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Analyse: Le Maroc a-t-il encore des ambitions à l'export ?

· L'offre sur les marchés extérieurs se réduit à quelques produits à faible valeur ajoutée
· Ses parts de marché stagnent, y compris dans les secteurs-vedettes
· Les déficits structurels du commerce extérieur sont compensés par les transferts des MRE


Le Maroc pourrait-il se transformer un jour en une plate-forme exportatrice dont rêve le patronat à l'image de ce qu'a réussi avec brio, il faut le souligner, les Emirats arabes unis avec Dubaï? A chaque implantation d'une filiale d'un groupe étranger, le management martèle qu'il voudrait faire du Royaume la plate-forme pour conquérir des destinations plus proches, voire celles du Moyen-Orient.

Rien de ces professions de foi n'apparaît dans les chiffres du commerce extérieur. Pour l'instant, on en est très loin. Selon une étude réalisée par la direction de la Politique économique générale (DPEG) du ministère des Finances, durant la décennie 1980-2000, la part de marché absolue du Maroc dans le commerce mondial plafonnait à 0,14%. Et même sur son marché de prédilection, l'Union européenne avec laquelle il établira une zone de libre-échange dans un peu moins de neuf ans, les positions des entreprises marocaines sont modestes.

Comparé à un panier de concurrents qui comprend la Turquie, la Tunisie, l'Egypte, le Portugal, l'Irlande, le Chili, le Brésil, le Mexique, la Malaisie, les Philippines et la Corée du Sud, la part de marché du Maroc a baissé de 0,25% en 2000 contre 0,27 au début des années 80. Pendant la même période, la concurrence, elle, gagnait des positions en améliorant sa part de marché de 3,9% à 5,8.

Non seulement l'offre marocaine a peu évolué par rapport à la demande mondiale (voir infographie) mais ces piètres performances se reflètent dans tous les principaux produits que constitue l'offre du pays à l'export: dans le textile où le Maroc nourrit beaucoup d'ambition depuis la conclusion d'un contrat de progrès (des ambitions qui pourraient être annihilées par la hausse annoncée du Smig, tempêtent les industriels), c'est juste si les entreprises marocaines arrivaient à "limiter les dégâts" malgré l'avantage de la proximité du marché, capital pour la réactivité et les délais de livraison aux donneurs d'ordres.

La part du Maroc sur le marché mondial du textile est passée de 0,26% en 1980 à 0,70 vingt ans plus tard. Sur le marché européen, la progression a été un peu plus importante même si elle reste bien en déça de ce que l'on pouvait espérer de ce côté de la Méditerranée. Pour la même période, la part de marché du Maroc est passée de 0,44% à 1,74. Lorsque les quotas érigés par l'Accord multifibres auront volé en éclat (voir nos articles dans les éditions du lundi 5 au mercredi 7 mai), le textile pourrait perdre à moyen terme des points si le Maroc rate sa mise à niveau comme il avait déjà raté les délocalisations industrielles des années 80.

Dans le secteur agroalimentaire, autre pilier de la balance commerciale, la part de marché du Maroc sur le marché européen s'établissait à 0,54% en 2000. Dans la chimie où le Maroc est une référence mondiale dans le phosphate et les produits dérivés, sa part de marché globale est estimée à 0,26% et 0,16 en Europe pour l'année 2000.

Si le Maroc veut accéder au statut de "puissance exportatrice", il se doit de corriger les faiblesses structurelles de son export: étroitesse et rigidité de l'offre, concentration excessive des marchés, faible valeur ajoutée des produits exportés, absence de politique coordonnée de promotion, etc.

A sa décharge, il faut reconnaître que la croissance économique du Royaume est moins tributaire du dynamisme des exportations que de la demande des ménages, principal moteur de la variation du PIB. Au plan économique, les déséquilibres constants de la balance commerciale sont largement compensés par le dynamisme du secteur touristique et surtout, les transferts de fonds des travailleurs marocains établis à l'étranger. Au final, l'effet sur la balance des transactions courantes, malgré le faible niveau des investissements étrangers, est plutôt contenu. Et depuis deux ans, le compte des opérations courantes est devenu excédentaire, grâce aussi, il faut le souligner, à la baisse sensible du poids du service de la dette extérieure.

C'est la même photographie qui se dégage des données de la balance commerciale du 1er trimestre de l'année (voir détails dans notre édition du mardi 6 mai et sur www.leconomiste.com). Les importations progressent de 9,3% (poussées par une très forte hausse d'achats de biens d'équipement) alors que les exportations plongent de 9,6%. Résultat, le déficit commercial se creuse de près de 5 milliards de dirhams. Même s'il est trop tôt d'en tirer un quelconque enseignement sur l'ensemble de l'année, ces données soulignent plus ou moins l'essoufflement de l'export qui bénéficie pourtant de la bonne tenue de la monnaie européenne.

· L'aubaine de la hausse de l'euro

L'appréciation de l'euro face au dollar, qui tient moins aux performances économiques de l'Europe qu'aux difficultés de l'économie américaine, est globalement une aubaine pour l'export. Hier jeudi 8 mai, la devise européenne s'échangeait à près de 1,135 dollar alors que certains experts lui prédisent déjà un cours de 1,50 dollar dans les prochaines semaines. Sur le marché des changes, tout se passe comme si les opérateurs appliquaient une décote sur la devise américaine en raison de mauvais chiffres de l'économie américaine, notamment sur le déficit budgétaire et le trou de la balance des paiements.

Mécaniquement, ce mouvement entraîne le dirham à la baisse face à la monnaie du principal partenaire économique du Royaume, destinataire de plus de 2/3 de ses exportations. Conjugué au maintien du taux d'inflation à un niveau bas depuis plusieurs années (la hausse des prix de détails avait évolué de 2,8 en 2002), l'appréciation de la devise européenne se traduit mécaniquement par une prime sur la compétitivité-prix des entreprises marocaines sur les marchés extérieurs, du moins sur celles qui sont sur les activités non soumises aux quotas d'entrée sur le marché de l'Union européenne.

Mais ces gains de compétitivité sont probablement limités qu'ils n'auraient été en raison du différentiel de productivité défavorable à l'industrie marocaine par rapport à ses concurrents. Sur un plan macroéconomique, un dollar en petite forme par rapport à l'euro (tout est relatif) relâche la pression sur la balance des transactions courantes par le canal du service de la dette extérieure, dont l'encours est libellé pour plus de la moitié en dollars.

C'est aussi une aubaine pour la part des importations incompressibles qui se négocient en billets verts, notamment les céréales et le pétrole. Si l'on en croit les données de l'Office des Changes, le Maroc a réalisé, en 2002, 1,6 milliard d'économies sur la facture pétrolière. Il reste que la flambée de l'euro n'a pas que du bien. Pour des secteurs dont les transactions mondiales sont indexées sur le dollar, la baisse persistante du billet vert face à l'euro est un cauchemar, même s'il existe aujourd'hui d'instruments de couverture pour limiter les effets des fluctuations de change. Il en est ainsi du phosphate et dérivés, mais également de tout le secteur minier, à commencer par l'or, le zinc ou le cobalt. La baisse du billet vert tombe au plus mauvais moment pour les entreprises du secteur.

Une grosse partie de la marge escomptée de la reprise des cours internationaux des métaux est absorbée par la faiblesse du billet vert.


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Avantages comparatifs ou avantages compétitifs ?

L'économie marocaine dispose incontestablement d'avantages comparatifs dans la compétition internationale. Or il ne suffit pas de s'en prévaloir mais de les transformer en portefeuille d'avantages compétitifs, lui-même renouvelable afin de maintenir ses positions sur le marché.
C'est à ce niveau que l'effort du processus de mise à niveau doit être concentré et aller plus vite qu'il ne l'a été jusqu'à présent, confie Mohamed Benayad, secrétaire général du Conseil national du commerce extérieur (CNCE), organisme consultatif du gouvernement sur les questions relatives aux échanges extérieurs. Le secrétaire général du CNCE rejette la critique récurrente du manque de diversification de l'offre à l'export. Pour lui, l'insertion dans une vaste zone de libre-échange (comme celle qui se dessine avec l'Europe) implique de se concentrer sur des secteurs où l'on a des avantages comparatifs. Il considère à la limite que c'est un faux débat parce que ce n'est pas demain que le Maroc exportera des avions ou des machines-outils. "Il faut donc se concentrer sur des domaines où nous avons des atouts", ajoute-t-il.

Mais la globalisation et le développement des échanges commerciaux a mis à mal la théorie David Ricardo, qui conseillait aux pays de se spécialiser dans les activités où ils présentent des avantages comparatifs, seul moyen de gagner des positions dans le commerce international. Deux siècles plus tard, il s'avère que les poids lourds du commerce international sont aussi les grands pays industrialisés aux économies diversifiées, ayant une gamme de produits et services à l'export plus large.

Casablanca,05 19 2003
Abashi SHAMAMBA
L'Economiste
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