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Le « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », une unité fondée sur les compromis et la coopération

Dossier réalisé par Antoine AJOURY
Malgré les réticences européennes et arabes, et les critiques des défenseurs des droits de l’homme, Sarkozy a pu lancer l’UPM

Ils sont venus, ils sont tous là. Presque tous. Les 44 chefs d’État ou de gouvernement des pays de l’Union européenne et du pourtour méditerranéen – à l’exception du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, et du roi du Maroc Mohammad VI – ont finalement lancé hier l’Union pour le Méditerranée (UPM), à Paris.
La France a dû revoir à la baisse ses ambitions – ce qui s’est traduit par l’appellation « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » – pour passer le cap de l’UE, après avoir été sévèrement critiquée par certains pays, alors que d’autres n’étaient pas très enthousiastes vis-à-vis de la nouvelle initiative de Nicolas Sarkozy.

Mais le plus difficile aura été de convaincre les dirigeants des pays du sud et de l’est du bassin méditerranéen, à participer à ce projet. Si le Maroc, la Tunisie, la Jordanie, Israël et le Liban ont accueilli favorablement la proposition française, d’autres États n’ont pas caché leurs réticences. Ainsi, les pays arabes ont demandé dans un premier temps des « clarifications » sur la participation d’Israël à l’UPM, lors du Forum des pays de la Méditerranée (Formed) à Alger. À cette occasion, le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a souligné que les pays membres de la future UPM n’ayant pas de relations avec Israël ne devaient « pas être contraints de participer à des projets communs » avec cet État au sein de l’UPM.

La deuxième gifle est venue du colonel Kadhafi qui n’a pas hésité à exprimer publiquement tout le mal qu’il pensait du projet de son « ami » Nicolas Sarkozy. « Nous ne prenons en aucun cas le risque de déchirer l’unité arabe ou africaine », a lancé le dirigeant libyen, dénonçant l’UPM comme « un appât » ou « une forme d’humiliation ». M. Kadhafi a qualifié par ailleurs l’UPM de « projet passager » voué à l’échec, au même titre que le processus de Barcelone ou la politique de voisinage de l’UE avec ses voisins de la rive sud de la Méditerranée.

Autre difficulté, le président algérien Abdelaziz Bouteflika aura donné du fil à retordre à Nicolas Sarkozy. Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, s’est déplacé à deux reprises en six mois, ainsi que le Premier ministre François Fillon en juin, sans oublier la visite d’État du président français en novembre, pour convaincre ce partenaire incontournable de participer au sommet. Ce n’est qu’au sommet du G8 que M. Bouteflika a mis fin au suspense, en annonçant qu’il participerait en personne à la réunion parisienne. En confirmant sa présence, le chef de l’État algérien a levé une des dernières incertitudes qui pesait sur le sommet du 13 juillet, avec le niveau de participation de la Turquie.
L’Union méditerranéenne avait en effet également provoqué une levée de boucliers à Ankara, où l’initiative française a été perçue comme un moyen de contourner l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne. Le Premier ministre Erdogan a hésité jusqu’à la dernière minute à participer au sommet d’hier, ne cédant finalement qu’après une conversation téléphonique avec Nicolas Sarkozy.

Même l’Égypte, grande puissance africaine et acteur crucial dans le monde arabe, n’était pas enthousiaste il y a quelques mois encore. Ce n’est qu’après la promesse d’accorder la coprésidence de l’UPM au Caire que le raïs égyptien, Hosni Moubarak, s’est décidé de participer au sommet.

Autre cas délicat, la participation de la Syrie. L’ouverture de l’Élysée vers le régime de Damas et l’invitation lancée à Bachar el-Assad ont suscité une vague de critiques, notamment en ce qui concerne les violations des droits de l’homme, et l’influent rôle syrien dans l’instabilité politique au Liban. « Bien sûr, la Syrie n’est pas parfaite en matière de droits de l’homme », convient-on dans l’entourage du président de la République. « Mais s’il avait fallu faire le sommet de l’Union pour la Méditerranée seulement avec des démocraties, qui aurait-on invité ? » a déclaré cette source élyséenne citée par Le Figaro. « Pas Ben Ali, pas Bouteflika, pas Kadhafi, pas Moubarak… »

De fait, beaucoup d’ONG de défense des droits de l’homme voient d’un mauvais œil ce sommet qui rassemble, d’une part, les pays européen, réunis par des valeurs communes fondées sur la démocratie, la diversité et les libertés et, d’autre part, une majorité de régimes autoritaires.

Mais c’est ce pari risqué que le président Sarkozy a voulu prendre. Et hier, il a réussi à réunir autour d’une même table rivaux, adversaires de toujours et frères ennemis.

Pour y parvenir, il a fallu évidemment beaucoup de volonté, d’arrangements et de compromis. Le « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » apparaît comme le résultat d’un long parcours semé d’embûches et de défis, qui a débuté avec le Processus de Barcelone, en passant par la Politique de voisinage (PEV) pour aboutir aujourd’hui à l’UPM. Malgré la modestie des projets de l’UPM, on peut espérer, à l’avenir, un approfondissement des relations Nord-Sud. Le parcours de l’Union européenne serait en effet l’exemple à suivre.

Pour la première fois dans l’histoire de la « Mare Nostrum », une forme d’unité apparaît, fondée sur la coopération et non sur la conquête et les invasions, pratiques privilégiées sous les Empires romain, byzantin, arabe ou ottoman, ainsi que lors des croisades.

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Les projets-phares de l’UPM

Voici les principaux projets de l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui ont été lancés hier par les chefs d’État et de gouvernement des 44 pays participants lors du sommet inaugural de Paris.

Dépollution de la Méditerranée

Le projet de dépollution de la Méditerranée à l’horizon 2020 fait l’objet d’un plan depuis 2006, mais l’UPM constitue un stimulant pour accélérer la résolution d’un problème grave, la plupart des eaux usées finissant sans traitement dans la mer.

L’Exécutif européen et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont voulu marquer leur territoire en montrant que le processus était déjà bien engagé, signe des tensions qui persistent entre Paris et Bruxelles sur ce dossier.

Les deux institutions ont présenté conjointement une étude menée en coopération avec le plan d’action pour la Méditerranée (PAM) du Programme des Nations unies pour l’environnement qui identifie les investissements prioritaires dans ce domaine.

L’objectif est d’assainir la « Grande Bleue » à l’horizon 2020 et la BEI va maintenant établir la liste des projets financés à partir des 44 projets déjà recensés dans sept pays.
L’idée est de concentrer les financements sur les projets capables de réduire les principales sources de pollution, en soutenant la création ou le renforcement des autorités nationales chargées de la protection de l’environnement et en promouvant la recherche sur les questions environnementales.
La dégradation de la Méditerranée porte atteinte au développement à long terme de secteurs économiques clés comme la pêche et le tourisme, peut-on lire dans l’étude.

Ses eaux baignent 22 pays riverains qui comptent plus de 400 millions d’habitants, dont 143 millions résident dans les zones côtières, auxquels il convient d’ajouter chaque année quelque 175 millions de visiteurs, une charge considérable.

Plus de la moitié des agglomérations urbaines méditerranéennes de plus de 100 000 habitants ne disposent pas de stations d’épuration de leurs eaux résiduaires, 60 % d’entre elles déversant directement leurs eaux usées dans la mer. Plus de 80 % des décharges des pays de la Méditerranée méridionale et orientale ne sont pas contrôlées.

Selon l’étude, l’urbanisation rapide combinée au développement progressif d’une forme de tourisme non durable le long des côtes méditerranéennes se sont traduits par de graves problèmes environnementaux et sanitaires.

Transports

La création d’une autoroute du Maghreb arabe (AMA) reliant la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye est déjà bien avancée sur une base nationale, mais il faudra connecter les réseaux et la Commission insiste sur le fait que, sans libéralisation des échanges, elle servira peu.
L’AMA est surtout susceptible d’attirer des capitaux privés grâce à des péages, d’où l’intérêt pour le projet.
Les autoroutes de la mer, des trajets balisés et reliés à des infrastructures portuaires modernes, est un véritable projet Nord-Sud, pour assurer la fluidité du commerce.

Énergie

L’idée est de relier les champs gaziers de l’Afrique du Nord au réseau européen et, à l’inverse, de pouvoir développer les infrastructures de distribution d’électricité.
L’idée du plan solaire méditerranéen est de développer une énergie qui serait ensuite importée par l’Union européenne.

Protection civile

La coopération dans le domaine de la protection civile est le seul projet qui n’est pas susceptible d’attirer des investissements privés, mais il permettra de mieux lutter contre des fléaux provoqués par le réchauffement climatique.

Éducation, recherche et PME

L’UPM pourrait permettre aux étudiants de la rive sud de la Méditerranée de parfaire leur formation en Europe grâce à un programme Erasmus qui leur serait destiné et les efforts de recherche seront mutualisés. Une agence serait mise sur pied pour aider les PME à s’implanter sur la rive Sud.

Marseille,07 22 2008
Rédaction
L'Orient-Le Jour
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