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Spirit of Fès: Que veut, que peut l'entrepreneur? L'entreprise dans les sociétés arabo-islamiques : Une modernité en mouvement

La présente contribution n'a aucune prétention, ni scientifique ni académique. Il s'agit tout au plus d'un effort réflexif d'un groupe de 24 dirigeants d'entreprises marocaines, qui se sont interrogés sur les raisons “profondes” des difficultés qu'ils rencontrent dans l'exercice quotidien de leur mission:

- la difficulté à instaurer une logique forte et partagée à base de raisonnement rationnel dans leur entreprise;
- la difficulté à inscrire leurs actions de “progrès” dans la durée, et à conjurer les risques d'“involution” parfois radicale, généralement par suite de changement du (des) principal(aux) dirigeant(s);

- le sentiment fort que ces difficultés tiennent moins à la capacité du corps social à assimiler les aspects techniques du changement, qu'à “se conformer” du point de vue des attitudes et des comportements aux “exigences” requises, en référence aux “normes occidentales”, d'où l'interrogation sur les facteurs explicatifs: sont-ils d'ordre sociologique, culturel, religieux, ou simplement de management?

Le travail, circonscrit au groupe (donc sans souci de représentativité statistique de l'entreprise et de la société marocaines), a néanmoins valeur “significative” au regard du profil et responsabilités des acteurs de la recherche (dirigeants formés aux grandes écoles françaises et américaines, partageant “a priori” les mêmes valeurs de modernité et de progrès, et exerçant un rôle leader dans leurs espaces de responsabilité). Ils peuvent être considérés à ce titre comme “représentatifs” de l'élite “moderne” du pays.

La recherche proprement dite a été conduite en deux étapes:
1- Entretiens (menés par un consultant sociologue) avec les membres du groupe, pour dégager, en première lecture, les représentations que l'on se fait de la problématique posée;
2- Enquête à base de questionnaire (réalisée par un consultant historien), en vue de “valider” les principaux items de la première phase, et de faire ressortir des directions significatives pour l'action.
Ces deux étapes, menées sur une durée de 18 mois, ont nécessité plus d'une dizaine de rencontres de discussion, approfondissement et validation des analyses et conclusions.

Remarques
- Les propos critiques et autocritiques, même parfois nuancés dans leur formulation, témoignent d'une “prise de risque” de leurs auteurs face à des “tabous”, eu égard à leurs positions sociales et leurs statuts dans le milieu dirigeant du pays;
- Ils suggèrent par eux-mêmes une réalité sociologique et culturelle en mouvement, qui exige un renouvellement des grilles de lecture de la problématique de changement (mutations) des pays ayant pour référentiel commun l'islam.

1- La question posée
L'interrogation du groupe de dirigeants marocains à propos de la “difficulté d'inscrire le progrès dans la durée” concerne l'univers de l'entreprise. Mais ce faisant, elle renvoie inévitablement aux liaisons complexes que celle-ci entretient avec son milieu, à savoir la société globale et le processus historique de l'émergence et de l'évolution de l'entreprise en tant que telle depuis le début du XXe siècle. Par ailleurs, du lieu d'où ils parlent, ces dirigeants ont conscience du double univers paradoxal dont ils sont eux-mêmes porteurs: leur enracinement culturel “traditionnel” et leur aspiration à la “modernité” en tant qu'“idéal rationnel” et autres valeurs associées, auxquels leur parcours personnel/professionnel les a amenés à s'identifier.
Le cheminement réflexif a été donc opéré constamment dans une double lecture et une mise en balance entre les réalités observables/vécues, et “le modèle de référence” de l'entreprise (et de la société) vers lequel on “doit” tendre.
Ainsi, la question de “la difficulté à inscrire le progrès dans la durée”, revenait de fait à celle de savoir comment faire épouser par le corps social (de l'entreprise, donc de la société) les ingrédients de l'entreprise/société “modernes” sans renier ses spécificités ou caractéristiques identitaires. En d'autres termes, comment dépasser l'éternelle équation (piège?) tradition/modernité?

2- Modernisme n'est pas modernité
Pour répondre à cette question, le premier écueil conceptuel a été de lever la confusion entre modernisme et modernité.
Que l'économie et la société puissent s'ouvrir aux techniques, technologies, méthodes d'organisation et de production… développées dans les pays industriels avancés (infrastructures, industries, objets de consommation, ordinateurs, téléphone portable…) ne signifie pas mécaniquement qu'elles sont devenues modernes. La modernité à proprement parler se réfère à ce qui a permis de concevoir ces biens, équipements et technologies, à ce qui a permis de produire les savoirs et savoir-faire nécessaires à la création de valeurs en continu dans le temps, à ce qui permet à un ensemble humain organisé de s'approprier ces savoirs et savoir-faire, de les développer et d'en tirer des applications spécifiques, même s'ils n'ont pas été conçus par lui.

3- Quels paramètres de mesure de la modernité?
Des discussions avec les membres du groupe, il est ressorti 11 critères pour caractériser le “degré d'intégration de la modernité”. Ces critères tournent autour de trois paramètres:
- Rationalité (concevoir et appréhender la réalité observable ou vécue sur la base de raisonnement rationnel, cohérence entre le discours et la pratique);
- Démocratie (droit à la différence, respect de l'autre, des droits et des devoirs applicables à tous sans distinction, éthique, équité…);
- Progrès continu (création de valeurs et de richesse pour le bien-être et l'épanouissement individuel et collectif, dans le respect de la nature, des cultures et de l'environnement).

4- Constats
- Le premier constat est que, toutes catégories sociales confondues, les paramètres de modernité ne sont que partiellement ou insuffisamment intégrés. Ce constat, valable également pour la catégorie des dirigeants (élites), s'amplifie au fur et mesure que l'on descend dans la hiérarchie.
- Le deuxième constat est la prééminance dans les représentations de perceptions ambivalentes, de difficulté à établir des frontières entre religion et pratiques sociales:
- difficulté à distinguer le champ des représentations culturelles (attitudes, comportements) et celui des croyances (domaine de la foi);
- confusions (même implicites) entre paradigmes religieux et pratiques sociales, économiques… (ex: attitude face aux notions de risque, attitudes à l'égard de certains préceptes religieux tels que Zakat, Riba, statut de la femme).
- Le troisième constat est l'image intériorisée de l'islam comme “religion figée”, et l'association mécanique de la modernité à l'Occident seul (et non comme le fruit de confluences multiples, donc patrimoine de l'humanité dans son ensemble). D'où:
- la difficulté à distinguer entre l'identitaire et l'universel (malgré l'aisance d'adaptation à d'autres univers et cultures différents);
- la difficulté à “argumenter” (méconnaissance de l'islam par les élites “modernes”) et donc à se cramponner dans des postures “défensives”.
- Le quatrième constat est que l'entreprise (au sens capitaliste, moderne) est un fait historiquement exogène, imposé de l'extérieur. Elle n'est pas, comme dans les sociétés occidentales avancées, la résultante d'une évolution intrinsèque de la société dans son ensemble: elle est plutôt perçue par les couches profondes comme un “artefact”, de l'artificiel plaqué sur le réel de la société. Ceci, à la faveur de contraintes également extérieures, a conduit à une sorte de double personnalité (extravertie/introvertie) avec des effets pervers générateurs d'attitudes et de comportements paradoxaux:
- le rapport à la rationalité (dénégation du fait objectif, fatalisme, décalage entre discours et pratique, affectivité);
- le rapport au pouvoir et à l'autorité (autoritarisme, soumission);
- le rapport au travail et à l'initiative (non-responsabilité, déconnexion entre droit et devoir, report de charge vers le haut);
- le rapport à l'acte d'entreprendre, la richesse, la réussite (privilège octroyé, non le fruit de l'effort et du mérite);
- le rapport à la décision (propension au consensus=non-décision);
- le rapport à la sanction (univers de droit sans obligation);
- le rapport au conflit (mythe de l'unanimisme, non-dit).
En corollaire:
- l'image du dirigeant est entachée de suspicion: le fait d'entreprendre, de réussir, n'est pas lié dans les représentations au mérite ou à la compétence, mais au favoritisme ou à l'usage de procédés douteux;
- la relation entre Etat/entreprise/société pose problème: fonction exclusivement régalienne (répressive) pour l'une; attentisme de solutions clés en main (i.e protection) pour la seconde; sentiment d'exclusion pour la troisième (ou au mieux “dindon de la farce” des deux autres)...

5- Essai d'explication
- Causes politiques:
- usage du champ religieux comme support de domination par des groupes pour l'exercice du pouvoir (débats en cours sur la genèse de l'islam religion et/ou Etat);
- visions divergentes des “projets de sociétés” post-indépendances, conduisant à l'émergence de nouvelles réalités sociologiques et culturelles qui échappent aux catégorisations simplificatrices (en tout cas à la religion comme seul référent identitaire; d'où les clarifications à venir entre “ce qui relève de la FOI” et “ce qui relève de la LOI”).
- Causes historiques:
- la fermeture du monde musulman à la science (antinomique/foi, source de déviance morale) comme mode de défense dans un rapport de force inversé (débats en cours entre islam et laïcité);
- la “revanche” de l'Occident qui tendrait à s'accaparer la paternité absolue de la modernité.

6- Que faire? L'entreprise au coeur du mouvement de transformation sociale
- Le “retour pur et simple à la tradition” est un non-sens: il faut rendre sa place à l'Ijtihad en distinguant principe de la Foi et principes (démocratiques) du débat; travailler sur ses spécificités en tant qu'ingrédients de l'universel (expériences spirituelles, artistiques, sociales…); se réapproprier “autrement” l'histoire accumulée de l'islam en tant que religion, des sociétés “musulmanes” dans leurs différences, de la civilisation arabo-musulmane dans ses apports à la science et à l'universel, au-delà des dogmes et de la foi religieuse.
- Dans la phase historique actuelle, c'est paradoxalement à l'entreprise (élément historiquement exogène) que revient le rôle central de “transition collective vers la modernité” (nouveaux rapports sociaux i.e valeurs de modernité), de construction d'un nouveau “contrat social” inspiré à la fois par les valeurs et vertus de l'islam et par les principes universels, patrimoine commun de l'humanité:
• Refonder la confiance:
- Favoriser un langage commun: encourager la circulation des élites…
- Faire de la concertation/participation un principe intangible de gouvernance, de l'entreprise et du citoyen;
- Réconcilier le citoyen avec l'entreprise: respect de l'éthique, des droits et devoirs, reconnaissance des mérites, sanction des hors-jeu.
• Donner l'exemple:
- Appliquer des règles claires et transparentes, faire preuve d'intransigeance dans l'exercice des droits mais aussi des devoirs;
- Etendre la responsabilité jusqu 'au niveau le plus bas, accepter, voire organiser les contre-pouvoirs, laisser de la marge à l'initiative et à la créativité des collaborateurs
- Encourager l'émergence de leaders…


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Participez aux Rencontres de Fès

Le Festival des Musiques sacrées se double de rencontres philosophiques, «Les Rencontres de Fès», concoctées par les organisateurs du festival et en particulier par l'âme de ces rencontres, le Pr Fawzi Skali. Les conférences et les débats sont publiés ultérieurement. Cette année, les débats de 2002 sortent chez l'éditeur L'Harmattan. L'ouvrage sera en vente à Fès.
Soulignons tout l'intérêt de ce livre: il est à notre connaissance la première réflexion multiculturelle, conduite en commun, en terre musulmane, alors que les esprits étaient encore choqués par les attentats du 11 septembre et l'intervention militaire contre les Talibans afghans.
Cette année, c'est le Maroc qui a été frappé par des fanatiques criminels. Il faut lutter encore plus qu'avant contre le fanatisme et la régression, comme le dit Mohamed Kabbaj, la cheville ouvrière du festival. Les organisateurs du festival inaugurent donc une formule inédite: une collaboration avec le quotidien L'Economiste, le quotidien de référence dans l'élite marocaine et des partenaires étrangers de cette élite. Depuis le 4 juin, votre journal publie chaque jour et jusqu'à l'ouverture du festival, les textes écrits par les conférenciers.
L'objectif est d'une part d'élargir l'accès aux travaux et d'autre part, pour ceux qui vont se rendre à Fès pour les conférences et les débats, cette publication leur permet d'élever leur participation.
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Pour contacter les organisateurs:
Les Rencontres de Fès
Sidi El Khayat, Batha BP 629,
30200 Fès - Maroc
Tél: (+ 212) 55 74 06 9 -
Tél /Fax : (+ 212 ) 55 74 06 92
E-mail: rencontresdefes@fesfestival.com
Site Web: http://www.fesfestival.com


Casablanca,06 10 2003
Abdelkébir Mezouar
L'Economiste
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