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Destruction et pillage du patrimoine culturel irakien :Un jour noir dans l’histoire de l’humanité

La destruction et le pillage des trésors culturels d’Irak seront toujours considérés par toutes les nations civilisées comme les moments les plus sombres dans notre histoire.

Par le Pr. Fayez Khasawneh, Pr. Ziad al-Saad JORDAN (Star) - Par le Pr. Fayez Khasawneh, Président de l’Université du Yarmouk et le Pr. Ziad al-Saad, Directeur de l’Institut d’Archéologie

La destruction et le pillage des trésors culturels d’Irak seront toujours considérés par toutes les nations civilisées comme les moments les plus sombres dans notre histoire. Et ils resteront gravés dans notre mémoire même si les opérations militaires des armées américaines et britanniques arrivent à leur fin. Ceux qui ont planifié et mené ce crime seront maudits pour cet acte terrible qui a conduit à la disparition de témoignages grandioses non seulement pour l’histoire de l’Irak mais aussi pour toute l’humanité.

A vrai dire, l’Irak d’aujourd’hui est le foyer de l’ancienne Mésopotamie, considérée comme étant le berceau de la civilisation bien avant les Empires d’Egypte, de Grèce, et de Rome. L’Irak fut la demeure des dynasties qui ont, pour la première fois dans l’histoire humaine, créé l’agriculture et l’écriture et qui ont construit les fameuses villes d’Ur, de Nimrud et de Babylone.

Les musées et les collections des bibliothèques d’Irak illustrent et racontent les anciennes cultures florissantes ainsi que le rôle de la ville de Bagdad comme centre de civilisation islamique. Le musée de Bagdad fut le plus grand regroupant les objets venant des anciennes civilisations de Mésopotamie y compris celles de Sumer, d’Akkad, de Babylonie, et d’Assyrie. Ce musée contient aussi les plus riches collections islamiques ainsi que des artefacts appartenant à la civilisation Perse, à la Grèce ancienne et à l’empire Romain.

Le musée de Bagdad comprend également des tableaux avec le Code de Hammourabi qui est considéré comme le premier code législatif que le monde ait connu. De plus, le musée comprend des textes cunéiformes qui représentent les plus anciens exemples d’écriture. Ajoutons à tout cela, les poèmes épiques, les traités mathématiques et toute une bibliothèque de tableaux en argile que les chercheurs n’ont pas encore terminés d’étudier.

Le jour de la chute de Bagdad, en l’absence de loi et d’ordre et devant l’indifférence absolue des armées d’invasion, les planchers du musée de Bagdad ont été presque complètement ravagés. Les pilleurs ont tout saccagé et détruit dans les galeries. Ils ont aussi pillé les catalogues des cartes tout en détruisant le système informatique du musée. Au total, plus de 170 000 objets ont été volés ou bien détruits durant ce processus. Une estimation préliminaire basée sur les inventaires publiés du musée ne peut nous fournir que des indices limités sur la nature des trésors perdus ou détruits comme la tête en cuivre du roi akkadien datée de quatre mille ans, des jattes en or, des statues, des anciens manuscrits et tout objet facile à emporter.

Bien que ce pillage apparaisse comme un acte spontané après la chute de Bagdad, les experts croient maintenant que cette détérioration a été effectuée par des professionnels bien organisés en collaboration avec des réseaux clandestins qui se sont fondus dans la foule et les pilleurs. Une telle conclusion est justifiée par la sélectivité inexplicable des pilleurs qui ont ciblé certains objets et artefacts. Par exemple, la collection égyptienne du musée, précieuse mais non pas unique, a été laissée intacte.

Il est fort probable que ces trésors volés prennent le chemin des trafiquants et que des centaines de millions, voire des milliards de dollars, vont être déboursés pour leur obtention. Mais en réalité, aucun prix ne peut être justifié pour ces trésors, car ils sont les témoins de l’évolution de la civilisation humaine dès le premier instant de l’histoire documentée. Ce qui fait que ces objets sont en réalité irremplaçables. L’Irak sera reconstruit, un autre gouvernement émergera, mais ce qui a été détruit au cours de ce samedi noir ne sera jamais remplacé.

La perte est d’autant plus grande lorsque l’on sait que cette destruction et ce pillage auraient pu être évités. De nombreux responsables américains ont été, à plusieurs reprises, avertis par plusieurs organisations du dommage éventuel de ces trésors inestimables, que pourrait entraîner le pillage ou bien les missiles et les bombes largués en l’Irak. En effet, rien n’a été fait par ces responsables pour éviter ce désastre. Les déclarations des responsables américains qui prétendent avoir été pris par surprise lors des actes de pillage et de destruction à Bagdad, à Mossoul, et dans d’autres villes irakiennes, ne sont pas crédibles. Car une telle tragédie était non seulement prévisible mais elle avait fait l’objet de plusieurs avertissements. Fin juin dernier, une délégation d’intellectuels, de spécialistes, de directeurs de musées a visité le Pentagone pour expliquer l’importance du Musée National Irakien et des autres sites culturels.

Le Pentagone et, par conséquent, les forces de la coalition ont été non seulement avertis à l’avance de la possible menace contre le patrimoine irakien, mais ils ont reçu des appels directs au moment où ont commencé le pillage et la destruction du Musée National et de la Bibliothèque Nationale. De nombreux chars américains se trouvaient autour du Musée mais ils ont refusé d’agir. Il est certain que quelques chars ne pouvaient être suffisants pour empêcher ce terrible crime. Mais d’un autre côté, nous savons que quelques chars ont été largement suffisants pour sauvegarder le ministère du Pétrole.

Il est évident que l’inaction des armées de la coalition anglo-américaine était dans le meilleur des cas tolérée et dans le pire planifiée intentionnellement. Si les forces d’invasion n’avaient pas été prévenues, on aurait pu comprendre le scénario suivant selon lequel des voleurs professionnels ont profité du chaos qui a succédé à la guerre et ont commis leur crime en se dissimulant derrière les actions de la foule. Mais ces forces ont été à plusieurs reprises averties. Ce qui nous pousse à croire que le pillage et la destruction du patrimoine culturel de l’Irak ont été planifiés à l’avance.

De nombreuses raisons nous poussent également à croire que l’administration Bush a permis ce pillage et cette destruction. Selon un rapport paru le 6 avril dans le journal écossais ‘Sunday Herald’, des représentants de « l’American Council for Cultural Policy » ( ACCP ), un lobby regroupant de riches collectionneurs et des trafiquants de pièces antiques, ont exercé des pressions afin de desserrer la stricte interdiction des exportations irakiennes en matière d’artefacts culturels. Le trésorier de ce groupe, William Pearlstien, a critiqué la politique irakienne qualifiée de protectionniste. Il a fermement appelé le gouvernement de l’après-Saddam à lever les restrictions imposées sur l’exportation de ces artefacts. Toujours selon le ‘Sunday Herald’, les nouvelles de cette réunion au Pentagone ont alarmé les scientifiques et les archéologues qui soupçonnent que l’ACCP pratique ces activités dans un but caché.

Nous croyons que ce qui s’est passé en Irak révèle le vrai but de cette invasion qui consiste à imposer une domination de type colonial sur ce pays, son peuple, et ses ressources. Quel est le meilleur moyen de dominer un peuple si ce n’est par l’éradication de ses liens avec ses racines et son patrimoine culturel ? Attaquer les ressources culturelles liant le peuple d’Irak à son histoire qui remonte à 7000 ans, fait partie d’un processus systématique de destruction de l’identité nationale de ce pays. Une tactique similaire a été employée par les Israéliens lors de l’invasion de Jérusalem en 1967. Le ministre israélien de la Défense de l’époque, Moshé Dayan, avait voulu être certain que le musée de la ville soit vidé de son contenu. Le but était de remplacer l’identité culturelle des Palestiniens par une autre à caractère israélien.

Une chose est certaine. L’inaction des forces de la coalition anglo-américaine constitue une énorme violation de la Convention de la Haye signée en 1954, qui appelle à la protection du patrimoine culturel en cas de guerre.

Quoi qu’il en soit, les événements de ce samedi noir resteront pour toujours gravés dans la mémoire, même après l’ère Bush, et la perte du patrimoine irakien est une perte pour toute l’humanité. Malgré cela, l’Irak vivra même si l’humanité a perdu une partie de son patrimoine. Ceci s’appelle la ‘résilience culturelle’. n


Traduit de l’anglais par :
Dr. Abdel Hakim Al Husban

Amman,05 19 2003
Dr. Abdel Hakim Al Husban
The Star
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