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Devons-nous participer à la reconstruction de l'Irak ?

Par Chris Patten, commissaire européen chargé des Relations extérieures

Devrions-nous participer à la reconstruction de l'Irak? Les clivages qui se sont formés au sein de la communauté internationale avant, pendant et après le conflit, impliquent inévitablement que chacun de ses actes et chacune de ses décisions soient examinés minutieusement. Ma réponse à cette question est pourtant parfaitement affirmative, et ce pour les trois raisons suivantes. Premièrement, et avant tout, nous avons une obligation morale à l'égard du peuple irakien. Deuxièmement, notre aide contribuera à accélérer la transition vers un régime démocratique et indépendant en Irak. Troisièmement, il est dans notre intérêt de contribuer à la stabilité du Moyen-Orient.

A Madrid, environ 70 pays vont annoncer leurs contributions initiales à la reconstruction d'un pays ravagé par trente années de dictature sanglante et de conflits. Jusqu'à ce jour, des observateurs désireux de critiquer un éventuel échec auront sans doute effectué un rapide inventaire des sommes octroyées, pour vérifier si leur total atteint ou, plus vraisemblablement, n'atteint pas les montants considérables mentionnés dans les évaluations menées de manière approfondie par la Banque Mondiale, l'ONU et d'autres. Mais l'addition pure et simple de ces contributions n'est pas significative. Il ne s'agit pas d'une vente en gros, où seule compte la quantité, au mépris de la qualité.

Prenons la contribution du budget de l'Union européenne, par exemple. Il s'agit de moyens qui proviennent de la cagnotte commune qui est consacrée aux dépenses extérieures et à laquelle les Etats membres contribuent. La Commission a convenu d'apporter une contribution à hauteur de 200 millions d'euros jusqu'à la fin 2004. Si on y ajoute les contributions individuelles des pays qui la composent, l'Union européenne apportera une contribution totale de quelque 750 millions d'euros à la reconstruction de l'Irak au cours de l'année prochaine, lorsque les besoins du pays seront probablement les plus aigus. Cette aide vient s'ajouter aux 100 millions d'euros que nous avons déjà affectés à l'aide humanitaire en Irak et que nous y consacrons depuis le mois de mars de cette année.

L'ampleur de l'aide provenant du budget de l'Union est comparable à notre engagement annuel en Afghanistan, même si, dans ce cas, cet engagement a pu être pris pour une période de cinq ans. Aujourd'hui, nous précisons les fonds que nous proposons pour l'Irak jusqu'à la fin 2004. La semaine dernière, nous nous sommes également engagés à faire un rapport aux ministres des Affaires étrangères de l'Union, au mois de mars de l'année prochaine, sur la stratégie à moyen terme de la Commission à l'égard de l'Irak. J'ose espérer que nous serons à même d'accompagner ce rapport de perspectives financières en matière de reconstruction. Il est certain qu'il sera plus aisé d'envisager les possibilités d'engagement sur plusieurs années lorsque la situation sera plus claire, tant sur le plan politique que sur celui de la sécurité.

Notre expérience en Irak, à l'instar de celle d'autres organisations, a montré que les conditions sur le terrain constitueront la clé de la réussite, mais aussi que ces conditions sont difficiles. J'apprécie en particulier les conseils et l'expérience des Nations unies. La disparition tragique de Sergio Vieira de Mello, et de tant d'autres membres dévoués de l'ONU au mois d'août, a illustré de manière terrible à quel point la situation demeure dangereuse. Nous savons aussi par expérience et par notre travail dans des pays difficiles à travers le monde qu'il ne sert à rien d'accorder des sommes importantes si les perspectives de les voir mises à profit là où elles sont nécessaires ne sont pas réelles.

C'est la raison pour laquelle nous avons précisé les circonstances nécessaires pour que l'argent engagé aujourd'hui puisse être utilisé à bon escient. Nous avons besoin d'une amélioration des conditions de sécurité, ce qui exige des opérations militaires plus efficaces et des efforts pour accroître et améliorer les opérations civiles de maintien de l'ordre. Nous avons également besoin d'un engagement clair en faveur de la formation d'un gouvernement irakien souverain, dont la perspective s'est rapprochée – et j'en suis heureux – grâce à la résolution votée la semaine dernière par le Conseil de sécurité de l'ONU. Il convient de créer un cadre multilatéral transparent et opérationnel pour la reconstruction, consacré par la création d'un fonds multilatéral d'affectation spéciale géré par la Banque Mondiale et les Nations unies et destiné à orienter les fonds consacrés à la reconstruction.

Enfin, nous avons besoin de l'engagement des voisins de l'Irak pour établir un cadre de coopération régionale indispensable à la stabilité du pays à long terme.

Il ne s'agit pas là de conditions farfelues. Elles correspondent aux conclusions du rapport d'évaluation des besoins élaboré par l'ONU. Ces conclusions ont souligné le caractère peu sûr de l'environnement et ont noté que l'étendue des besoins constatés dans les différents secteurs nécessiterait un niveau de planification et une capacité de mise en œuvre qui grèverait même l'économie la plus avancée. J'en tire deux enseignements. Premièrement, nous devons être réalistes dans nos ambitions à court terme et nous concentrer sur la remise sur pied de l'Irak. Deuxièmement, et dans un registre plus positif, il me tarde de voir à nouveau une économie irakienne saine et un pays en mesure de diriger et d'administrer son propre développement. Mais ne s'agit-il pas de notre objectif commun, après tout? Cet objectif est réalisable.

A la fin des années 1970, le PIB de l'Irak par habitant était supérieur à celui du Portugal.

Avant la dictature sanglante de Saddam, le pays avait eu une longue tradition de valorisation de l'éducation et du commerce. Enfin, il peut compter, bien sûr, sur ses ressources naturelles abondantes, même s'il n'est pas en mesure de les exploiter pleinement pour l'instant.

L'Union européenne est bien placée pour agir. La Commission consacre chaque année plus de 6,5 milliards d'euros d'aide aux quatre coins du monde. Nous collaborons avec les gouvernements dans les pays bénéficiaires et coordonnons notre travail sur le terrain avec celui des autres donateurs.

L'année dernière, notre aide s'est élevée à environ 550 millions d'euros pour le seul Moyen-Orient.

L'Union européenne ne sera, bien sûr, pas seule à Madrid. Des pays du monde entier, parmi lesquels - et je m'en réjouis - des voisins de l'Irak, ont montré qu'ils peuvent se rassembler pacifiquement malgré les divisions de la guerre. Ils seront là pour répondre à des besoins criants en matière de police, de réhabilitation des infrastructures et des services publics délabrés, d'infrastructures routières, d'électricité, d'eau, de santé, d'éducation ainsi qu'à une série d'autres besoins.

Nous devons aborder la conférence d'aujourd'hui avec une vision réaliste de ce que nous pouvons réaliser à court terme, tout en faisant preuve d'optimisme en pensant à ce dont le peuple irakien est capable à plus long terme.

Evidemment, nous ne devons pas les décevoir en agissant comme si ce problème pouvait se régler simplement par l'aide économique.

Nous devons veiller à appliquer les enseignements que nous avons tirés en matière de bonne gestion des dépenses et à respecter l'engagement que nous avons pris à l'égard du peuple irakien en faveur de la démocratie et de la prospérité. Après tant de souffrances, nous leur devons bien cela.

Casablanca,10 27 2003
Chris Patten
L'Economiste
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