Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

«Il faut donner du temps aux secteurs sensibles pour s'adapter»

Entretien avec Catherine Novelli, adjointe au représentant américain au Commerce pour l'Europe et la Méditerranée
· Elle a conduit la délégation américaine pour les négociations d'une zone de libre-échange avec les Etats-Unis du 2 au 6 juin à Rabat


· L'Economiste: Vous préparez le 4e round de négociations. Peut-on espérer qu'il sera le dernier ?
- Catherine Novelli: Je ne crois pas que le 4e round sera le dernier. Je pense que nous sommes en bonne voie pour conclure les négociations cette année. Comme le Roi Mohammed VI et le président Bush l'ont suggéré, nous devrons finir le quatrième round au milieu de l'été. Nous avons encore beaucoup de travail à accomplir, mais nous réalisons des progrès significatifs.

· Pouvez-vous nous donner des exemples concrets? Les gens entendent parler de l'accord de libre-échange sans réellement en connaître les détails.
- Je pense qu'il est difficile de parler des détails d'un accord avant la fin des négociations. Nous avons discuté entre autres des questions comme le libre accès des marchandises marocaines au marché américain et celui des marchandises américaines au marché marocain, l'accès aux services au Maroc et aux Etats-Unis, l'accès des produits agricoles, l'accélération des procédures pour faciliter les échanges commerciaux, la protection de la propriété intellectuelle… C'est un accord très complet et nous sommes en train de travailler sur tous ces secteurs.

· Abordez-vous certaines activités ou secteurs en particulier, comme le textile, l'industrie?
- Certainement. Nous parlons des secteurs textile, industrie et tout le reste. Nous abordons aussi le volet agricole. Nous nous intéressons également aux standards de sécurité, aux moyens d'aider les exportateurs marocains… Ce sont des discussions assez complètes.

· Ne pensez-vous pas que des mesures effectives seraient la meilleure façon de communiquer autour de ces négociations? Aujourd'hui, il semble qu'elles relèvent plus de la théorie ou du domaine politique, les milieux d'affaires marocains ne perçoivent jusqu'ici aucun exemple concret…
- Cet accord de libre-échange est global. Nous ne pouvons signer un chapitre en avance sur un autre. Il s'agit de relations économiques au sens large du terme. Toutes les dispositions sont donc stipulées dans un seul et unique accord qui sera signé au terme des négociations. Il y a des volets pratiques sur lesquels nous travaillons actuellement pour renforcer les liens économiques entre les deux pays. Ce qui permettra aux entreprises d'être prêtes à tirer profit des dispositions de l'accord lorsqu'il entrera en vigueur. Nous travaillons sur des éléments très concrets comme le rapprochement des entreprises américaines et marocaines. Il y a eu récemment une mission du département du Commerce qui a eu des résultats fructueux. Les contrats sont déjà signés. La communauté d'affaires suit attentivement les négociations. Nous voulons prendre des engagements notamment sur l'accès libre des marchandises sur les deux marchés, sur les investissements et les services… Bref, sur tout ce qui facilitera les échanges entre les deux pays. Je crois que c'est assez concret et nous partageons le même avis là-dessus.

· La partie marocaine a-t-elle demandé l'adoption de mesures pour aider l'économie du pays à faire face à la concurrence du marché américain?
- Bien sûr. Si le gouvernement marocain est préoccupé par ce volet, le gouvernement américain l'est également. Nous avons aussi des industries sensibles. Les deux parties ont une vision sur la portée de leurs rapports économiques. Il faut donner assez de temps aux secteurs sensibles pour s'adapter au changement et pour que le marché fonctionne de manière efficace.

· Il faut donner du temps ou de l'argent à travers des fonds par exemple ou des mesures spécifiques? Avez-vous abordé cette question?
- Nous étudions la demande de certains secteurs. Nous avons aussi accompli du bon travail sur la manière de fournir une assistance technique. En ce qui concerne aussi bien l'application des termes de l'accord que la manière dont les entreprises pourront tirer profit de cet accord. Nous pensons au rôle que nous pouvons jouer dans le développement. L'agriculture est l'une des questions abordée dans les négociations et nous savons à quel point cette activité est sensible au Maroc.

· Mais il se dit, dans les milieux d'affaires marocains, que l'agriculture américaine, qui reçoit des subventions conséquentes de la part du gouvernement, est un énorme marché dont la valeur dépasse le PIB marocain. Pensez-vous que nous pourrons sauver notre agriculture, sachant qu'il s'agit plus d'une affaire sociale qu'économique?
- Nous savons pertinemment que l'agriculture est une activité sensible au Maroc. Il en est de même pour les Etats-Unis. L'agriculture marocaine reçoit aussi des subventions mais de manière différente. Mais, nos discussions portent essentiellement sur l'accès aux marchés. Les subventions ne sont pas l'objet des négociations sur l'accord de libre-échange. Une délégation, formée d'une cinquantaine d'Américains, a déjà effectué une visite au Maroc pour mieux comprendre votre agriculture. Ils étaient là pour témoigner de notre engagement en faveur des aspects humains, notamment d'une activité comme l'agriculture.

· Une part de l'agriculture marocaine est protégée, il s'agit de l'agriculture sociale. Mais une autre part, celle qui exporte vers l'Europe, pourra probablement faire aussi vers les Etats-Unis. Y a-t-il des barrières spécifiques.
- Nous discutons actuellement le volet de l'assistance technique pour que les Marocains puissent répondre aux standards instaurés au Etats-Unis.

· Pour le secteur des services, pensez-vous que la partie américaine est satisfaite des lois de protection de la propriété intellectuelle au Maroc?
- Le Maroc dispose de lois de protection de la propriété intellectuelle de très haut niveau. Nous allons plus loin dans nos négociations. Nous travaillons sur les plus modernes et les plus récents volets de la protection intellectuelle. Ce qui mettra le Maroc à l'avant-garde dans le domaine de la protection de la propriété intellectuelle.

· Avez-vous demandé quelque chose de spécifique à ce sujet? Les textes semblent irréprochables, mais la pratique est une autre paire de manches…
- Nous avons franchement discuté du volet application des lois. La question qui se pose est la suivante: le Maroc veut-il se positionner dans le monde en termes de protection de la propriété intellectuelle; et je crois qu'il en est pleinement conscient.

· La partie américaine est-elle satisfaite de la pratique de la justice marocaine dans les affaires. Avez-vous demandé aux négociateurs marocains des changements à ce niveau-là?
- Nous discutons votre système judiciaire et nous abordons des procédures spécifiques comme la participation de l'opinion publique au processus d'élaboration des réglementations. Ce qui permettra à la communauté d'affaires de donner son avis au gouvernement. Les questions de transparence et de lutte contre la corruption sont également abordées. La participation au processus d'élaboration des réglementations est certainement une question de transparence.

· Vous avez préparé l'accord à Washington, mais vous avez certainement écouté l'avis de la communauté américaine ici?
- La communauté américaine au Maroc a été impliquée dès le départ à travers l'American Chamber of Commerce (Amcham). Nous prêtons attention à leurs préoccupations et nous essayons de les résoudre de différentes manières.

· Le marché marocain est un marché relativement petit. L'accord de libre-échange est-il motivé uniquement par des raisons politiques ou également par des raisons économiques?
- Nous avons une relation très importante avec le Maroc aussi bien au niveau politique qu'économique. Le Maroc est réellement une opportunité aujourd'hui. Le président Bush a annoncé que le but de son administration était de créer une zone de libre-échange au Moyen-Orient. L'accord de libre-échange que nous négocions actuellement sera le premier conclu sous l'administration Bush. Ce qui mettra le Maroc en avance dans la région en termes de qualité de l'accord. Cela lui permettra de capitaliser sur l'intérêt non seulement pour le Maroc mais aussi pour l'ensemble de la région. Je pense que c'est une réelle opportunité pour le Maroc.

· Les Français avaient relevé l'incompatibilité entre cet accord et celui conclu avec l'UE.
- C'est au Maroc de décider quel engagement prendre ou pas. Nous avons eu, par le passé, des accords avec des pays qui avaient également conclu des accords d'association avec l'UE et cela ne nous a jamais posé problème.


Casablanca,06 23 2003
Aziza EL AFFAS
L'Economiste
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |