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Union pour la Méditerranée - De l’ambition aux réalisations

Par Benita Ferrero-Waldner
Benita Ferrero-Waldner est commissaire européen aux relations extérieures et à la politique européenne de voisinage

Berceau des trois religions monothéistes, creuset de civilisations et de cultures, de migrations et d’échanges, la Méditerranée a une histoire indissociable de celle de l’Europe. Le bassin méditerranéen est la charnière du Nord et du Sud, de l’Orient et de l’Occident. A la confluence de trois continents, il est plus qu’une simple frontière pour l’Union européenne. La stabilité de cette région est essentielle tant pour notre sécurité et prospérité que pour celle de nos voisins et amis méditerranéens.

L’Union européenne a fait le choix de se rapprocher de la Méditerranée. Le processus de Barcelone, qui, depuis son lancement en 1995, rapproche tous les Etats membres de l’Union européenne des 13 Etats partenaires du Sud dans une coopération multilatérale, et la politique européenne de voisinage qui renforce la coopération bilatérale avec ces pays depuis 2002, marquent notre effort pour la paix, la prospérité et le dialogue dans la région. Le mérite revient à la France d’avoir proposé une nouvelle dimension à la coopération en Méditerranée. Sur cette base, le Conseil européen a invité la Commission à redéfinir les modalités du processus de Barcelone en vue d’une Union pour la Méditerranée. La Commission y travaille activement et sa proposition sera présentée le 20 mai. Le processus de Barcelone nous a permis d’aborder de nombreuses questions régionales stratégiques. Beaucoup a été accompli, mais de nombreux défis communs demeurent, notamment la sécurité, la protection de l’environnement, la pérennité des approvisionnements énergétiques, la lutte contre la criminalité organisée, la maîtrise des flux migratoires et le dialogue interculturel. Au-delà de cette coopération avec nos voisins méditerranéens, c’est la compréhension de l’autre et de ses intérêts, le respect mais aussi la confiance mutuelle qu’il faut renforcer et que je recherche dans mes fonctions de Commissaire européen aux relations extérieures.

Le processus de Barcelone a malheureusement souffert de la persistance des conflits au sud de la Méditerranée et parfois du manque de coopération entre les Etats partenaires. Mais une évolution positive est à l’oeuvre. Je l’ai constatée au cours de mes récents déplacements dans la région. Le moment est venu de tirer profit d’une volonté politique régénérée pour insuffler un nouvel élan à notre coopération, et la rendre plus équilibrée et plus proche de nos concitoyens.

· Projets concrets

L’Union pour la Méditerranée est une ambition politique renouvelée qui s’appuiera sur des projets concrets. Elle n’est ni une alternative à l’élargissement, ni une perspective d’adhésion. Elle apportera en revanche un triple élan au processus de Barcelone. Tout d’abord par le renforcement de la dimension politique des relations entre l’Union européenne et ses partenaires méditerranéens. L’Europe doit parler d’une seule voix et au plus haut niveau sur des questions aussi stratégiques.

Ensuite, par un rééquilibrage et un meilleur partage des responsabilités dans nos relations multilatérales. L’Europe doit en assurer la gestion avec ses partenaires méditerranéens. La coprésidence par un pays du Sud et un pays de l’Union sera le gage de l’équilibre de notre coopération et facilitera l’adhésion de l’ensemble des acteurs à ces objectifs. Il faut enfin, comme le disait Robert Schuman, des projets concrets «créant d’abord une solidarité de fait». C’est la qualité des projets menés ensemble qui garantira le succès de l’initiative. C’est elle qui permettra aux citoyens de ressentir la force des liens qui unissent les deux rives de la Méditerranée. En tant que commissaire en charge de cette région, je souhaiterais ainsi promouvoir les autoroutes de la mer, l’interconnexion de l’autoroute du Maghreb arabe, la promotion de l’énergie solaire et la dépollution de la Méditerranée. Ce sont des projets qui auront un effet structurant pour la région, et qui permettront d’intégrer les acteurs non étatiques, la société civile et les entreprises. L’Europe doit être un levier, les capitaux privés un relais. La Commission européenne compte porter ces projets lors du sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée à Paris le 13 juillet prochain.

Berceau de l’Europe, «la mer au milieu des terres» est aujourd’hui son avenir. C’est donc avec espoir et détermination que la Commission européenne porte l’initiative d’Union pour la Méditerranée.

Marseille,05 28 2008
Rédaction
L'Économiste
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