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Elargissement européen : Des pertes importantes pour le Maroc

De notre correspondant permanent à Bruxelles, Hamza Fassi Fihri

· Les pertes sont chiffrées entre 1 et 1,9% du PIB par les Finances
· Gunter Verheugen, chargé d’une nouvelle initiative, bientôt en visite
· Rabat doit réagir pour faire face à l’élargissement


Une délégation de hauts fonctionnaires s’est rendue à Bruxelles jeudi 2 octobre 2003 (cf. www.leconomiste.com) pour y rencontrer des responsables de la Commission européenne, dans le cadre du «dialogue économique Maroc-UE».

Ce dialogue est prévu par l’accord d’association. Les fonctionnaires du ministère des Finances n’y sont pas allés de main morte pour décrire les pertes de finances publiques que représente l’accord avec l’UE et pour s’inquiéter de l’élargissement de cette Europe vers l’est.

Chacun des deux partenaires a d’abord présenté sa situation économique, en mettant l’accent sur les performances macroéconomiques ainsi que sur les prévisions de croissance. Le Maroc a ensuite fait un exposé consacré à l’impact économique de l’élargissement de l’UE sur l’économie marocaine. Selon les termes du chef de la délégation marocaine, Zouaïr Chorfi, directeur du Trésor et des Finances extérieures au ministère des Finances, “l’élargissement est un défi et une opportunité pour le Maroc. C’est clair qu’il y aura des détournements de flux d’investissements à nos dépens au profit des pays d’Europe de l’Est, mais pas d’appréhension: le futur marché européen sera aussi plus large pour nos exportations, qui auront d’ailleurs à se diversifier”.

Concrètement, d’après les prévisions de la DPEG du ministère des Finances, une Europe qui passe de 15 à 25 membres a un effet d’entraînement sur la croissance européenne de l’ordre de 0,1% par an. Ce supplément de croissance devrait lui-même avoir des répercussions positives sur le Maroc. De plus, les relations commerciales avec les nouveaux Etats membres de l’UE représentent un potentiel d’échanges non négligeable qui pourrait multiplier les exportations marocaines par trois, pour autant qu’on atteigne avec ces pays un volume d’échanges comparable à celui que le pays atteint actuellement avec l’UE à 15.

Agriculture et textile marocains sont menacés

L’élargissement de l’Union européenne à l’Est n’entraînerait cependant pas que des effets positifs sur l’économie marocaine. Loin de là. En fait, cela risque de prononcer les effets négatifs du processus de libéralisation et d’ouverture des marchés que l’on connaît depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’association en mars 2000. Ce processus, pour l’heure, est défavorable au Maroc, qui a déjà perdu 1% de son PIB en conséquence directe de ces changements. Ainsi, pour ce qui est strictement de l’entrée en application de l’accord (et non pas de l’élargissement de l’UE), pour l’exercice 2004, le projet de loi de Finances prévoit une baisse de 14% des recettes sur les droits de douane. Un coup sévère pour les finances publiques, dont on ne sait pas si le montant sera récupéré efficacement par le tissu productif.

Dans les trois années à venir, alors que le processus de démantèlement des barrières douanières devrait toucher les biens produits localement, le Maroc pourrait, toujours selon les chiffres de la DPEG, perdre 1,9% de PIB supplémentaire.

En termes sectoriels, de réelles menaces pèsent sur l’agriculture. Depuis une dizaine d’années, le Maroc exportait de plus en plus vers les PECO, car leur législation était plus souple et l’accès à leur marché plus intéressant.

Réforme implique crise sociale

Maintenant, ils vont aligner leur dispositif législatif et douanier sur celui de l’UE, ce qui va handicaper l’agriculture nationale, analyse le ministère des Finances. Une réunion a été organisée spécialement sur le sujet, dans la foulée du dialogue économique. Le Maroc y a présenté les réformes qu’il a l’intention de mener dans le domaine agricole, un domaine à très forte sensibilité sociale, comme c’est le cas dans l’Union, où chaque réforme de la PAC prend une tournure de crise sociale. Dans l’industrie, le tableau n’est guère plus optimiste. Le secteur textile, qui représente 40% de nos exportations industrielles, se retrouve en première ligne. Des pays comme la Pologne sont en effet très concurrentiels et risquent de rafler des parts de marché qui nous étaient jusque-là réservées.

Les PECO vont en outre bénéficier d’une aide publique européenne multipliée par dix par rapport aux montants qu’ils reçoivent aujourd’hui en tant que candidats. Cette manne financière très importante va permettre à ces économies de rapidement devenir saines, équilibrées et compétitives, et d’attirer ainsi davantage d’investissements directs étrangers, aux dépens des pays méditerranéens, et notamment du Maroc. C’est pour cette raison que la délégation marocaine n’a pas manqué de rappeler aux Européens que le Maroc est demandeur d’une présence accrue de l’UE en tant que partenaire financier, notamment de la nouvelle politique de proximité du gouvernement, qui met l’accent sur le social. Chorfi précise que le Royaume aimerait bénéficier de davantage de dons ou de financements sur base de taux concessionnels.

Sans quoi l’Est finira par éliminer le Sud. Ce à quoi l’Europe répond qu’elle réfléchit actuellement aux aspects économiques à mettre sur pied dans le cadre de la nouvelle politique de voisinage portée par le président de la Commission, Romano Prodi, et qui peut se résumer par “tout sauf les institutions”.

La Commission a toutefois précisé à la délégation marocaine qu’il n’y avait rien à attendre en termes d’engagement financier supplémentaire avant 2006, faute de budget. Et d’annoncer que le commissaire à l’Elargissement, Gunter Verheugen, en charge de la nouvelle politique intitulée “Wider Europe”, fera le déplacement au Maroc dans quelques semaines pour une mission exploratoire.

Devant cette succession de nouvelles difficiles, le Maroc doit réagir. L’ensemble de ces effets négatifs se poursuivra tant que le pays ne sera pas un lieu où il fait bon investir et commercer. En d’autres termes, il est impératif de donner un coup d’accélérateur aux réformes structurelles dites de deuxième génération, tant au niveau des marchés et des entreprises qu’au niveau du cadre général de l’activité économique: modernisation de l’administration publique, mise à niveau des entreprises et développement du tissu industriel, tout en poursuivant des politiques macroéconomiques basées sur une gestion rigoureuse du budget de l’Etat. Sans quoi, l’élargissement européen et la création de la zone de libre-échange euro-méditerranéenne risquent d’enfoncer le pays dans une spirale désastreuse.

Casablanca,10 12 2003
Rédaction de l'Economiste
L'Economiste
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