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Des affiches de guerre comme «signes de conflit»

HOME WORKS IV - Une exposition à la Planète de la découverte, centre-ville

Des logos et des slogans, des fleurs et du sang (beaucoup de sang), des poings et des index brandis, des mots, des signes, de la couleur, des figures, des situations, l’affiche politique est le reflet de tous les espoirs, de toutes les croyances, de tous les combats et parfois de tous les désirs...

Retour en images sur les styles, slogans et promesses défendues par les protagonistes de la guerre civile libanaise à travers une exposition de posters produits entre 1975 et 1990. Un travail de recherche phénoménal, entrepris par Zeina Maasri en collaboration avec Alya Karamé, est à l’origine de cet événement qui devrait figurer sur l’agenda de tous, petits ou grands, Libanais ou étrangers de passage au pays du Cèdre. «?Signes de conflit?»* est produit par l’association libanaise pour les arts plastiques Ashkal Alwane dans le cadre du forum sur les pratiques culturelles Home Works IV.

Si, de nos jours, le flux nauséeux d’images et de slogans, de portraits et d’affiches nous donne envie de fermer les yeux en marchant, la collection de 300 affiches (produites par 30 factions politiques actives durant la guerre) exposées au Starco nous donnerait plutôt l’envie, elle, de garder les yeux grands ouverts…

Plus éloquent que le meilleur des discours, plus véridique que la plus claire des images, le poster politique raconte ici une histoire avec le langage cru des mots et des images. Contrairement aux posters publicitaires qui s’adressent aux consommateurs, ces affiches ne vendent rien. Ou plutôt si. Elles vendent une cause. Auprès du peuple. Elles reflètent l’esprit et les préoccupations d’une époque donnée. Elles mobilisent sur des sujets de société et tentent de rallier à des causes diverses, parfois diamétralement opposées. Ces affiches constituent sans nul doute un outil majeur de compréhension d’une époque et des mouvements politiques, sociaux et culturels qui la composent.

«?Signes de conflit?» représente donc une véritable œuvre de sociologie politique de notre société, en nous emmenant au travers de notre propre histoire, et représente sans aucun doute un précieux outil d’éducation à la citoyenneté.

Le visiteur a la possibilité d’examiner le matériel exhibé suivant un tracé chronologique ou bien thématique. Dans la division chronologique, les posters sont disposés à la manière d’un tableau grillagé, les lignes verticales indiquant l’année, les horizontales se référant à un parti politique donné.

Une deuxième partie de l’exposition donne à voir des affiches disposées selon les thèmes, les icônes et les signes. «?Il s’agit là du noyau de la manifestation?», précise Zeina Maasri, qui a retenu là «?les quatre thèmes les plus récurrents dans les affiches, périodes et partis politiques confondus. Il s’agit de l’appartenance, de la commémoration, du leadership et du martyre. Chaque section nous permet d’observer la pluralité des discours ambiants et la diversité des représentations visuelles autour d’un même thème donné. Cela nous permet d’établir une comparaison plus ciblée entre les différentes factions.?»

«?La guerre des graffitis?»

Une antichambre, réservée à la documentation et aux archives, donne au visiteur accès à des ordinateurs où sont stockées les affiches, mais aussi à diverses publications lancées par les partis politiques durant la guerre. Un livre pourtant sort du lot. Il s’agit de la Guerre des graffitis, de Maria Chakhtoura, que Zeina Maasri a tenu à exposer parce qu’il est «?le premier et seul ouvrage publié au Liban à examiner l’aspect graphique de la guerre libanaise?».

Professeur de graphic design à l’Université américaine de Beyrouth, Maasri raconte que c’est son désir de documenter l’esthétique et d’étudier l’art de la communication dans le monde arabe qui est à l’origine de cette exposition. Partant d’une collection appartenant au département des archives de l’AUB et avec une bourse de recherche de cette même université, elle a réussi à amasser près de 700 affiches auprès de collectionneurs ou des partis politiques concernés. Ce projet, qui a été entamé en 2003, consiste à collecter les posters de guerre mais aussi à les archiver et à les documenter sous forme numérique. Un livre intitulé Signs of Conflict?: Political Posters of Lebanon’s Civil War, contenant un nombre substantiel d’affiches collectionnées et une étude de fonds, doit paraître courant 2008 aux éditions I.B. Tauris, London. Un site Web, qui sera opérationnel en 2009, est également prévu.

«?Durant les quinze années de guerre civile (1975 à 1990), les murs du pays étaient recouverts d’affiches dont les signes graphiques et la rhétorique politique faisaient partie du paysage habituel quotidien?», raconte Maasri.

«?Les différents partis cherchaient à légitimer et pérenniser le combat politique tout en se battant pour gagner plus de terrain et de pouvoir. L’engagement militaire sur les fronts allait de pair avec une bataille acharnée de signes et d’appropriations symboliques de territoires.

“Signes de conflit” suit la trace du déploiement du discours politique dans la culture visuelle caractérisant le(s) conflit(s) libanais. Ce projet examine les affiches politiques produites par les différentes factions en guerre, les partis et les mouvements entre 1975 et 1990. Il part de l’idée de base que les affiches racontent le conflit tout en donnant un aperçu sur la culture visuelle arabe?», dit-elle encore.

Nous ne parlerons pas ici du contenu des affiches ni des messages que chacune tente de faire parvenir à ses partisans. Chaque visiteur fera sans doute sa propre évaluation selon son jugement et ses affinités. Chaque visiteur trouvera les siennes, mais toutes ont cette qualité spécifique, ce potentiel d’interpellation. Elles le doivent pour partie aux sujets qu’elles abordent, qui sont ceux qui inquiètent notre quotidien et notre foi en un Liban uni. Mais elles le doivent aussi, largement, à la faculté des graphistes de projeter une pensée dans une image qui la synthétise, la symbolise et nous sert d’aide-mémoire. C’est notre rapport à un passé qui a laissé des traces, des images fortes et symboliques.

Un condensé d’affiches politiquement incorrectes dans lequel vous serez sans nul doute confronté à de solides questionnements. Des images, encore des images, mais celles-ci nous rappellent de garder les yeux ouverts.

* À la Planète de la découverte, rue Omar Daouk, près centre Starco, centre-ville, jusqu’au 1er mai, du lundi au samedi, de 10h00 à 19h00.

Beyrouth,05 05 2008
Rédaction
L'Orient le Jour
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