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D'où vient l'expression "mise à niveau"? Par Mohammed Germouni, enseignant et consultant

La "mise à niveau" est à "l'ordre du jour", comme beaucoup le savent, depuis quelque temps déjà. Depuis la ratification du traité de libre-échange avec les pays de l'Union européenne, et surtout après la signature des accords dits de Marrakech qui ont créé l'Organisation mondiale du Commerce en 1995, cette ardente obligation de mettre à niveau l'économie marocaine s'est imposée officiellement.

· Cadre de référence dans l'ex-CEE

De réunions en commissions techniques, de conférences en rencontres sectorielles, l'expression a fini par occuper une bonne partie des discussions des initiés, surtout des industriels, ou peu s'en faut! Heureusement et tant mieux dirions-nous si les choses avançaient comme on l'eût souhaité. Or, dans les faits, des difficultés objectives semblent contrecarrer un processus nécessairement lent et lourd avec beaucoup d'intérêt en jeu. D'abord brièvement un mot au sujet de cette appellation entrée dans les usages. L'expression s'inscrit dans un registre économique qui s'insère dans le sillage du langage pratique, imagé et "technocratique" habituellement en usage dans les bureaux feutrés des organismes internationaux.

Loin d'être une promenade de santé, c'est plutôt une sorte de "chemin de croix", si l'on peut dire, qui doit être parcouru par le pays aspirant à intégrer le groupe européen. A ce propos, certains décideurs et opérateurs économiques ont certainement encore à l'esprit la longue marche qui a été par exemple celle de pays voisins comme l'Espagne ou le Portugal, au cours de plus d'une décennie en vue de faire partie de la future "Europe des dix". C'est ce parcours qui attend ceux des pays de l'Europe centrale et orientale qui vont rejoindre l'Union dans les prochaines années.

Processus laborieux, rarement aisé, exigeant souvent suppression de protections dont bénéficiaient les entreprises, cessations d'activités existantes, réductions de certaines recettes d'impôts et de taxes faciles… Mais il s'agit d'un processus qui favorise également à terme la création d'entreprises et d'activités nouvelles, tout en améliorant au total l'efficacité et la performance de l'économie con- cernée.

Formule donc imagée, d'allure pédagogique alliant pragmatisme et simplification, elle sera à son tour adoptée par bon nombre de décideurs d'autres régions et connaîtra que de fois un emploi parfois abusif.

Dans le cas marocain, en prenant en considération le type de partenariat visé avec l'Union européenne et ses contraintes, l'expression n'a évidemment plus la signification habituelle de rapprochement d'économies qui a été la sienne à l'origine dans le cadre des adhésions. Désormais, elle vise un partenariat commercial, et ce n'est pas négligeable non plus.

· Une mobilisation locale

L'opération consiste en une longue et minutieuse préparation de l'économie en général à une plus grande et vive compétition internationale, en prévision du démantèlement programmé des diverses barrières douanières à l'horizon 2010.

Mais alors où résident les causes du retard de l'accomplissement du programme et la lenteur observée dans son exécution? La raison principale semble être la lancinante question du financement des politiques, des actions et surtout des investissements requis par cette mise à niveau. Elle continue de se poser sans trouver de réponse satisfaisante, les ressources locales étant limitées. D'importants redéploiements et restructurations douloureux doivent être effectués dans le secteur industriel notamment, mais n'ont pu avoir lieu. Les entreprises et les branches concernées semblent louvoyer avec les échéances à travers un "lobbying" subtil qui leur a réussi jusqu'ici. Les besoins financiers de mise à niveau des entreprises du seul secteur industriel avaient été estimés à quelque quarante milliards de dirhams.

A défaut d'une identification claire et précise des principales sources de financement possibles, et au vu d'un autofinancement des entreprises pratiquement symbolique, il ne peut y avoir de miracle en la matière. Aussi significatif qu'il semble être, l'apport européen, tant attendu, demeurera nécessairement limité dans son montant et dans sa fonction.

Etant la plus concernée, la partie marocaine assume nécessairement une grande part de responsabilité. Entreprises, banques et administration l'ont bien réalisé depuis quelque temps déjà et semblent rechercher à mobiliser d'éventuelles ressources à coût modéré.

Le système bancaire et les diverses formes de subventions ne sauraient venir à bout du problème, sans une participation financière et des garanties conséquentes des entreprises.

D'ailleurs, partenariat ou non avec l'Europe, avec les USA comme il en est question, ou avec les deux, tous les diagnostics objectifs effectués par le passé concluaient à l'urgence des transformations à apporter et des restructurations à mener à bien, simplement pour se préparer à la concurrence internationale. Autrement dit, quelle que soit l'appellation devant désigner le processus et les modalités de ce qu'il convient d'entreprendre à court et à moyen termes pour améliorer les performances de diverses branches concernées, le constat est que la réalisation d'un tel programme enregistre plus qu'un simple retard.

· La communication sera essentielle

Ayant derrière eux une longue et riche expérience du secteur industriel en particulier, à la fois des entreprises que des entrepreneurs, les responsables, actuellement en charge de la coordination de ce dossier difficile, semblaient apparemment mieux préparés pour réussir là où d'autres qui les avaient précédés ont échoué.

A l'avenir, la communication relative aux résultats des mesures adoptées, des actions et des programmes en cours sera beaucoup plus attendue que les simples effets d'annonce à l'issue de réunions préparatoires.

Les restructurations et les habilitations réussies seront concrètement plus parlantes et devraient constituer le terrain de la pédagogie par les faits.

Enfin, le suivi du processus de mise à niveau gagnerait peut-être en clarté, s'agissant d'une affaire nationale, à être confié à une sorte de comité ad hoc, pour "valider" formellement en quelque sorte les progrès et résultats enregistrés par l'équipe qui conduit les opérations. Nombre de travailleurs et cadres, sans parler des consommateurs sont plus ou moins concernés tant par les mesures que par les actions préconisées. Ils devraient être à leur tour impliqués à travers une information fine, précise et surtout appropriée.

Sur un plan technique, compte tenu de la lourdeur de la tâche, un souci d'efficacité semble requérir une concentration d'efforts et de moyens pour réussir la mission. A cet égard, d'aucuns sont préoccupés par l'inévitable dispersion que ne peut manquer de causer l'adjonction d'autres responsabilités non moins exigeantes. Qu'un tel cumul concerne en outre une importante direction relevant d'un autre département, et nous voilà confrontés à une problématique singulière intéressant le nouveau "partage" des missions dans la haute administration. En somme, un sujet qui ne nous éloigne pas beaucoup de la mise à niveau générale.

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Origine

Au début, la mise à niveau avait une connotation davantage méthodologique qu'explicative et reflétait des préoccupations d'experts et techniciens travaillant dans diverses structures similaires. Dans le cas de la Communauté économique européenne, l'ancienne CEE, puis de l'Union européenne qui lui a fait suite, par exemple, l'expression permettait de concevoir un cadre général de référence pour suivre la réalisation de politiques de rapprochement des économies européennes candidates au statut de membre. Elle a désigné ensuite un programme d'actions à entreprendre par le candidat à l'adhésion pour combler techniquement les déficits jugés fondamentaux pour affronter les déséquilibres structurels et pour réaliser les aménagements et adaptations nécessaires, en vue de se rapprocher du niveau moyen pris comme base de référence.

Casablanca,08 20 2003
Rédaction de l'Economiste
L'Economiste
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