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Deux mille ans après Scipion, Numance sous la menace des bulldozers

Archéologie - Le site fut le haut lieu de la résistance des Celtibères contre l’envahisseur romain

Amalio de Marichalar enrage. Comment peut-on vouloir implanter une zone industrielle près des ruines de Numance (nord de l’Espagne), haut lieu de la résistance farouche des Celtibères à l’envahisseur romain? « C’est incompréhensible », peste le comte de Ripalda, qui livre un combat donquichottesque contre administrations et bulldozers.

Hormis quelques éoliennes au lointain, rien n’a altéré les collines de bruyères et pâturages entourant le promontoire de Numance, à quelques kilomètres de la petite ville médiévale de Soria. Ce panorama austère, soumis à de rudes hivers, est resté tel que le général Scipion Émilien le découvrit à son arrivée, en 133 avant Jésus-Christ, à la tête d’une armée de 60 000 hommes. Rome avait dépêché le « vainqueur de Carthage » en « Hispanie » pour en finir avec 20 ans d’humiliations infligées à ses légions par quelques milliers d’irréductibles Celtibères retranchés dans Numance. Scipion fit construire tout autour sept campements reliés par une palissade de neuf kilomètres. Après 15 mois de siège, les Numantins affamés préférèrent pour la plupart se suicider et brûler la ville que de se rendre.

De Numance et des campements romains il reste aujourd’hui quelques ruines rases, traçant les ruelles et fondations des maisons celtibères, excavées au XIXe siècle par le savant allemand Alfred Schulten. Le site, découvert sur les terres de la famille Marichalar, fut le premier à être déclaré bien d’intérêt culturel en Espagne, en 1882. « Mon grand-père en fit don à l’Etat espagnol », explique Amalio de Marichalar.

Mais fin 2006, un nouveau siège de Numance s’est ourdi dans les bureaux de l’administration. La mairie de Soria et la région de Castille-et-Leon ont arrêté le projet d’installer une vaste de zone industrielle de 130 hectares, avec ses hangars et son ballet de camions, à deux kilomètres du site. Cela implique l’expropriation partielle des terres des six frères et sœur Marichalar, dont l’un, Jaime, est l’époux – séparé – de l’infante Elena. Amalio de Marichalar se défend de lutter pour ses intérêts privés. Il souligne qu’il se bat contre toute une série de projets planifiés près de Numance – construction d’une « cité de l’environnement », d’un cimetière privé ou d’un bloc de logements – sur des terrains qui ne lui appartiennent pas. « C’est un Marbella II », s’insurge-t-il, en référence au bétonnage de la célèbre station balnéaire andalouse. « On va ruiner ce patrimoine universel, historique, architectural et littéraire. »

Les Marichalar sont persuadés que le projet de « zone industrielle Soria II », masque une de ces opérations spéculatives à relent de corruption politique qui ont fleuri durant ces dernières années de frénésie immobilière en Espagne. Ils le jugent d’autant plus infondé qu’une première zone industrielle de 300 hectares, apte selon eux à absorber 30 ans de développement industriel de la province la moins peuplée d’Espagne, est déjà en chantier à la sortie de Soria. La mairie répond qu’elle ne peut négliger les 30 millions d’euros d’investissement de la région pour le projet « Soria II ».

De prestigieuses académies espagnoles réclament, jusqu’à présent en vain, le retrait d’un projet « qui affectera gravement et de manière irréversible une zone de grande valeur historique et paysagère », selon le département d’histoire ancienne de l’Université espagnole à distance (UNED).

Certaines institutions souhaitent l’inscription de Numance au patrimoine de l’humanité de l’Unesco et l’application à son site de la Convention européenne du paysage. Pour l’Institut d’Espagne, « tout comme le vaste panorama de la bataille de Verdun, que les Français ont su conserver tel qu’il était pendant la guerre 1914-18, les alentours de Soria doivent rester les témoins d’une des gestes les plus héroïques de l’antiquité ».

Marseille,05 19 2008
Rédaction
L'Orient-Le Jour
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