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Anciens et nouveaux défis du processus de Barcelone - Par Javier Solana

Par Javier Solana, haut représentant de l’UE pour la Politique étrangère et la Sécurité commune

Je me réjouis de pouvoir être présent à Naples au moment où les 35 partenaires euroméditerranéens engagés dans cette initiative de coopération entre les deux rives de notre mer commune, s'apprêtent à relancer sans équivoque ce partenariat et à conférer un caractère plus concret au processus de Barcelone, dans le cadre duquel la VIe conférence ministérielle euroméditerranéenne s'insère.

Il me semble aussi important de souligner que l'événement du 2 et 3 décembre a lieu dans le contexte de la future Europe élargie, et dans le cadre de la nouvelle "politique de voisinage" de l'Union européenne; une politique qui présente de forme cohérente notre conception des relations extérieures avec les régions limitrophes de l'Union, la région euromeditérranéenne ayant été toujours d'une grande priorité pour l'Europe.

Le nouveau siècle n’a pas été simple à ce jour pour le processus de Barcelone. En 2000, nous avons été confrontés à l’échec d’un projet de paix finale entre Israël et Palestine et à l’émergence de la deuxième Intifada. En septembre 2001, l’attentat terroriste contre New York a changé la perception sécuritaire du monde; celle des Etats-Unis, premières cible et victime bien évidemment, mais aussi celle que nous avions en Europe. En 2002-2003, le conflit en Irak, la guerre, le lent chemin vers une paix stable ont bouleversé les données stratégiques au Moyen-Orient.

Certains pourraient dire: Que vaut le processus de coopération euroméditerranéenne face à de telles ruptures? Conçu comme un espace de coopération anticipant la paix, il est de facto un espace compliqué par les conflits.

Barcelone -j’y étais à sa naissance difficile- devait renforcer l’esprit de paix israélo-arabe qui existait après la conférence de Madrid et qui peine à retrouver son sens aujourd’hui. Barcelone devait permettre aux deux rives de la Méditerranée de partager une vision commune de la sécurité, qu’une charte de paix et de stabilité aurait dû consacrer mais qui a été gelée. Barcelone devait être un modèle de coopération Nord-Sud, limité aux rives de notre Méditerranée, mais capable d’intégrer un renouveau des relations avec l’ensemble du Moyen-Orient. Le défi est encore plus ardu aujourd’hui avec un Irak, en quête de paix et de stabilité, tout comme l’ensemble du Golfe persique.

Doit-on pour autant parler d’échec de Barcelone? Certainement pas. Pour au moins trois raisons. Nous travaillons mieux ensemble. Nous travaillons plus ensemble. Nous avons déjà identifié les chantiers de l’avenir.

En moins de 10 ans, l’Europe est parvenue collectivement à des relations contractuelles avec la quasi-totalité de ces partenaires méditerranéens. Les projets de coopération qui accompagnent ces accords d’association ont pu créer des frustrations. La révision de leur gestion, grâce aux efforts de la Commission européenne et des Etats associés, porte désormais ses fruits. En termes quantitatifs, comme qualitatifs, il y a peu de coopération bilatérale qui puisse prétendre faire mieux. L’Europe assume son rôle naturel de partenaire des pays méditerranéens.

Le champ de cette coopération s’est élargi. Le principe du libre-échange est acquis et mis en oeuvre. Mais le partenariat ne s’arrête pas aux biens et services. Désormais, nous parlons ensemble des autres volets du processus: un dialogue politique qui s’enrichit. Parler du terrorisme comme risque commun est un sujet sans tabou. Discuter de la meilleure manière de gérer ensemble les défis migratoires est devenu d’actualité.

Les défis de l’avenir sont bien identifiés. Le premier, déjà identifié, mais qui deviendra une réalité dès mai 2004 est l’élargissement de la famille européenne. Barcelone est parvenu à rendre plus méditerranéens les 15 Etats membres de l’UE signataires de cet engagement de bon voisinage. A 25, ce sera la même chose. Avec des opportunités au Sud comme au Nord qui seront encore plus fortes.

Le deuxième défi est aussi déjà pris en compte: confirmer la propriété des peuples sur ce processus. Nous le ferons en particulier à travers nos Parlements, le Parlement européen comme les Parlements des nations participant à ce projet. Nous le faisons et le ferons aussi par un dialogue culturel et social ouvert aux sociétés civiles.

Le troisième défi est le plus difficile, mais ne doit pas être renié, encore moins oublié. Il doit être la mise en oeuvre du principe de paix collective. Nous avons déjà commencé par le plus facile: expliquer aux pays partenaires du Sud ce que signifiait notre nouvelle politique en matière de sécurité et de défense. Elle avait été perçue par certains -à tort- comme la construction effective d’une nouvelle frontière.

La Politique européenne de sécurité a prouvé par les faits d’hier et d’aujourd’hui, en Afrique ou dans les Balkans, qu’elle n’a pas l’ambition de menacer, qu’elle n’a pas pour objectif d’exclure, mais bien au contraire d’associer. Et très particulièrement nos partenaires méditerranéens. Faire la paix ensemble, contribuer à la paix ensemble, est non seulement possible, mais une option sur laquelle nous devons travailler pour l’avenir. Dans la région méditerranéenne, trop d’anciens conflits perdurent de la crise israélo-palestinienne et israélo-arabe, à la question chypriote, ou au Sahara occidental.

Autant de questions qui demandent un effort collectif. Autant dire que l’agenda du processus de Barcelone, même s’il est parfois difficile, reste chargé. Je suis certain qu'un message vigoureux sur notre coopération dans la région euromeditérranéenne sortira de la conférence de Naples.

Casablanca,12 15 2003
Javier Solana
L'Economiste
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