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Euromed: Des enjeux au-delà de l’économie - Par Pascal Lamy, commissaire européen au Commerce

Le lundi 7 juillet, plus de quarante ministres du Commerce des pays de l’Union européenne, de la Méditerranée et des pays de l’Europe centrale et de l’Est se sont rencontrés à Palerme dans un effort visant à renforcer les relations commerciales et accroître l’investissement entre les deux rives de la mer Méditerranée.

Comme je l’ai mentionné au cours de mon récent voyage à Amman, les ministres du Commerce sont en réalité les ouvriers de construction des routes, les cols bleus dans un coin plutôt pragmatique et prosaïque, mais je dirais nécessaire, du système international.

Le commerce est essentiel pour le rétablissement de la paix et de la confiance, vu que le commerce est généralement l’une des premières pousses vertes à émerger de la poussière et des décombres. Le commerce permet de rétablir les liens entre les gens, et en les remettant en contact avec les marchés, il leur donne des enjeux économiques dans une société stable. Bien entendu, le commerce est profondément ancré dans les pratiques et us des populations de la région méditerranéenne: carrefour et lieu de rencontre de l’ancien monde. Le défi que nous avons à relever aujourd’hui est de faire que le commerce conduise cette région vers un avenir plus heureux et sûrement plus prospère.

En outre, la croissance économique et le commerce sont également des tampons vitaux contre l’enlisement de nouveau dans les conflits. Nous n’avons pas encore suffisamment reconnu la relation entre une jeunesse en chômage, sous-employée et le radicalisme, que ce soit dans les rues de Marseille, ou dans la bande de Gaza. Et dans ce contexte, nous devrions nous rappeler les caractéristiques démographiques de la région méditerranéenne, qui a une des plus jeunes populations du monde. Il y a de nombreux jeunes hommes et femmes mécontents, les uns prêts à prendre les armes, les autres prêts à s’offrir en martyrs sur des places comme la rue Jaffa, à moins que nous ne soyons en mesure de leur montrer à tous un futur plus radieux.

Donc, qu’avons-nous fait à ce propos? Nous oeuvrons d’abord pour l’établissement d’une région méditerranéenne de libre-échange au cours de cette décennie. Nous sommes bien entendu très contents d’avoir parachevé des accords de partenariat avec le Maroc, la Tunisie, la Jordanie, Israël, l’Autorité palestinienne, le Liban, l’Algérie et l’Egypte, et des négociations en cours avec la Syrie en vue de conclure l’accord d’ici à la fin de 2003. C’est encore tôt, bien sûr, pour les accords de libre-échange et il faudra un certain temps avant que les flux commerciaux ne s’intensifient vraiment dans certains cas. Mais les négociateurs commencent déjà à regarder au-delà du libre-échange et recherchent des voies qui nous permettraient d’avancer dans de nouveaux domaines, tels que la coopération régulatrice, qui seront cruciaux pour l’attraction de nouveaux investissements dans la région. Lundi nous allons faire des progrès [à la ministérielle nous avons fait des progrès] en adoptant une série de règles communes relatives à l’origine, applicables à la région tout entière et en convenant de simplifier et rationaliser les procédures douanières par la réduction de la bureaucratie.

Mais bien que l’UE ait été traditionnellement le plus grand partenaire commercial de la région méditerranéenne -avec 50% de sa balance commerciale- nous tenons beaucoup à développer le commerce intrarégional. J’ai milité pour faire de l’intégration régionale le leitmotiv de la politique commerciale de l’UE, du fait que le processus de levée des barrières commerciales devrait porter ces jours-ci plus sur le rehaussement du commerce global, en vue d’augmenter la compétitivité régionale. Il est tout naturel et en fait économiquement sensé, d’entretenir des relations commerciales avant tout avec vos voisins proches.

Mais qu’en est-il du volet intrarégional? Là aussi, on a enregistré un progrès. Je suis conforté par les démarches récentes de la Jordanie, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie pour conclure un accord de libre-échange régional dans le cadre du processus Agadir, un processus que nous soutenons financièrement. Nous devrions maintenant avancer rapidement vers la signature de ce projet important. Nous devrions également encourager d’autres pays méditerranéens à se joindre à ce processus.

Le processus d’intégration méditerranéen est allé plus loin que beaucoup d’entre nous ne l’auraient pensé possible, et il y a peu de signes indiquant que l’allure souffre un ralentissement.

· Signal formidable

Mais la suite logique de l’intégration régionale réside dans la dimension globale -rôle incombant à l’Organisation mondiale du commerce et son round actuel de pourparlers commerciaux dans le cadre de l’agenda de développement de Doha. Ceci demeure le principal objectif commercial à court terme de l’Union européenne. Nous travaillons actuellement en perspective de la prochaine réunion ministérielle plénière devant se tenir à Cancun vers la mi-septembre, et notre but -un round ambitieux, se penchant sur l’accès aux marchés et sur les nouvelles règles améliorées, devant être conclu d’ici à la fin de 2004- reste à l’ordre du jour. A un moment marqué à la fois par l’incertitude économique et politique, un résultat positif du round enverrait un signal formidable que non seulement la communauté internationale peut encore réagir, mais aussi que nous sommes prêts à répondre aux nouveaux défis -dans le présent cas, la nécessité d’une meilleure intégration des pays en développement dans le système global. Et par moments, lorsque nous fléchissons nous devons nous rappeler qu’un résultat négatif au round serait un signal très préjudiciable.

Mais mis à part le round, l’OMC devrait devenir une organisation d’intégration, en particulier pour les pays en développement. L’adhésion à l’OMC n’est en aucun cas universelle, y compris dans la région méditerranéenne, et ce n’est guère une opération facile pour le pays candidat. Mais il y a beaucoup de membres potentiels qui persistent à taper à la porte. Dans cette région, seule la Syrie a sollicité l’adhésion alors que le Liban et, un peu plus à l’ouest, l’Algérie, travaillent dur à négocier leurs termes d’entrée. L’UE soutient fortement ce processus d’adhésion et nous aidons financièrement et techniquement ces pays dans leurs négociations. L’adhésion à l’OMC est un autre bon exemple de l’ouverture du commerce, intégrant l’impulsion que nous essayons de promouvoir dans la région méditerranéenne.

Cette conférence ministérielle de Commerce n’est pas uniquement une autre parmi une longue série de réunions. L’UE, ce “vieux routier”, va se mettre au travail pour renforcer nos initiatives commerciales existantes et actuelles avec la région méditerranéenne dans les semaines et les mois à venir, à la fois pour consolider nos propres relations commerciales et encourager le processus d’intégration régionale.

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Pascal Lamy, 56 ans, ancien élève d'HEC, de Sciences politiques et de l'ENA, a commencé sa carrière dans la fonction publique à l'Inspection générale des finances (1975-1979), puis au Trésor (1979-1981).
Conseiller du ministre de l'Economie et des Finances, Jacques Delors (1981-1983) et du Premier ministre Pierre Mauroy (1983-1984), il exerce à Bruxelles de 1985 à 1994 les fonctions de directeur de cabinet du président de la Commission européenne, dont il est le sherpa (membre d'une délégation chargée de préparer une réunion au sommet) au G7.
En novembre 1994, il rejoint le Crédit Lyonnais et sa nouvelle équipe chargée de son redressement. Il devient ensuite le numéro 2 de la banque présidée par Jean Peyrelevade.
Après la privatisation du Crédit Lyonnais, Pascal Lamy est désigné, en juillet 1999, commissaire européen par Romano Prodi et le gouvernement français. En septembre de la même année, le Parlement européen le confirme dans les fonctions de commissaire européen chargé du Commerce international


Bruxelles,07 15 2003
Rédaction de l'Economiste
L'Economiste
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