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Ahizoune analyse la crise mondiale des télécoms

Le modèle marocain de croissance est plus sûr, même s'il a été pendant un temps moins séduisant.
Le marché de l'Internet, contrairement à ce qui se dit, n'est pas décevant.
L'UMTS, une folie qui n'était même pas au point.


Tempête dans la maison Vivendi, énorme trou chez son voisin France Télécom, faillites ou rattrapages in extremis par l'Etat chez les Allemands, coups fourrés de Vodafone (où certains voient une main américaine) sur les sociétés d'Europe continentale…

De semaine en semaine, le paysage des télécommunications change radicalement. Des opérateurs de deuxième ligne qu'on croyait condamnés pour leur manque d'audace dévorent aujourd'hui les géants de la première ligne, qui pourtant faisaient figure de visionnaires géniaux.

Comment des stratégies qui devaient mener au paradis ont-elles conduit des entreprises, leurs managers et leurs actionnaires en enfer? Abdeslam Ahizoune, PDG de Maroc Telecom, analyse cette crise mondiale. Elle est sans précédent par son amplitude financière, son extension géographique et la rapidité d'enchaînement des faits. Pour être parfaitement honnête vis-à-vis de ces faits, il faudra reconnaître que Maroc Telecom s'était méfiée depuis le début de la voie prise par les acteurs internationaux du secteur. Ses réticences avaient en général été comprises comme un refus d'entrer dans la libéralisation, ce qui lui avait valu de vertes critiques… fidèlement retracées dans les colonnes de L'Economiste.


L'Economiste: A votre avis, qu'est-il vraiment arrivé aux entreprises mondiales de télécoms?

Abdeslam Ahizoune: C'est impressionnant! Il y a dix-huit mois, presque toutes ces grandes compagnies multinationales étaient en tête des capitalisations boursières. Aujourd'hui, on pourrait quasiment parler de secteur sinistré: tous les grands opérateurs sont touchés. Rappelez-vous: personne n'y avait fait attention, ni les analystes financiers ni la presse, mais avant cette débâcle des opérateurs historiques, il y a eu les faillites des opérateurs Internet, de certains opérateurs de systèmes globaux par satellite et des nouveaux entrants sur le fixe. Nous l'avions redouté à Maroc Telecom. Beaucoup ont pensé que nous exagérions les dangers pour ralentir la libéralisation. Mais finalement, le Maroc a été épargné et a su tirer profit de la bonne conjoncture des télécoms. Le secteur au Maroc me paraît aujourd'hui financièrement sain et préserve tous ses atouts.


Nous y reviendrons, mais d'abord comment les grands opérateurs en sont-ils arrivés là?

Ceux qui sont actuellement en difficulté ont un point commun, le surendettement. C'est lui qui explique pour l'essentiel le renversement de la situation. Ils se sont endettés au-delà du raisonnable, poussés par trois aiguillons. D'abord, il y a eu la fièvre des fusions/acquisitions: la croissance externe à tout prix sous peine d'être soi-même absorbé. Cette situation a conduit à des acquisitions pour le moins hasardeuses. Cela a été fait au moment où le marché était à son plus haut niveau. Ceux qui n'ont pas été impliqués dans ces opérations, tels que Maroc Telecom ou Cegetel, en ont été préservés. Cegetel a des accords régissant les relations entre ses actionnaires lui interdisant toute extension hors de France. C'est d'ailleurs cette stratégie centrée sur son marché qui fait aujourd'hui l'intérêt que beaucoup lui portent... Pour Maroc Telecom, notre extension vers Mauritel reste une opération de taille maîtrisable, réalisée à son juste prix.


Et les surenchères?

Oui, c'est le deuxième facteur de déstabilisation: la surenchère sur les licences UMTS. La plupart des opérateurs estimaient indispensable de détenir des licences pour rester dans la course technologique. Or, les constructeurs affirmaient tous que les technologies étaient au point pour l'UMTS, ce qui n'était pas exact. Enfin, le troisième facteur de déstabilisation a été la participation à la spéculation sur la "bulle Internet" par l'achat de sites à des prix sans rapport avec leur valeur réelle.


Que s'est-il réellement passé sur le marché de l'Internet?

D'abord, et contrairement à ce qui se dit, le marché n'a pas déçu. Si les opérateurs du fixe ont maintenu le volume du trafic face à la concurrence du mobile, c'est bien grâce à la croissance de l'Internet. Là où s'est formée la bulle spéculative, c'est lorsque le contact avec cette réalité s'est perdu. La réalité disait que le modèle économique d'Internet par lui-même, indépendamment des "tuyaux", n'a pas encore trouvé son équilibre. On a pensé que la solution était dans la baisse des tarifs des services des télécoms, sans doute, mais ce n'était pas suffisant. Au moment où nous parlons, il reste bien peu des premiers providers et la plupart des survivants sont adossés soit aux sociétés de télécoms, soit aux sociétés qui produisaient déjà les données. Ce n'est plus du tout le rêve que le monde entier avait fait au départ.


Et ça n'a pas duré. Que va-t-il arriver maintenant?

Quand la bulle de l'Internet a explosé, les prix sont redevenus plus logiques. De même quand la perspective de l'UMTS s'est éloignée et que les esprits sont revenus à une plus juste appréciation de ce qu'est la nouvelle économie, les marchés ont brutalement révisé à la baisse leurs estimations des valeurs télécoms.
Maintenant, I'heure des restructurations a sonné sur les grands marchés. Quant à Maroc Telecom, nous avions opté pour une dynamique de croissance interne au lieu de la croissance externe. Nous étions donc à l'abri des errements. Au contraire, nous avons eu une forte croissance, parce qu'elle était bien assise sur son marché, dynamisé par la concurrence et par l'arrivée d'Internet. Notre modèle économique était certainement moins enthousiasmant, mais il avait le mérite d'être basé sur du concret.


Vous avez pourtant acheté Casanet, sans développer votre structure interne.

C'était un investissement de toute logique, puisque Menara est le portail le plus visité du Maroc. Enfin, nous sommes restés à l'écart de l'aventure UMTS: Maroc Telecom avait vu que le marché n'était pas mûr et pour tout vous dire, nous n'avions pas les moyens technologiques de nous faire une idée sûre, alors nous avons été circonspects. Nous avons opté pour un passage intermédiaire à l'UMTS en introduisant le GPRS. Bien nous en a pris.
Le résultat est que Maroc Telecom est aujourd'hui l'un des rares opérateurs dans le monde avec une dette nette négative grâce au cash qu'il dégage. Nous sommes peut-être le seul opérateur historique à avoir pu rembourser par anticipation des prêts, grâce auxquels nous avons équipé le pays à marche forcée, en téléphonie filaire et mobile.


Vous disiez que votre vision était juste, qu'allez-vous faire maintenant?

Tout simplement notre mission fondamentale: développer le marché grand public et favoriser la croissance des entreprises, car les télécommunications sont un élément-clé de leur dynamisme et de leur insertion dans l'économie mondiale. D'ailleurs, nous leur avons préparé une gamme complète et cohérente de nouvelles offres qui couvrent tous les segments de la téléphonie: Fixe, Données & Internet et Mobile. Nous souhaitons aussi nous développer à l'international.


Au-delà du marché local, y a-t-il des pistes dans la restructuration mondiale, maintenant que les marchés se sont calmés?

Un peu tôt pour le dire, car il faut d'abord sortir de la partie chaude de la crise. Ces entreprises ont un patrimoine sain mais sont trop endettées et n'ont pas le cash pour faire face à l'endettement.
Le problème est très complexe pour tous. Aujourd'hui, le secteur attend le facteur déclenchant qui relancera la croissance comme l'ont fait le GSM ou les technologies numériques dans le passé. Or, l'UMTS tarde à venir.


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Le haut débit avant la fin de l'année

Pour un cadre de la haute administration qui a commencé sa carrière en plein monopole et des pénuries téléphoniques des années 80, Ahizoune a acquis un remarquable sens commercial. Il est comme ces grands patrons de multinationale qui ne perdent jamais de vue au cours des entretiens de presse qu'ils doivent "faire la pub" des produits du groupe qu'ils président. Comme Frank Riboud, qui ne manque jamais une occasion de dire que les Danone sont très bons pour la santé, Abdeslam Ahizoune fait la promotion de ses produits, en l'occurrence la promotion de ses promotions de l'automne.

Maroc Telecom vient de lancer de nouvelles offres et son président en annonce d'autres.

Mobile: Les offres sont disponibles depuis septembre. "C'est du spécial entreprise, explique Ahizoune, pour faire de substantielles économies sur leurs factures et pour bien maîtriser les coûts. "Nous venons aussi de lancer en exclusivité le GPRS". Mais les entreprises intéressées doivent en faire la demande. "Ce sera gratuit pendant 3 mois", souligne le président.

Fixe/Mobile: Maroc Telecom envisageait, toujours pour les entreprises, de lancer en octobre des tarifs préférentiels, mais elle doit auparavant obtenir le feu vert de l'ANRT.

Internet à haut débit: L'ADSL sera disponible avant la fin de l'année, promet Maroc Telecom. "Ce sera sans comparaison avec les liaisons ordinaires, et cela ira encore plus vite que les liaisons spécialisées", dit Ahizoune. Les Casablancais et les R'batis seront servis en premier.

Propos recueillis par Nadia SALAH


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Quel est le degré d'exposition à la crise?

Aujourd'hui, l'entreprise Maroc Telecom tout comme sa concurrente sur le GSM, Méditel sont relativement protégées des tempêtes mondiales. La zone d'exposition ne concerne pas leur marché, or, leur système de croissance est basé sur ce marché, pas sur les acquisitions extérieures.

Pour Maroc Telecom, l'exposition se limite à ce qui se passera chez Vivendi et ce pour un tiers du tour de table de l'opérateur marocain. Pas de quoi donc bouleverser le paysage des télécommunications, sur lequel repose une partie de la mise à niveau marocaine et pas uniquement la croissance du secteur des NTIC. Cependant, les autorités politiques marocaines restent très vigilantes, tout comme l'état-major de Maroc Telecom, sur les développements mondiaux sur Vivendi: il y aura peut-être des opportunités à saisir. Sur ce point, Ahizoune reste très discret même s'il multiplie depuis deux mois les voyages à Paris…

En revanche, la crise mondiale des télécommunications est un coup dur pour les finances publiques, qui comptaient sur les télécoms… pour répondre à une préoccupation évidente, le gonflement du déficit budgétaire.

Avec le recul, et une fois retombées les passions autour de la libéralisation, on peut dire que les finances publiques auront finalement bien profité du boum en plaçant sur le marché deux opérations très "juteuses": la deuxième licence GSM vendue à Méditel et le tiers du capital de Maroc Telecom cédé à Vivendi.

Les gouvernements Filali et Youssoufi pouvaient-ils faire mieux? Question difficile où l'on ne peut rigoureusement rien prouver, ni dans un sens ni dans l'autre. En revanche, on peut penser que si la deuxième licence du fixe et une partie supplémentaire du capital de MT avaient été vendues, le niveau d'exposition à la crise mondiale aurait été nettement plus élevé qu'il ne l'est aujourd'hui. Mais là encore, difficile de dire si ce niveau d'exposition serait ou pas une bonne chose: la crise est en cours et les recompositions qu'elle provoque ne font que commencer. Une seule certitude: le secteur marocain et les finances publiques n'ont la taille financière que pour jouer sur les niches du grand jeu mondial.

Ce qui ne veut pas dire que dans les niches, il n'y a pas d'opportunités intéressantes, tant du point de vue économique que du point de vue géopolitique.


Casablanca,10 28 2002
Nadia Salah
L'Economiste
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