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La construction Européenne se fait-elle au détriment de la Méditerranée ?

Malgré les candidatures marocaine et turque, l’Union européenne élargie à l’est garde sa vocation continentale. Les deux rives de la Méditerranée ne peuvent-elles pas penser un destin commun, au-delà de simples relations partenariales ?

Avec le traité de Rome de 1957, l’Europe avait commencé sa construction dans la partie occidentale du continent, avant de progresser à la fois vers le sud, le nord et l’est.

Depuis plusieurs années, la construction européenne s’est durablement orientée vers l’est : l’élargissement de l’Union aux satellites de l’ex bloc soviétique affirme aujourd’hui plus que jamais la vocation continentale du projet européen. Dans ce contexte, le centre de gravité géographique et politique de l’Union à vingt-cinq – et peut-être plus demain – s’est déplacé vers l’Europe centrale, ce qui pourrait à l’avenir contribuer à limiter l’influence des pays du Sud de l’Europe sur le destin de l’Union, même si les pays récemment intégrés, dits de l’Est, sont pour certains des pays méditerranéens. Or cette tendance générale s’affirme de façon décisive en même temps que s’essouffle le processus initié à Barcelone, pour développer une coopération économique et culturelle euro-méditerranéenne : la priorité politique et budgétaire donnée à l’élargissement a fait passer au second plan cette initiative. Mais la prépondérance donnée à l’intégration à l’est sur le partenariat au sud n’efface pas pour autant les questions posées à la construction européenne par les candidatures à l’entrée dans l’Union du Maroc d’abord, de la Turquie ensuite : la perspective d’une intégration du sud arabo-musulman interroge aujourd’hui l’Europe sur le sens, la vocation et les limites de sa construction.

Ainsi, puisqu’un consensus semble exister sur le fait que l’Europe n’est pas terminée, et qu’elle est appelée à s’élargir encore au-delà de ses frontières actuelles, possiblement jusqu’à la Russie d’après certains, on peut se demander si un élargissement au sud ne pourrait pas avoir lieu également. Cela signifierait un passage du partenariat euro-méditerranéen à l’intégration euro-méditerranéenne. Or, à un moment où les relations bilatérales initiées à Barcelone se figent dans une coopération essentiellement économique, il y a lieu de s’interroger sur la volonté politique des acteurs européens et méditerranéens de resserrer leurs liens. Ainsi, il n’est pas évident que les pays du sud de la Méditerranée soient prêts à intégrer une zone de libre-échange et de rigueur où l’écart économique avec leurs partenaires européens les exposerait à des crises. Il n’est pas évident non plus que l’Europe ait les moyens d’absorber, sans une modification substantielle de ses structures juridiques et économiques, de nouvelles intégrations. Toutefois, il apparaît que ces mêmes réserves ont été levées pour l’élargissement à l’est. En réalité, n’est-ce pas simplement que le monde arabo-musulman ne fait pas partie du projet de constitution européenne, tel qu’il a été dessiné par les plans de la Convention ? L’Europe, qui n’a jusqu’à présent construit autour du marché unique que son unité économique, semble se trouver forcée aujourd’hui de définir les contours de son unité culturelle, à mesure que la question de l’intégration de pays méditerranéens se fait plus pressante. Et n’a-t-elle pas tendance précisément, au vu des réflexions de la Convention sur la dimension religieuse, c’est-à-dire chrétienne, de l’identité européenne, à la construire par rapport à un espace musulman au sud, dont l’apparente homogénéité offre une frontière possible à une Union qui n’en a jamais assigné aucune à son élargissement ?

« La construction européenne se fait-elle au détriment de la Méditerranée ? », ce débat a deux objectifs évidents : faire le bilan de la relation euro-méditerranéenne et de ses perspectives d’abord, susciter une large réflexion sur la nature et le sens de la construction européenne ensuite. Le point de départ de cette analyse est le processus de Barcelone. Une controverse existe déjà à son sujet, qui devra s’exprimer : certains pensent que le partenariat économique reste la forme la plus souhaitable des relations entre l’Union européenne, dont l’avenir politique est sur le continent, et les pays de la Méditerranée, dont les ambitions doivent être régionales ; d’autres estiment ce partenariat encore insuffisant, compte tenu des liens de proximité historiques entre les deux rives de la Méditerranée, et voudraient en faire une étape sur la voie de l’intégration des pays arabo-musulmans à une Union élargie. Or cette perspective, rendue probable par les candidatures marocaine et turque, interroge la vocation politique et culturelle d’une Union jusqu’ici principalement économique et qui devra bientôt se justifier de son ouverture ou de sa fermeture à de nouvelles candidatures. Là encore, les avis sont partagés : pour certains, puisque l’Europe n’est qu’un marché, alors l’élargissement de ce marché au-delà de ses frontières actuelles est la seule chose souhaitable ; pour d’autres, l’Union étant l’expression d’une profonde communauté de valeurs philosophiques, religieuses, politiques, elle se confond largement avec la représentation d’une civilisation et d’un peuple européens, et possède donc une identité propre qui lui assigne d’emblée des frontières. C’est cette question centrale de l’identité qui impose en dernier ressort de donner à ce débat, entre des personnalités capables d’une analyse économique ou politique précise, une dimension publique qui associe la société civile à cette réflexion décisive.

Paris,02 02 2004
Rédaction
Forum Euromed
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