Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

L'artisanat marocain peine à l'export

· Tagines et théières, des produits non grata en Europe, à cause du plomb
· Tadellakt, luminaires, fer forgé… les principaux produits prisés à l'étranger


L'artisanat marocain est en perte de vitesse. A l'international, et de l'avis de professionnels, il est en train de perdre des parts de marché. Pourtant, le secteur est important dans l'économie et l'équilibre social. A l'échelle nationale, au moins 2 millions de personnes exercent dans cette activité à forte valeur ajoutée. Ce qui représente 20% de la population active et contribue à hauteur de 19% au PIB. A l'export, les chiffres tournent autour de 600 millions de DH.

A l'international, la demande dépasse largement l'offre. En revanche, le secteur au Maroc semble dormir sur ses lauriers, alors que les pays concurrents, eux, se restructuraient en améliorant les process de fabrication.

Parti avec une longueur d'avance, le Maroc n'a pas su se créer une marge forte sur le marché international ni suivre les tendances du marché international. Dans les grandes foires et salons à l'étranger, le constat est frappant. La dernière manifestation en date a été Tendence Lifestyle, tenue à Francfort (Allemagne).

Parmi les produits exposés, figuraient et à fortes proportions, luminaires, fer forgé, poterie, verres à motifs…

Contactés par L'Economiste, plusieurs exposants, habitués des foires internationales, se disent très gênés par la concurrence étrangère.

"Chaque pays concurrent s'est spécialisé dans un segment".

Par produits, l'Inde détient les lanternes, alors que l'Indonésie excelle dans les articles en bois. Quant au fer forgé, il est devenu une spécialité de la Pologne et de certains pays de l'Europe de l'Est. Même le zellige marocain est magnifiquement copié par les Chinois et les Vietnamiens, ainsi que les tables en fer forgé, censées renforcer la présence du produit made in Maroc. En plus, il est plus compétitif que le nôtre sur le marché.

Les Asiatiques (Chine, Indonésie et Corée) ont réalisé des pas de géant dans ce positionnement. Et ils sont devenus presque imbattables particulièrement dans le mobilier artisanal. Ils ont créé de la valeur ajoutée en termes de finition, coloris et design pendant que nos produits, à de rares exceptions près (cuir), faisaient du surplace.

"Leurs produits n'ont pratiquement rien à envier aux nôtres", estime un professionnel marocain. Souvent, ils sont plus pratiques, plus légers et bon marché.

D'autant plus que la main-d'oeuvre n'est pas chère en Inde, ajoute une exposante. Ce qui est également le cas chez nous. Par ricochet, "ils vendent moins cher que nous. Et c'est tout à fait normal, c'est industriel", explique Mouna Lahlou, exposante marocaine.

Pour sa part, le tapis marocain a aussi accusé un net recul face à la concurrence du Népal et de l'Inde, sans compter la contrefaçon. Le tapis marocain, autrefois une fierté nationale, est en chute libre face au copiage des industriels turcs.

Ceci étant, certains de nos produits maintiennent quand même la cote à l'export. Parmi eux, en premier lieu les luminaires. Les lampes et appliques en cuivre, laiton, alliages et cuir au henné. Par ailleurs, le Tadellakt, produit à 100% marocain (revêtement à base de chaux), reste aussi très prisé de par ses coloris et sa texture douce au toucher. Il en est de même des articles en fer, assises orientales (poufs en cuir)… Pour sa part, la verrerie émerge dans le commerce de volume surtout avec les verres à pied à motifs. Tout comme le marbre, en provenance d'Erfoud, avec des tables, fontaines, assiettes, fossiles minéraux…

"Des produits très prisés surtout par la clientèle américaine", a déclaré Zehra Kerab, exposante à Francfort.

· The One

A l'étranger, les débouchés de l'artisanat marocain sont essentiellement l'Espagne, la Hollande, l'Allemagne, les Etats-Unis, la France et depuis peu… les Emirats arabes unis et le Pérou! "Je viens de vendre un conteneur de poterie avec cerclage et luminaires à des commerçants du Pérou", a confié à Francfort Fatiha Chraïbi à L'Economiste. De même qu'une grande quantité de lampes, tables et lustres à une chaîne de grande distribution, The One, basée aux Emirats arabes unis.

En revanche, certains produits qui mériteraient de mieux se vendre à l'étranger sont interdits du marché européen. Les tagines et théières sont produits non grata en Europe à cause de la présence du plomb. En revanche, personne ne tire la sonnette d'alarme pour les nationaux.

De l'avis d'exposants, "le produit marocain souffre de problèmes d'image.

De par le passé, plusieurs commerçants exposaient des produits et en livraient d'autres dont la qualité laissait souvent à désirer". Le secteur paie en fait de l'anarchie qui l'a caractérisé durant des années.

A présent, la priorité est de redorer le blason de l'artisanat. En d'autres termes, professionnaliser le secteur: respecter les délais de livraison, et la conformité des commandes, produire de la qualité. Le principal souci des professionnels est de retrouver des clients et replacer des commandes en redonnant confiance à la clientèle.

Autre difficulté rencontrée, le packaging. L'emballage reste le talon d'Achille des produits artisanaux. Plusieurs importateurs européens exigent des artisans de revoir leur emballage.

--------------------------------------------------------------------------------

Pavillon Marokko

Au total, quelque 85 pays ont été représentés lors de cette grand-messe. Un pavillon baptisé Marokko, aménagé par la Maison de l'Artisan, a été dédié à l'artisanat au hall 9 du salon.

Dans l'ensemble, une douzaine de stands ont eu pignon sur rue, dont deux ont préféré exposer à titre indépendant. Il faut dire que certains contestent les modalités et procédures adoptées par la Maison de l'Artisan. "Au préalable, nous ne disposons pas d'assez d'informations sur les stands", soulignent des exposants. D'autres se plaignent du dommage subis lors du transport ainsi que du marchandage des transitaires. "Un cercle vicieux".

Le label marocain était représenté par des produits typiquement artisanaux. Il faut dire que dans l'ensemble, et contrairement à la vocation du salon francfortois (Tendence Lifestyle), les produits marocains exposés prêchaient souvent par le manque de caractère inédit. "Il faut faire preuve de plus de créativité", a martelé le ministre de l'Artisanat à l'ensemble des exposants marocains lors de sa visite au salon.


Casablanca,09 08 2003
Amin RBOUB
L'Economiste
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |