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La parenthèse du privé... Dans l'espace Euromed

Le secteur privé n’avait pas – ou peu – droit au chapitre européen. Mais ceci est en train de changer. En fin de compte, puisque ce secteur “fait” l’économie du pays à 90 %, le moins qu’on puisse lui accorder c’est une voix dans le scrutin Euromed. Mais les CCI demandent beaucoup plus.



«La pleine réalisation de l’Euromed devra se faire avec la société civile et le secteur privé», tonne Roy Badaro, responsable de l’unité Euromed-OMC au sein de la Fédération des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture. Cette entité, active depuis deux ans, a pour vocation justement d’adapter le secteur privé à l’environnement Euromed et de faire en sorte que les entreprises puissent en tirer le meilleur profit : allongement des délais d’adaptation, financement de la restructuration et modification de l’environnement législatif.
L’unité compte des représentants des différentes Chambres de commerce du pays. Elle traite en direct avec l’Union européenne pour ce qui est des sujets liés au secteur privé mais entretient également des relations avec l’État libanais via le ministère de l’Économie et du Commerce, qui est l’interlocuteur officiel de l’UE pour le partenariat Euromed.

Cap sur Bruxelles

L’unité Euromed-OMC a participé par exemple à la réunion Euromed UE-Liban qui a eu lieu à Bruxelles en novembre dernier sur invitation du ministre Marwan Hamadé. C’était en fait sa première participation à une réunion du genre. Qui fut rythmée par plusieurs interventions : celle du ministre Hamadé fut, de l’avis général, particulièrement remarquable ; IDAL a présenté de façon générale sa mission, suivie de l’exposé du directeur général du ministère de l’Agriculture puis de la Banque centrale. Sans oublier la présentation de la Fédération des CCI (voir les différents tableaux et graphes de ce dossier). En face de tout ce monde venu de Beyrouth, y compris le président de l’Association des industriels Fadi Abboud, les Européens n’auraient pas été très nombreux et le temps imparti, cinq à six heures, était trop court pour permettre de tirer un profit tangible de ce rendez-vous annuel. C’est l’avis de Roy Badaro, qui note l’importance, en amont, de «la préparation des agendas» de telles réunions par le Liban pour que l’objectif soit atteint, notamment l’obtention de fonds ou leur meilleure allocation. Ceci explique que la Tunisie par exemple ou la Jordanie reçoivent des fonds plus importants que le Liban. Parallèlement, l’insuffisance de l’enveloppe globale a été relevée par de nombreux pays partenaires : «Un budget de 5 milliards d’euros (MEDA II) est jugé insuffisant pour créer des emplois au regard d’une population d’une centaine de millions d’habitants».

Financements accordés par le BEI aux pays méditerranéens partenaires
 Montant/
pers en €
Montant
Total (M€)
Chypre872698
Tunisie1701 162
Liban155561
Malte14356
Jordanie94504
Gaza74230
Maroc561 703
Algérie501 588
Turquie342 413
Egypte271 903
Syrie20360
Israël17108
Total 11 787
Sources : Banque Européenne d'investissement (BEI), Bulletin de l'asociation des banques.


Les CCI en direct

Mais l’efficacité de l’aide tient également aux processus de sa mise en œuvre. Ainsi l’UE s’oriente vers une plus grande efficacité de son aide dans le sens où ce sont par exemple maintenant les délégations sur place dans les pays partenaires qui décideront directement de l’allocation des fonds ; jusque-là, la tâche incombait à Bruxelles, ce qui supposait nécessairement une vue plus lointaine des besoins du terrain.

Roy Badaro émet aussi de façon très pragmatique le souhait que l’étude et la discussion des projets se fassent en direct avec le secteur privé plutôt que de passer systématiquement par le secteur public lorsqu’il s’agit de favoriser précisément l’activité productive des entreprises. Car si le ministre Hamadé est favorable à l’implication du secteur privé, il n’en va pas de même pour l’ensemble de l’administration des ministères concernés, y compris au sein du ministère de l’Économie.

Si la réunion Liban-Euromed de novembre dernier ne représente pas une étape majeure pour le pays dans l’histoire du partenariat, un certain nombre de questions y ont été néanmoins portées à l’ordre du jour et de nouveaux projets y ont été initiés. Ceux qui ont été débattus sur l’impulsion du groupe de travail de la Fédération des CCI sont les suivants :

- Le lancement par la BEI d’un fonds de capital-risque de 10-15 millions d’euros.
- La création d’un fonds de garantie de 30-40 millions d’euros, qui devrait permettre aux banques libanaises l’octroi de crédits aux entreprises à des conditions favorables.
- Et un fonds de prêts de 100 millions d’euros environ. La mise en œuvre du mécanisme doit passer par une banque détenue par l’État libanais telle que la BLC par exemple et «qui accepterait de souscrire à des conditions plus européennes d’octroi de crédit». L’objectif d’une telle démarche étant aussi de changer les pratiques des entreprises et des banques sur le marché local en matière de crédit ; en l’occurrence, l’examen des cash-flows inhérents au projet plutôt que celui des collatéraux : terrains, hypothèque…
Ces projets prendraient la forme d’un accord entre la BEI et la Fédération des CCI qui serait, elle, mandatée pour la gestion de ces fonds. Les questions de forme sont encore en cours d’étude, mais le chantier est avancé : les parties ont achevé le deuxième round de négociations.

Agir sur les coûts

Dans la lignée des programmes de soutien au secteur privé, Roy Badaro indique que le programme de modernisation industrielle, ELCIM-1, qui se termine en principe en août 2004 – mais risque en pratique de se prolonger jusque décembre 2004 – a contribué à identifier les problèmes de l’entreprise, sans toutefois y apporter de remèdes. Il remarque la cherté des prestations fournies pas les experts européens qui facturent la journée 800 euros. Or, le coût de ces prestations est ponctionné sur l’enveloppe du programme lui-même, ne laissant finalement que peu de fonds disponibles pour la mise en application des solutions préconisées le cas échéant. ELCIM-1 a permis néanmoins d’établir des bases de données sur l’environnement dans lequel évoluent les entreprises industrielles. ELCIM-2, qui est en cours de préparation, devrait permettre la mise en œuvre des mesures nécessaires à leur adaptation à l’Euromed.

Roy Badaro insiste tout particulièrement sur l’importance d’un tel programme en faveur de l’industrie au regard de son objectif ultime, à savoir la création d’emplois, qui, selon lui, viendra notamment du secteur productif. Et pourtant, il va falloir à ce niveau trouver une solution aux coûts de production, comme le répète quotidiennement Fadi Abboud. Un exemple pour illustrer : le Liban, invité l’année passée à participer au FATEX en France – le salon de la sous-traitance industrielle pour le textile –, n’a pas suscité beaucoup d’intérêt. La raison est le manque de compétitivité : le temps minute est très cher (l’heure coûte entre 5 et 7 $), de même que le transport ou l’électricité. Sur ce point, il est essentiel de mentionner une des conclusions de la dernière réunion Euromed-Liban à Bruxelles : la mise sur pied d’un groupe d’experts pour examiner les sujets problématiques tels que les coûts d’énergie et de production qui empêchent les entreprises libanaises de réaliser pleinement leur potentiel à l’export. «Le Liban est considéré comme un pays cher… et à problèmes administratifs», souligne Roy Badaro. On comprend alors quels sont les grands chantiers à mener. Le premier concerné là est sans doute l’État.

L’Europe à 200 km

Mais d’un autre côté, ne risque-t-il pas d’y avoir conflit d’intérêts entre les vues des différents secteurs au sein de la CCI ? Ainsi, l’industriel pourrait défendre plus de protectionnisme par exemple, le commerçant l’inverse. On pourrait légitimement se demander donc quel est le combat de la Fédération des CCI sur ce plan. Il faut savoir que cet organisme représente 25 000 entreprises et couvre 80 % de l’activité économique du pays, souligne Badaro, lui-même industriel (prêt-à-porter Kindou). Par-delà la défense d’intérêts privés premiers, les responsables de la Fédération cherchent à faire preuve de “discernement”, comme il le dit. Les conflits d’intérêts éventuels des secteurs se résorbent dans la vision d’un objectif primordial, celui de la croissance économique et de la création d’emplois. Dans cet esprit, Roy Badaro, adepte du libéralisme, déplore justement la tendance actuelle qui va à la limite dans le sens inverse, un peu à l’image des privatisations qui n’ont pas lieu.

Si MEDA-I apparaît comme “insuffisant” et MEDA-II comme “un peu mieux”, la réussite du partenariat Euromed nécessite encore des efforts supplémentaires de part et d’autre de la Méditerranée. À commencer par l’intérieur pour ce qui est de la réforme de nos lois et réglementations tant au niveau du droit du travail, du commerce ou de nos pratiques bancaires… et à finir par de meilleures dispositions de la part du ministère de l’Industrie, dont les humeurs d’un de ses représentants ont provoqué le départ inopiné du directeur du projet, Patrick Debraconnier.

Si la tâche est lourde pour réussir le partenariat, les perspectives ouvertes nous projettent dans une autre dimension : dans un premier temps l’intégration parallèle et complémentaire à l’OMC ; à ce titre, le Liban bénéficie d’un «soutien extraordinaire de la Communauté européenne en général et de la France en particulier», indique Roy Badaro. Et dans un deuxième temps ou un autre temps, à l’heure de l’élargissement de l’Europe, on caresse la vision d’une accession libanaise un jour à l’Europe. Badaro cite 2015-2020 pour cet objectif. Du moment où l’on a cette «volonté d’ancrage à l’Europe avec laquelle la majorité des Libanais partage les mêmes valeurs». Ce qui se traduit précisément par la vocation première du partenariat : celle d’éviter le développement d’une ceinture de pauvreté sur les zones sud et est de la Méditerranée.

Beyrouth,02 16 2004
Nicole Hamouche
Le Commerce du Levant
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