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Le 11 Septembre, deux ans après - Les conséquences économiques à long terme inchiffrables

· La hausse des coûts de transport due aux mesures de sûreté grève la compétitivité des exportations
· Le Maroc est exposé sur deux plans: le tourisme et les transferts des fonds des émigrés


Les attentats sont intervenus à un moment où l'économie américaine commençait à manifester des signes d'essoufflement après une décennie de croissance ininterrompue. La «traction» de l'économie mondiale étant en panne, la contagion était inévitable pour le reste du monde.

La crise due au «nine eleven» a été plus grave que celle de la première guerre du Golfe, constatent les experts de l'OCDE. Dans la plupart des économies de la zone, la confiance des ménages et des entreprises s'était affaiblie au point de contraindre les prévisionnistes à corriger leur pronostic initial, une révision à la baisse «la plus importante de l'histoire récente». A tempérer toutefois, car de toute façon, les prévisions de croissance allaient être revues à la baisse.

Le Maroc pour sa part, s'en est plutôt bien tiré malgré des craintes sur le secteur touristique. Il est vrai que l'essentiel de la saison était globalement consommé. La croissance de l'économie nationale en 2001 n'a quasiment pas pâti des attentats du 11 septembre. Le rattrapage du PIB agricole du fait d'une très bonne campagne céréalière (45 millions de quintaux) a soutenu la croissance, 6,5% en 2001. Une deuxième explication tient au fait que le principal ressort de la croissance est la consommation intérieure. Le faible arrimage de l'économie marocaine à la globalisation a servi en quelque sorte de verrou de protection.

La prévision de consensus pour la croissance du PIB réel des Etats-Unis a été réduite de 0,5 point pour 2001 et 1,2 point l'année suivante. Le manque à gagner cumulé du revenu national imputable aux attentats du 11 septembre est évalué à fin 2003, à 500 milliards de dollars (13 fois le Produit intérieur brut du Maroc).

De tous les secteurs, le transport aérien, l'industrie aéronautique et les assurances, sont ceux qui ont payé le tribut le plus lourd après le 11 septembre. La peur de l'avion conjuguée au ralentissement économique s'est traduite par l'effondrement de l'activité des majors américains. Le pragmatisme de l'Administration Bush à soutenir à coup de dollars les compagnies américaines n'a pas empêché qu'elles se placent sous la protection de la loi antifaillite (le fameux chapitre 11).

Dans une activité où les marges sont serrées et les charges structurelles rigides, le résultat était prévisible: une cascade de faillites comme jamais auparavant dans l'histoire de ce secteur. Des compagnies en retard de restructuration ont été condamnées à la disparition. C'est le cas de Swissair considérée en son temps comme l'une des meilleures compagnies du monde qui, à la surprise générale, avait rendu l'âme. Les compagnies ont dû faire face à l'accroissement des dépenses de sûreté et à la flambée de la couverture d'assurances. L'IATA (Association internationale des transporteurs aériens) estime à 10 milliards de dollars les pertes cumulées au cours de l'exercice 2001/2002, soit autant que sur les quatre dernières décennies.

Jusqu'aujourd'hui, le transport aérien ne s'est d'ailleurs pas remis de la crise des attentats du 11 septembre, à laquelle se sont greffées la guerre en Irak et la pathologie du syndrome respiratoire aigu (le SRAS) dont on annonce au passage le retour (un cas avéré a été détecté à Singapour).

Les constructeurs d'avions, de leur côté, ont vu leur carnet de commandes fondre, en plus de l'avalanche des reports de livraisons de certaines machines, les compagnies aériennes ayant sensiblement réduit leur voilure afin de s'adapter à la baisse générale de la demande sur le marché de voyages. L'impact somme toute limité des attentats du 11 septembre sur les économies développées, a relativement rassuré sur les appréhensions quant aux effets sur les pays en développement. Il reste qu'à long terme, les économies du Sud n'en sortiront pas indemnes.

Les spécialistes de l'OCDE identifient trois canaux de transmission via lesquels les attentats du 11 septembre impacteront les pays pauvres: les coûts de transport, le tourisme et les transferts des fonds des travailleurs émigrés. Le Maroc est concerné au premier chef, le tourisme et les transferts de MRE étant des piliers de sa balance des opérations courantes.

Le renforcement des mesures de sécurité a eu sans doute un effet asymétrique sur le coût des transactions commerciales internationales. Le surcoût sera d'autant plus important que ces pays supportent souvent des frais de transport plus élevés ad valorem (pour les marchandises en vrac et les produits périssables transportés par avion). Par ailleurs, l'obligation de «certification» de ports exigée par beaucoup de pays développés (Etats-Unis en tête) introduit un facteur de discrimination par rapport aux pays en développement qui ne disposent pas de moyens de s'y conformer.

L'appréhension des voyages due aux attaques terroristes du 11 septembre a fait fondre les carnets de réservations des compagnies aériennes (voir développements plus haut). En moyenne, la baisse était à deux chiffres, jusqu'à 50%, dans le mois qui avait suivi les attentats pour certaines compagnies aériennes.

Les économies qui sont étroitement liées à l'industrie du tourisme devraient s'attendre à souffrir, préviennent les analystes de l'OCDE. Le rapport cite les Caraïbes, les pays du Pacifique Sud et ceux du MENA dont le Maroc. Tout dépendra de la manière dont chaque destination gère le passage à vide conjoncturel, ou si elle se serait construite une différenciation forte sur le marché. La reprise économique dans les marchés émetteurs devrait en principe permettre le redressement du secteur, à mesure que la crainte de voyager disparaîtra. A noter au passage que sur le principal marché émetteur du tourisme vers le Maroc (la France), les professionnels n'ont pas observé cette crainte vers la destination marocaine, y compris après les attentats du 16 mai à Casablanca. Le terrorisme est presque banalisé, car comment expliquer que l'Espagne, malgré l'activisme de l'ETA, continue à battre les records d'affluence chaque année?

Le troisième canal de transmission, les transferts des fonds des travailleurs émigrés. Pour le Maroc, les envois des fonds des MRE constituent la première source en devises, loin devant le tourisme. Le fait que beaucoup de ces travailleurs soient employés dans des secteurs exposés (tourisme entre autres), la baisse d'activité se traduira par celle de la capacité d'épargne des émigrés, et donc, des fonds rapatriés dans leurs pays d'origine.

Casablanca,09 15 2003
Abashi SHAMAMBA
L'Economiste
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