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UE: «La véritable menace pour les pays du Sud est la Turquie»

Rémy Leveau, directeur à la Fondation française des Sciences politiques

A six mois de la conférence de Naples des ministres des Affaires étrangères de l'UE, les pays du Sud se posent plusieurs questions sur l'avenir de leur partenariat, avec le Nord.
Rémy Leveau, directeur d'études et de recherches à la Fondation française des sciences politiques et président du groupe de travail Méditerranée du Commissariat général au plan, qui dépend du Premier ministre français, donne sa vision sur les relations Nord-Sud: élargissement de l'UE, Euromed, politique extérieure… Entretien

· L'Economiste: L'intégration des pays de l'Est ne risque-t-elle pas de se faire au détriment des pays du Sud?
- Rémy Leveau: Pas forcément. Les pays de l'Est peuvent aussi offrir des débouchés au Sud. En termes de produits agricoles par exemple, l'Est peut être un partenaire important. Le tourisme aussi est un volet à développer. Il y a une classe moyenne potentiellement importante qui est en train de se construire dans l'Europe de l'Est et qui est aussi à la recherche du dépaysement. Les pays du Sud offrent une image de calme et d'absence de violence.

· Mais ces pays-là absorbent trois fois plus l'aide attribuée aux pays du Sud?
- C'est évident. L'aide doit d'abord bénéficier aux pays de l'Union. La véritable concurrence à terme entre le sud de la Méditerranée et les nouveaux entrants dans le système européen sera la Turquie qui, elle, représente plus de 60 millions d'habitants et a besoin d'aides et de développement considérables. Ceci apparaît au fond comme une sorte de rapport structurel. Le Maghreb, dans l'état actuel des choses, n'est pas destiné à faire partie de l'Union. Il reste un partenaire extérieur.

· Et qu'en est-il de la politique extérieure de l'Union européenne?
- Elle n'existe pas. La preuve, nous avons assisté durant la crise irakienne à deux politiques extérieures. La politique des Etats: celle de l'Allemagne et de la France contre celle de la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne et les nouveaux pays entrants. Il y aura une politique peut-être plus tard si l'Europe réussit sa réforme institutionnelle. D'ailleurs, c'est ce qu'elle est en train de faire. Aujourd'hui, l'Europe n'est qu'une construction où il y a un certain nombre de réalisations. Il faut dire qu'elle n'est pas destinée à devenir un Etat-nation. Mais ce qui a été fait est considérable comme la monnaie commune, la résolution des conflits de manière pacifique…

· Peut-on envisager une politique étrangère commune sans moyens militaires pour maintenir l'équilibre avec les USA?
- Les Américains ne sont pas les adversaires des Européens. Nous faisons partie du même système culturel et même système d'alliances. Nous pouvons être en désaccord mais ne serons jamais foncièrement des adversaires. Cela dit, dans l'état actuel des choses, nous ne disposons pas d'autonomie militaire qui nous permette de mener une autre politique à l'extérieur. Est-ce qu'un jour nous y arriverons? La majorité des partenaires en Europe aujourd'hui ne sont pas pour une dissociation de l'Europe et des Etats-Unis. S'il y a un pays qui a consacré des budgets significatifs pour sa défense, c'est bien la Grande-Bretagne. Curieusement, l'Allemagne, qui a une réputation historique de puissance, n'a pas aujourd'hui une armée de taille .

· A six mois de la conférence de Naples, où en est le projet de l'Euromed?
- Si le conflit israélo-palestinien est résolu, tout cela aura du sens. Il faut arriver à sortir d'une Méditerranée des conflits. L'Euromed, ce n'est pas qu'un dialogue entre l'Europe et les pays du Sud. L'originalité de Barcelone est d'impliquer Israël. Or, si rien n'est fait avec Israël, rien ne se fera avec les pays arabes.

· Justement, quel est le degré d'implication des Européens dans la résolution du conflit au Moyen-Orient?
- Personne n'en veut. Les Américains n'en veulent pas, les Israéliens non plus. Ceux qui le demandent du bout des lèvres, ce sont les Palestiniens. Mais ces derniers savent que pour les choses sérieuses, il faut traiter avec les Américains.

· L'histoire des grandes puissances donnait à la Méditerranée une valeur de "Mare Nostrum". Est-ce que l'Europe a une vision pour cette zone?
- Est-ce que le monde arabe a une vision pour la Méditerranée? Nous ne pouvons pas avoir une vision d'intérêt commun.
La domination de la Méditerranée par des acteurs de l'extérieur ne date pas d'hier. Depuis 1945, c'est la sixième flotte américaine qui domine. En dehors de cela, il n'y a aucune puissance militaire équivalente.


Casablanca,07 21 2003
Hayat KARIM ALLAH
L'Economiste
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