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Romano Prodi, Président de la Commission Européenne - Le partage de la prospérité et de la stabilité

Discours prononcé à la Conférence régionale TEMPUS MEDA, Alexandrie, le 13 octobre 2003

Chers hôtes, chers invités, Mesdames et Messieurs,

Depuis sa fondation, El Iskandariyah -- cette ville internationale connue sous le nom d'Alexandrie -- a toujours été un centre cosmopolite et un point de rencontre des peuples et des cultures.
Après l'inauguration de la grande bibliothèque de l'antiquité, elle est aussi devenue un haut lieu de la connaissance.
J'éprouve aujourd'hui un immense plaisir en m'adressant à vous dans ces lieux splendides.

La résurrection de la bibliothèque d'Alexandrie est un signe d'espoir et de renouveau:
· un signe d'espoir dans la redécouverte du patrimoine culturel et historique de l'Égypte -- et de la Méditerranée -- et des ressources actuelles de son peuple.
· un signe d'espoir dans la connaissance, car celle-ci est la clé d'un plus grand bien-être et d'une plus grande prospérité.
· un signe d'espoir dans une plus grande compréhension d'autrui, condition d'une reprise du dialogue.

À l'instar des autres biens culturels et spirituels, la connaissance ne diminue pas, mais s'enrichit, par son partage.

Et cela vaut également pour la stabilité politique et la prospérité économique.
Aujourd'hui, je voudrais vous parler des acquis qui sont les nôtres, en Europe, depuis un demi-siècle d'intégration pacifique, et vous expliquer comment ceux-ci peuvent être partagés avec un nombre croissant de peuples dans toute la région.
Mais en ces temps de crise pour la région, laissez-moi commencer par vous dire ceci.

Les peuples de l'Europe ne croient pas à un choc des civilisations. L'opinion publique européenne rejette unanimement ce mythe. Les Européens veulent la paix et le dialogue.
L'Europe, votre voisin, peut être un trait d'union entre cette région et le reste du monde.
Elle a pour cela une réponse: la politique de proximité. Celle-ci a pour but de garantir la sécurité dans les relations avec nos voisins -- non pas par la construction de murs ou l'installation de boucliers antimissiles, mais par le commerce, l'échange et le dialogue.
Dans le cadre de cette politique de proximité, nous voulons établir -- plus clairement encore que par le passé -- un partenariat euro-méditerranéen respectant le principe d'égalité avec nos voisins.
La politique de proximité prépare le terrain d'une stabilité et d'une sécurité durables. Elle crée les conditions de la coopération et de la compréhension. C'est ce que nous appelons la "sécurité douce", bien que le terme ne soit pas aussi “défensif” qu'il le suggère.
Cette politique prend la forme de relations économiques et culturelles et prévoit le développement de la société civile et de la bonne gestion des affaires publiques. Elle tente de donner un aspect humain à nos relations.
En ces jours sombres de violence et de terreur, nous -- populations des rives africaines, asiatiques et européennes de la Méditerranée -- ne pouvons laisser les extrémistes prendre le dessus. Nous ne pouvons laisser la politique de la violence dicter le pas.
Nous devons travailler ensemble pour jeter les bases de la paix. Nous ne pouvons plus remettre cette tâche à demain.
Nous ne pouvons continuellement élaborer de nouveaux plans. Nous ne pouvons laisser avorter le processus de paix avant même qu'il ne soit engagé:
· au motif que les parties au conflit tentent de le contourner,
· au motif que la vision de la sécurité est trop étroite,
· au motif que les parties préfèrent une approche unilatérale à une approche multilatérale.

Nous apprécions sincèrement les efforts de l'Égypte, en particulier en ces temps difficiles, car ils s'inscrivent dans les efforts de la communauté internationale pour trouver une voie d'avenir. Et l'Union européenne entend apporter sa pierre à l'édifice.
La politique de proximité que je viens de mentionner s'inscrit, Mesdames et Messieurs, dans le cadre de ces efforts. Elle est étroitement liée à notre stratégie d'élargissement et en est naturellement le résultat.
Comme vous le savez, l'année prochaine, l'Union européenne s'élargira pour accueillir dix nouveaux membres d'Europe orientale et méridionale.
Cet élargissement est une chance immense -- et non une menace. C'est une chance pour les pays d'Europe, mais aussi pour les régions voisines de l'Europe élargie.
L'Union se prépare aussi à adopter un traité constitutionnel qui lui permettra de jouer son rôle plus efficacement dans le monde.
Cela sera positif pour tout le monde -- pour tous ceux qui croient à la possibilité d'une nouvelle forme multilatérale de gouvernance mondiale, plus équilibrée et plus juste.
L'élargissement de l'Union à l'est est une obligation historique. Lorsque le mur de Berlin est tombé, nous, Européens, avons décidé que nous ne voulions plus de nouveaux murs.
Nous avons en effet appris que la sécurité ne passe pas par l'érection de murs plus élevés ou la recherche d'armes plus mortelles, mais par des relations plus solides, plus stables, fondées sur la paix et la prospérité: la “sécurité douce” dont je vous ai déjà parlé.
La combinaison d'échanges et de relations plus solides et pacifiques est la seule forme de sécurité durable à long terme.
En Europe, nous avons tourné le dos aux extrémismes politiques, car l'extrémisme nourrit l'extrémisme et la violence nourrit la violence.
Nous avons essayé de rompre le cycle de la violence, des représailles et des contre-représailles, car il résout rarement les problèmes à court terme et jamais définitivement.
Nous avons mis en commun nos souverainetés pour trouver la force de surmonter nos divisions passées et accroître l'influence des participants à ce projet politique unique.
Nous avons fait tomber les frontières intérieures de l'Union en créant un marché unique et en permettant aux marchandises, aux capitaux, aux services et aux personnes de circuler librement.
Nous avons créé un nouvel espace politique, économique et humain. Nous sommes aujourd'hui déterminés à partager les bénéfices de cet espace par une nouvelle approche des relations internationales, une nouvelle philosophie de la coopération et du partenariat.
Nous devons pour cela établir des relations toujours plus étroites et solides avec l'ensemble de nos voisins, en créant un “cercle d'amis” avec qui nous pouvons partager tous les bénéfices de l'adhésion, sans les institutions de l'Union.

Les objectifs sont au nombre de deux:

· Avec nos partenaires, nous voulons développer un espace de prospérité et de stabilité fondé sur des valeurs communes et le principe d'intégration économique.
· Nous voulons consolider nos liens politiques et humains ainsi que la coopération dans de nombreux domaines.

Nous sommes convaincus que notre politique de proximité pour une Europe élargie est la bonne voie à suivre. Il y a un an, j'ai fait part de mon opinion à ce sujet au Premier Ministre Ebeid.

Ce sont donc là les raisons pour lesquelles je suis convaincu:

· que la politique de proximité ouvrira de grandes perspectives -- en termes de marchés, de croissance et de commerce.
· qu'elle élargira progressivement le domaine de nos quatre libertés -- libre circulation des marchandises, des capitaux, des services et des personnes.
· qu'elle renforcera la coopération dans la lutte contre les menaces communes.
· qu'elle consolidera la bonne gestion des affaires publiques, le respect des droits de l'homme et des libertés individuelles, l'État de droit et la démocratie participative.
·
Mesdames et Messieurs,

Tel est le contenu de notre proposition politique.

Nous avons la volonté d'apporter notre aide. Je suis fermement convaincu que l'Union européenne doit être prête à aider les pays qui souhaitent relever le défi. Non seulement financièrement, mais aussi avec tout son soutien politique et son assistance dans la voie des réformes.
Il appartient toutefois à chaque pays partenaire de choisir le rythme de ces réformes et des changements.
Quels que soient les choix opérés par ces différents pays, la variété de relations économiques étroites que nous proposons en échange d'une meilleure gestion des affaires politiques et économiques est clairement dans leur intérêt.
Nous espérons par conséquent que la ratification de l'accord d'association entre l'Union européenne et l'Égypte interviendra bientôt. Nous sommes également impatients de le voir entrer en vigueur l'année prochaine.
Cet accord prévoit la mise en place progressive d'un espace de libre-échange. Les produits égyptiens deviendront plus compétitifs -- non seulement sur les marchés européens mais aussi dans le monde entier. Il renforcera et approfondira nos relations dans différents domaines.

Mesdames et Messieurs,

Notre coopération a naturellement d'autres facettes.

Je ne saurais exagérer l'importance du dialogue et de la dimension humaine de nos relations avec nos partenaires méditerranéens.
Ce serait une grave erreur que de négliger la Méditerranée, berceau de la civilisation européenne, dans la construction d'une nouvelle Europe.
Nous devons donc établir un partenariat euro-méditerranéen fort, fondé sur un rapport d'égalité -- dans les domaines du commerce, de l'investissement et des échanges éducatifs, ainsi que dans le dialogue culturel et politique.
Nous avons choisi de mettre l'accent sur la coopération, et non uniquement sur la sécurité, ce qui exclut toute approche unilatérale et eurocentrique, au profit d'une démarche multilatérale et d'une persuasion sans contrainte.
Le dialogue culturel est nécessaire, non seulement entre les rives nord et sud de la Méditerranée, mais aussi à l'intérieur de nos sociétés européennes, où vivent de personnes nombreuses provenant de cette région.
Cela suppose également la reconnaissance, dans toute la Méditerranée, des valeurs et des principes sur lesquels repose en particulier l'intégration européenne -- et pour commencer les droits humain et la place des femmes dans la société en général, les médias et la société civile.
Soucieux d'aborder cette problématique, j'ai créé le Groupe consultatif de haut niveau sur le dialogue entre peuples et cultures.
Cela, parce que j'ai senti qu'il fallait que nous stimulions ce dialogue, sur les bases suivantes: respect d'autrui, égalité, liberté de conscience, solidarité et connaissance.
Ces idées de base sont devenues les principes d'action du Groupe, car il est temps de convertir les paroles en actions.
La conférence Tempus-MEDA de ce jour est une étape pratique dans la voie de l'établissement d'un dialogue actif et opérationnel.
J'attends avec impatience la présentation prochaine du projet de rapport du groupe, ainsi que la discussion qui s'ensuivra. Votre point de vue est important, parce que le groupe finalisera ses conclusions à la lumière de ce qui aura été dit.

Certaines choses sont déjà assez claires, comme:

· apprendre à connaître les autres, pour apprendre à respecter leur diversité;
· l'importance de la mobilité et de tirer parti des compétences de chacun;
· utiliser les médias comme instrument d'égalité et de connaissance réciproque.

La future fondation euro-méditerranéenne pour le dialogue interculturel sera un instrument essentiel d'un dialogue actif et opérationnel. Elle fournira le premier exemple concret de notre partenariat fondé sur l'égalité, ainsi qu'un espace où nous pourrons travailler ensemble, concevoir et réaliser des projets communs.
Étant la première structure commune entre l'Union et ses partenaires, la fondation concrétisera notre souhait de donner corps au principe de copropriété, au sentiment d'appartenance.
La fondation doit être un organe indépendant et non gouvernemental. Elle doit être dotée d'une structure flexible et légère lui permettant de jouer un rôle de catalyseur, de tirer parti des mécanismes et des programmes existants, et de redynamiser les réseaux déjà en place.
Le rapport du groupe consultatif de haut niveau contribuera grandement à déterminer les objectifs et les activités de la fondation.
Les personnalités de la société civile régionale chargés de conseiller la fondation apporteront une contribution fraîche et dynamique à son activité, et donneront une plus-value réelle à ce qui se fait déjà dans le domaine culturel.
La fondation favorisera les échanges entre les acteurs culturels et intellectuels. Elle associera à son action les leaders d'opinion des pays du Nord et du Sud qui prennent déjà part au dialogue. Elle s'efforcera en particulier d'approfondir le dialogue et de l'ouvrir au grand public.
Elle devra pour cela lancer un débat culturel permanent, en exploitant notamment les techniques multimédias. Il lui faudra veiller attentivement à cibler certains groupes, comme les journalistes et les jeunes.
Nous sommes disposés à fournir une subvention de démarrage de cinq millions d'euros, étant entendu que les autres partenaires euro-méditerranéens apporteront une première contribution volontaire -- financière ou autre -- au moins égale.
J'espère sincèrement que la décision de créer la fondation pourra être arrêtée à Naples, le 2 décembre.
Et j'espère qu'elle cette fondation sera pleinement opérationnelle et en activité d'ici à l'automne 2004 -- parce que son lancement, gage de notre crédibilité, témoignera du sérieux de notre approche.
Lors de cette réunion à Naples, nos partenaires euro-méditerranéens devront prendre deux autres décisions, qui amélioreront et renforceront encore notre coopération.
Dans le domaine politique, une nouvelle Assemblée parlementaire consultative euro-méditerranéenne devrait être créée, pour approfondir le dialogue politique et favoriser la coopération en matière de sécurité.
Dans le domaine économique, il nous faut un nouvel instrument apte à stimuler le développement et l'investissement dans le secteur privé et à éliminer les principaux obstacles à la croissance et à la création d'emplois.
Pour des raisons financières autant que politiques et symboliques, ma préférence va à une nouvelle Banque euro-méditerranéenne, qui serait une filiale de la Banque européenne d'investissement. Nous évaluons toutefois actuellement tous les instruments envisageables, à la lumière des possibilités et obstacles existants.

Mesdames et Messieurs,

Une autre illustration concrète de ce que nous entendons par "ouvrir nos politiques" et "partager tout, hormis les institutions" est l'extension du programme Tempus à la zone méditerranéenne en 2002.
Tempus fonctionne par l'entremise de réseaux associant des institutions d'enseignement supérieur de l'Union européenne et des pays partenaires, afin d'assurer un impact durable sur les systèmes éducatifs.
Outre les avantages qu'elle procure au niveau universitaire, cette coopération entre les milieux de l'enseignement supérieur contribue naturellement à renforcer le dialogue interculturel.
Les échanges interpersonnels, scientifiques et technologiques sont essentiels au rapprochement des peuples, ainsi qu'à une meilleure compréhension et à une meilleure perception mutuelles.
Certes, la culture et le dialogue interculturel ne sont pas la panacée, et ils ne nous dispensent pas d'étendre la coopération à d'autres domaines. Cependant, en donnant une place centrale à la dimension humaine -- en tant que ciment de nos relations -- ils orienteront la coopération dans la voie de l'intérêt général.
En particulier, ils mettront fin peu à peu aux malentendus et aux stéréotypes négatifs entre tous les peuples méditerranéens de bonne volonté.
Mais nous devons continuer à chercher ce qui pourrait encore être fait pour rapprocher les peuples de la région euro-méditerranéenne. Et cette conférence d'Alexandrie nous offre l'occasion d'envisager l'avenir.

Mesdames et Messieurs,

Dans le règne de la culture et de la civilisation, les conflits n'ont pas de place.

Dans celui de la foi, il ne devraient pas exister davantage.

Il est inutile de rappeler la place qu'occupe l'Égypte dans l'histoire de la civilisation mondiale et son immense prestige culturel.
Le rôle de l'Égypte au Moyen-Orient est tout aussi crucial aujourd'hui.
Il l'est pour la paix dans la région. L'Union européenne sait gré à l'Égypte de ses efforts tendant au règlement pacifique des conflits que connaît la région, en particulier en ces jours sombres de violence et de terreur.
Il est crucial pour le dialogue, dans la région et avec l'Occident.

Mesdames et Messieurs,

Aujourd'hui, la communauté internationale et les peuples de la région ont une feuille de route.
Sans doute n'est-elle pas idéale. Sans doute manque-t-elle de clarté et de détail. Mais elle est tout ce que nous avons pour briser le cycle infernal de la violence et du désespoir.
Suivons-la et voyons où elle nous mène.
Nous ne devons pas permettre aux extrémistes de tous bords de faire dérailler ce processus. Nous ne devons pas permettre à la logique de la guerre, des représailles et du talion de détruire cet unique espoir.
Il n'existe aucune solution militaire durable aux conflits entre les peuples.
Les propos que j'ai tenus aujourd'hui constituent tous un appel au dialogue et au rejet de la violence. Et notre présence à tous, en ce jour et en ce lieu, témoigne de cette aspiration commune au dialogue.

Mesdames et Messieurs,

Les Romains appelaient la Méditerranéenne "Mare Nostrum". Cette mer baigne de nombreux rivages -- l'Afrique, l'Asie, l'Europe -- son visage et son humeur sont changeants: parfois orageuse et agitée, elle est aussi à d'autres moments calme et paisible.
"Notre mer" doit appartenir à tous les peuples qui la bordent.
Nous devons en faire un carrefour d'échange et de dialogue. Un havre de paix et de sécurité, de prospérité et de partage des connaissances, où les valeurs et le progrès humains prennent le pas sur les différends et les conflits.

Mesdames et Messieurs,

La Grande Bibliothèque d'Alexandrie est ressuscitée. Reste à la Méditerranée à regagner son unité.

Je vous remercie.

Bruxelles,10 20 2003
Rédaction de l'Union Européenne
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