?

La Fed a bien prêté son concours à des interventions coordonnées à l'automne 2000, mais, à l'époque, elle y avait intérêt puisque l'euro était trop faible et le dollar trop élevé. Ne rêvons pas, et ne sous-estimons pas l'aspect “schizo” de l'attitude américaine à l'égard des taux de change: officiellement, en faveur d'un dollar fort, en fait, une grande satisfaction à trouver dans le réajustement actuel du marché des changes une source supplémentaire de compétitivité et de croissance. Ceci dit, il y aura sans doute un seuil (1,50 dollar pour un euro?) à partir duquel le jeu gagnants/perdants qui se déroule actuellement sous nos yeux deviendrait perdants/perdants, donc aussi pour les Etats-Unis.

En effet, au-delà de ce seuil, la dégringolade du dollar pèserait sur la croissance américaine -malgré le regain de compétitivité- par deux voies: le rebond de l'inflation domestique (via le coût des importations) et l'accélération de la remontée des taux longs (l'amorce de cette hausse à l'été 2003 donne déjà une indication intéressante…).

La BCE serait-elle prête, en cas de besoin, à pratiquer comme la Banque du Japon des interventions non stérilisées, c'est-à-dire à laisser gonfler amplement les liquidités dans la zone euro?

La BCE, jeune banque centrale, n'a pas une grande culture d'intervention, mais elle risque d'être confrontée plus tôt que prévu à ce type de dilemme. Sans oublier que les débats institutionnels n'ont pas totalement clarifié la répartition des compétences entre le pouvoir politique et le pouvoir monétaire (la BCE) à propos de la politique de change. Ce sera peut-être l'occasion d'y voir clair…

Casablanca,02 23 2004
Christian De Boissieu
L'Economiste
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |