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Union pour la Méditerranée - Les ambitions de Sarkozy limitées

· Plusieurs de ses idées ne figurent pas dans le projet de Bruxelles

Deux mois avant un sommet à Paris, qui lancera solennellement l’Union pour la Méditerranée, la Commission européenne a dévoilé, mardi 20 mai, les contours d’un projet qui limite encore plus les ambitions de la France, déjà très diluées ces derniers mois. Nicolas Sarkozy doit inaugurer, le 13 juillet en grande pompe, cette union, dont il est l’initiateur, censée rapprocher l’UE des pays du sud de la Méditerranée et accélérer leur développement.

Mais beaucoup des idées qu’il avait mises sur la table au départ ne figurent pas dans le projet préparé par la Commission européenne. L’idée initiale de Nicolas Sarkozy était de faire participer uniquement, côté européen, les pays riverains de la Méditerranée. Mais devant la levée de bouclier, de plusieurs Etats membres, Allemagne en tête, il avait déjà dû revoir sa copie début 2008. Selon une source européenne, la Commission a proposé hier que le projet rassemble 44 pays riverains de la Méditerranée et de l’Adriatique: les 27 Etats membres de l’UE, plus les 13 membres et observateurs du «processus de Barcelone» lancé en 1995 par les Européens pour un partenariat avec les pays du sud de la Méditerranée (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Li-bye, Egypte, Jordanie, Territoires palestiniens, Israël, Liban, Syrie, Turquie et Albanie), ainsi que la Croatie, la Bosnie, le Monténégro et Monaco. Lors du sommet européen de mars, la France avait déjà dû accepter que ce projet se contente essentiellement de redynamiser un processus de Barcelone amorphe. Et que le projet soit rebaptisé «Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée», pour refléter cette rentrée dans le rang. La Commission a proposé hier de rogner plus encore les ambitions françaises, en douchant les espoirs de Nicolas Sarkozy de co-présider la nouvelle organisation les 2 premières années.

La co-présidence devait en effet être assurée par un Etat de chaque côté de la mer, pour 2 ans. Côté financement, la France risque également d’être déçue. Bruxelles veut en effet privilégier le recours à des fonds privés, des fonds d’Etats, membres ou non de l’Union, ou encore aux institutions financières internationales, plutôt qu’aux fonds européens. Malgré le bouleversement des idées françaises initiales, le projet suscite encore des critiques. Certains comme Hélène Flautre jugent faible le volet politique de cette union centrée sur des projets pratiques, comme la dépollution de la Méditerranée. Elle dénonce notamment la récente «tournée» de Nicolas Sarkozy en Egypte, en Tunisie et en Libye, où il a promis aux dirigeants «qu’ils ne seront pas embêtés sur les questions des droits de l’homme et de démocratie, alors que les relations extérieures de l’UE sont fondées sur ces questions». «Je ne pense pas que les droits de l’homme vont être oubliés pour la Méditerranée», a cependant assuré l’eurodéputé conservateur français Joseph Daul.

Marseille,05 28 2008
Rédaction
L'Économiste
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