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Commerce, les nouveaux enjeux : «La mondialisation ne doit pas exclure ou diviser» - Entretien avec Pascal Lamy, commissaire européen pour le commerce

Dans cet entretien exclusif, le commissaire européen pour le commerce revient sur les principaux dossiers ayant des implications économiques ou géostratégiques pour le Maroc
· Accord d'association, un accord «win win»
· Intégration régionale: «Le Maroc a compris les enjeux»
· Cycle de Doha: «La substance prime sur le calendrier»


· L'Economiste: Une mondialisation maîtrisée qui bénéficie aux pays en voie de développement, des règles multilatérales garantissant l'égalité des acteurs économiques… n'est-ce pas là des vœux pieux dans des relations internationales souvent régies par des rapports de force, ou peut-être de simples appâts pour convaincre les PVD de s'aligner sur les positions de l'UE face aux Etats-Unis ?

- Pascal Lamy: Vouloir maîtriser la mondialisation n'est pas un voeu pieu. La mondialisation doit être vécue comme un projet universalisant: elle ne doit pas exclure ou diviser, elle doit intégrer et unir toute la planète! C'est pourquoi il faut la maîtriser. La mondialisation par les marchés dégage un potentiel énorme de développement, mais il faut lui assigner un cadre global de régulation de telle manière que ce développement soit équitable et durable.
La négociation initiée à Doha en novembre 2001 au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce et qui doit s'achever à la fin de l'année prochaine, s'inscrit dans cette double perspective: équilibrer l'ouverture des marchés par des règles et intégrer les pays du Sud en facilitant le commerce entre eux et en leur assurant davantage d'accès effectif aux marchés des pays du Nord.
Cette régulation globale s'ébauche, même si elle se heurte encore à des obstacles: intérêts puissants et divergents, définition de préférences collectives sur l'environnement, la santé ou le droit des travailleurs, entre autres sujets de discordance. Or, s'accorder sur des normes de ce type au niveau international est forcément une entreprise de longue haleine, dès lors qu'elle se fonde sur le dialogue et non sur le décret, sur la négociation et non sur l'hégémonie. Il n'y a pas d'accord mondial sans négociation multilatérale! C'est la tâche de l'OMC, de l'OIT, de la FAO et des différentes instances de normalisation en matière d'environnement, de santé et de diversité culturelle, que de concilier liberté des échanges, clé de l'efficience, et respect de normes indispensables. Mais harmoniser ne veut pas dire uniformiser. Il faut un socle de valeurs et de principes communs. Mais il faut permettre à chacun de gérer la situation à sa façon, et à son rythme.

· Comment le commerce peut-il engendrer le développement si les capacités de production des PVD sont mises à néant?
- Il s'agit d'une question cruciale: comment s'assurer que le commerce engendre le développement et comment nous assurer que les opportunités offertes par l'ouverture des marchés se traduit réellement par une augmentation des flux commerciaux. Notre philosophie consiste à nous assurer une proportion égale de commerce et d'aide. Il faut accompagner le commerce de programmes d'aide aux pays en développement pour créer sur place, chez eux, les conditions nécessaires pour bénéficier des opportunités offertes par le commerce mondial. L'assistance technique au commerce est au coeur de la négociation en cours au sein de l'OMC mais elle est également au centre des relations que l'UE a avec les pays tiers. Pour les pays de la Méditerranée, l'aide au commerce est inscrite dans le cadre des programmes Meda. Et à l'échelle du monde, entre 1995 et 2001, l'UE a accordé plus de 2 milliards d'euros à environ 300 programmes d'aide au commerce.

· Le développement des échanges

· Pourquoi l'Europe tient-elle tant à faire aboutir le cycle de Doha?
- L'Union européenne défend le multilatéralisme et la négociation multilatérale, car nous sommes profondément convaincus que c'est la meilleure façon de lutter contre les inégalités au niveau mondial. Cela passe par le dialogue et non la force, et nous respectons les choix et positions de tous nos partenaires, développés ou en développement.
Nous nous sommes engagés à conclure le cycle de Doha dans les délais impartis. Pourquoi? Parce que l'objectif de ce cycle est le développement, c'est notre priorité. Il me semble aujourd'hui que les membres de l'OMC ont pris conscience de l'importance que constituent pour eux les négociations commerciales, pour leur développement, pour leur place dans les échanges mondiaux. Le développement des échanges favorise la croissance. L'attitude offensive de nombreux pays en développement dans ce cycle prouve qu'ils l'ont compris. Les pays en développement sont des acteurs engagés, et leur voix est largement prise en compte. C'est le cas du Maroc comme représentant du groupe africain à l'OMC. Mais la substance prime sur le calendrier: ce qui compte finalement, c'est que les résultats de ce cycle soient un pas en avant pour le développement. Cela bénéficiera à tout le monde.

· Comment l'UE peut-elle convaincre ses partenaires de s'aligner sur ses positions alors qu'elle ne cesse de cultiver un anachronisme flagrant en entretenant un protectionnisme pour les agriculteurs européens et en imposant à des pays associés comme le Maroc des quotas pour ses produits agricoles (tomates)?
- L'UE est souvent accusée d'être protectionniste en matière agricole mais plutôt que de mythes, je préfère laisser les chiffres parler d'eux-mêmes pour que les citoyens se fassent une idée par eux-mêmes: nous sommes le premier importateur de produits agricoles au monde; nous importons à nous seuls autant de produits des pays en voie de développement que les Etats-Unis, le Japon, le Canada et l'Australie réunis ; nous sommes également le plus grand importateur de produits agricoles en provenance des pays les plus pauvres de la planète. Grâce aux nombreuses préférences commerciales que nous accordons aux pays en développement, nos droits de douane effectifs sont de l'ordre de 10%. Je pense que nous sommes largement en avance par rapport aux autres pays développés.
Dans le cas du Maroc, nous avons conclu un accord d'association qui prévoit un calendrier pour démanteler nos droits de douane en ce qui concerne les produits industriels: le Maroc a déjà un accès largement libre au marché communautaire, tandis que les barrières marocaines aux produits européens seront démantelées de façon graduelle, car nous tenons compte des différences de développement qui existent entre nous. En ce qui concerne les produits agricoles, l'accord prévoit des «clauses de rendez-vous» ultérieures pour améliorer l'accès à nos marchés respectifs. C'est le cas notamment des tomates marocaines, et c'est aussi le cas des céréales européennes. Il s'agit ici d'un accord gagnant-gagnant que nous sommes en train de négocier et qui, je l'espère, sera bientôt conclu.

· Comment l'UE peut-elle appeler les pays méditerranéens du Sud à achever leur intégration alors que les pays européens n'adoptent pas une position homogène par rapport aux questions qui divisent ces pays, comme la question palestinienne et la question du Sahara?
- L'intégration européenne n'est certes pas totalement aboutie, notamment en matière de politique étrangère et de sécurité commune, mais elle reste l'un des modèles les plus avancés d'intégration régionale.
Le fait que les Etats membres de l'UE n'aient pas de position commune sur les questions que vous abordez ne nous empêche en rien d'encourager une meilleure intégration des pays méditerranéens, notamment au niveau économique.
Car, au-delà de la dimension politique, l'intégration économique régionale est importante, voire essentielle pour le développement. D'une part, pour que la taille de l'espace économique soit suffisante et garantisse les économies d'échelle requises pour l'efficacité des investissements productifs et, d'autre part, pour développer une coopération administrative et technique permettant à terme une meilleure circulation des marchandises dans la zone.
Le Maroc l'a bien compris, jouant un rôle actif dans les initiatives internationales et régionales, dans le partenariat euroméditerranéen, et en engageant de nouveaux processus d'intégration régionale tel le processus d'Agadir.
Maintenant que le réseau d'accords de libre-échange entre l'UE et ses partenaires méditerranéens est presque complet, nous devons concentrer nos efforts sur l'intensification de l'intégration régionale entre les partenaires méditerranéens. Des règles d'origine communes, la simplification des procédures douanières et l'harmonisation des règles pour le commerce sont nos tremplins pour atteindre ces objectifs. C'est dans ces domaines que nous venons de prendre des initiatives concrètes lors de la réunion des ministres de Commerce Euromed, qui a eu lieu à Palerme début juillet.o

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Fonds MEDA: Déconcentrer la gestion

· Entre 1995 et 2002, le taux de déboursement du fonds MEDA au profit du Maroc a atteint près de 30% seulement Comment comptez-vous accélérer la cadence, notamment quant au volet relatif à la mise à niveau des entreprises marocaines?

- Il y a effectivement des choses à améliorer dans la mise en oeuvre de Meda. Du coté marocain, même si la capacité d'absorption des fonds Meda a été satisfaisante, les expériences de mise en oeuvre des projets restent néanmoins limitées. C'est essentiellement lié au temps requis par la mise en place des procédures et au rodage de celles-ci par l'administration marocaine.
Du côté européen, nous avons également pris des mesures pour améliorer la gestion de notre coopération extérieure, des mesures qui devraient accélérer le rythme de mise en oeuvre, c'est-à-dire notamment les paiements, et améliorer la qualité des projets. La déconcentration de la gestion des projets vers les délégations de la Commission dans les pays bénéficiaires devrait jouer un rôle majeur dans ce processus.
Le Maroc a d'ailleurs été choisi comme l'un des pays-pilotes. Ces mesures ont déjà porté leurs fruits. On a constaté par exemple que le taux de déboursement est en nette progression depuis trois ans.
D'autre part, pour faciliter la mise en oeuvre et augmenter l'impact des fonds Meda II, en commun accord avec nos partenaires marocains, nous avons décidé de mieux cibler les moyens financiers sur un nombre limité de secteurs prioritaires. Ainsi, près de 700 millions d'euros ont été alloués à l'appui au programme de réformes économiques et sociales, par rapport au programme Meda I auquel plus de 630 millions d'euros étaient alloués pour 30 projets.
260,6 millions d'euros ont déjà été engagés pour six projets en 2001 et début 2002 et 426 millions d'euros sont déjà programmés d'ici fin 2004.
Ainsi, le programme Euro-Maroc Entreprises (EME), qui a justement été mis en place et financé par l'UE dans le cadre du partenariat euroméditerranéen, a pour objectif l'amélioration de la compétitivité des PME marocaines dans le cadre de la mise en place de l'accord de libre-échange avec l'Union européenne. Doté d'un budget opérationnel de 14 millions d'euros, EME procède à l'identification, l'élaboration et la mise en oeuvre d'actions d'assistance technique et de formation en faveur des PME marocaines ou des associations professionnelles et régionales dont elles relèvent.

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OGM: Lamy «persuadé» que l'OMC donnera raison à l'UE

Le commissaire européen chargé du Commerce extérieur, Pascal Lamy, s'est dit lundi «persuadé» que l'Organisation mondiale du commerce donnera raison à l'UE, dans le conflit qui l'oppose aux Etats-Unis, à l'Argentine et au Canada à propos des OGM (organismes génétiquement modifiés).

«Nous sommes persuadé que l'OMC confirmera que l'UE respecte pleinement ses obligations», a déclaré Lamy, dans un communiqué diffusé par la Commission européenne.

La procédure entamée par les trois pays devant l'OMC est «injustifiée» et nous «la déplorons», alors que l'UE a ouvert «un dialogue avec eux à notre sens très constructif» sur ce problème, a souligné Lamy.

Les Etats-Unis, l'Argentine et le Canada ont demandé la constitution d'un panel (jury d'experts) à l'OMC pour trancher le conflit sur les OGM.

Ils estiment que le moratoire européen sur les autorisations de nouveaux OGM relèvent plus du protectionnisme commercial que de soucis sur les conséquences éventuelles des OGM sur la santé et la nature.

«Le cadre réglementaire de l'UE pour l'autorisation des OGM est clair et transparent, raisonnable, et non discriminatoire», a au contraire réaffirmé lundi Pascal Lamy.

Une nouvelle législation sur la traçabilité et l'étiquetage des OGM adoptée début juillet par l'UE doit en principe ouvrir la voie à la levée prochaine du moratoire instauré par sept des Quinze, dont la France, sur les autorisations de nouvelles semences et produits transgéniques.

Le nouveau dispositif impose notamment de signaler la présence d'OGM à partir d'un seuil de 0,9%.


Casablanca,08 25 2003
Nourredine Fassi
L'Economiste
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