Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

En économie, il n'y a pas de «fée-démocratie» - Par Mohammed Benmoussa, directeur de banque

Le scrutin qui vient de s'achever et la récente nomination à la primature doivent servir à mettre un terme aux éternels débats sur la démocratie ou l'alternance politique. Sans réduire l'importance de ces thèmes, le Maroc est tenu désormais, du moins pour un temps, de clore le chapitre de la modernisation de ses institutions politiques pour consacrer toute son énergie à son développement économique et social.

Erreur de jugement

A quoi devrait servir une élection si ce n'est à sanctionner une politique gouvernementale, en permettant sa continuation si l'électorat en est satisfait ou, dans le cas inverse, en transférant la responsabilité des affaires publiques à une nouvelle équipe?

A l'évidence, les élections du 27 septembre dernier ne se sont pas inscrites dans cette logique. Si certains partis politiques au pouvoir avaient la faiblesse de croire le contraire, de s'illusionner sur un hypothétique succès, ils commettraient une grave erreur de jugement et s'exposeraient à de futures déroutes électorales plus sérieuses. Ils seraient frappés de cécité par rapport aux enseignements de la désignation d'un Premier ministre apolitique. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l'on songe aux 8 millions de citoyens abstentionnistes sur un total de 13,9 millions (près de 7 millions de Marocains ne se sont pas déplacés pour voter et plus de 1 million ont déposé un bulletin nul), aux 61% du corps électoral dépourvus de niveau d'instruction ou aux 7 millions d'électeurs qui n'exercent aucune activité professionnelle? A croire un sondage effectué en août 2002 par l'ONG Maroc 2020, plus des deux tiers de l'électorat distinguent mal les différences entre les partis politiques au niveau de leurs idées et de leurs programmes. Ce n'est donc pas pour rien qu'il a fallu recourir à l'usage d'icones pour permettre cette distinction!


Pas de bonne fée

Ce constat sur l'électorat marocain constitue la toile de fond de l'action du prochain gouvernement, dont la mission sera rendue plus complexe par l'ampleur des tâches qui l'attendent. Des élections législatives, fussent-elles parfaitement transparentes, ne bouleversent pas l'ordre social, ni ne rétablissent comme par enchantement les équilibres économiques. Il n'y a malheureusement pas de Père Noël ou de bonne fée dans le domaine de l'économie! La future équipe gouvernementale aura fort à faire face à un pays qui souffre toujours de déficits structurels en matière d'eau potable, électricité, écoles, hôpitaux, logements, routes ou infrastructures sportives. Elle aura à traiter avec une élite économique, industrielle et financière créée de toutes pièces par les autorités publiques suite à la "marocanisation" et qui est restée enfermée dans une logique rentière et féodale. Elle aura à gérer des dossiers complexes: chômage, atonie de la croissance, attentisme des opérateurs privés, faiblesse des exportations, insuffisance des investissements directs étrangers, dépendance énergétique du pays, fragilité de la monnaie nationale, importance de l'endettement public, défaillance du système bancaire et du marché financier.


Programme-catalogue

Inutile d'aller chercher les remèdes à ces maux dans les programmes économiques et sociaux des formations politiques (à quelques exceptions près)! Vous y trouverez souvent des déclarations d'intention ou des voeux pieux et, pour les moins incultes dans le domaine économique, une batterie de mesures listées tels des articles dans un catalogue de La Redoute, sans vision stratégique et sans priorité. Evidemment, les partis en question se gardent bien d'indiquer les sources de financement de ces mesures, leurs retombées économiques et sociales ainsi que le planning de leur mise en oeuvre.

La plupart des organisations politiques souhaitent mener de front plusieurs combats: lutter contre le chômage des jeunes, réduire la fiscalité des entreprises et des salariés, renforcer le pouvoir d'achat des citoyens, avancer l'âge de la retraite, améliorer les services publics et développer les investissements de l'Etat, tout en maîtrisant les déficits publics et en favorisant la compétitivité de l'économie marocaine sur le marché international. En revanche, aucune de ces organisations ne dit comment elle compte s'y prendre pour y parvenir! Cette réflexion de bon sens est malheureusement inaudible, inintelligible, pour la grande majorité des électeurs marocains. Tel est le constat objectif sur l'électorat marocain. C'est une dure réalité, mais c'est ainsi!

Le contexte de "myopie" populaire ne doit évidemment pas conduire à l'immobilisme, comme c'est le cas depuis la précédente législature. Bien au contraire, le Maroc a plus que jamais besoin d'un gouvernement d'action, d'un gouvernement "commando" inspiré du modèle Raffarin en France. Autrement dit, un gouvernement fort par sa cohérence et son efficacité, par sa rigueur et sa détermination. Un gouvernement qui fait des choix courageux, qui est immunisé contre les tentations électoralistes, qui est rivé à une priorité absolue: relancer la croissance économique du pays.

Il est clair que les marges de manoeuvre de politique économique sont plus que jamais limitées. Le Maroc croule sous le poids des contraintes endogènes. Il est de surcroît un pays trop petit et trop peu inséré dans l'échange international, pour espérer tirer profit du dynamisme économique de ses partenaires étrangers. Cela ne signifie pas pour autant qu'on ne peut rien faire. Bien que les instruments de politique économique soient désormais partagés (la politique monétaire est définie par Bank Al-Maghrib qui dispose d'une indépendance de décision) ou contraints (la politique budgétaire est étroitement surveillée par les bailleurs de fonds internationaux), le gouvernement pourra agir sur les structures de l'économie.



Dogme budgétaire

Les choix de politique économique du gouvernement devront s'affranchir de la contrainte budgétaire, jusqu'à présent érigée en dogme. La relance de l'économie sera possible si un usage massif et ciblé de l'investissement public (appuyé par un vaste programme de privatisations) est accompagné de mesures destinées à baisser les impôts des couches sociales à revenus moyens et faibles, à soutenir la consommation des ménages et à renforcer la cohésion sociale de la nation par des dispositions de lutte contre les inégalités et les exclusions. Pour obtenir l'adhésion de la banque centrale et des organismes financiers internationaux à cette politique économique volontariste, elle doit nécessairement et préalablement s'accompagner d'une réforme de l'Etat. Il faut moderniser ses structures, pour offrir au secteur privé (dont la confiance et l'initiative ne se décrètent pas) une plus grande efficacité de l'administration ainsi qu'un meilleur rapport qualité-prix des prestations publiques: éducation, santé, justice, sécurité, paix sociale, infrastructures collectives, recherche.

C'est dans les situations difficiles que l'on juge la qualité des décideurs politiques. La valeur du prochain gouvernement s'appréciera à l'aune de sa capacité à décliner sa politique générale en choix stratégiques formalisés par un ensemble de décisions cohérentes, planifiées dans le temps, clairement financées et mesurées en termes d'impact économique et social. Sans cet exercice méthodologique de politique économique, l'action du gouvernement ne pourra éviter l'écueil de la dispersion et de l'inefficacité. Bien plus grave, ce sont même les acquis politiques qui pourraient être sérieusement et durablement remis en cause.


Casablanca,11 04 2002
Rédaction de l'Economiste
L'Economiste
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |