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La finance au cœur de l’Union méditerranéenne

Par Matthieu Courtecuisse et Edouard Esparbes
Matthieu Courtecuisse, 34 ans, est associé-fondateur et directeur général de Sia Conseil, cabinet de conseil en management de 170 consultants, présent en France, Belgique, Italie, Maroc et Suisse

Edouard Esparbes est directeur général honoraire de Calyon. Il a été directeur général délégué en charge de la constitution de la banque d’affaires Calyon au Crédit Agricole SA (2004-07)

La finance constitue aujourd’hui un des fondamentaux nécessaires à tout projet politique moderne et en la matière, l’Union méditerranéenne ne fait pas exception. Il est donc primordial que le projet politique qui va se préciser lors des prochains mois établisse dans ce domaine un diagnostic sans tabous et un plan d’action ambitieux à l’adresse de l’ensemble de la communauté financière et offrant aussi des résultats à court terme.

Si dans ce projet l’impulsion politique déclenche la dynamique et crée un climat général positif, le relais doit être pris sur le terrain par les entreprises des deux rives de la Méditerranée, et ce dans toute leur diversité: petites ou grandes, publiques ou privées, locales ou exportatrices, dans les métiers régulés ou en dehors.

A l’évidence, les entreprises ont joué un rôle décisif pour réussir l’intégration des pays d’Europe de l’Est dans l’UE et que celles-ci constituent aujourd’hui le moteur le plus efficace de l’approfondissement de l’UE. Pour l’Union méditerranéenne, du fait même du différentiel économique et social entre les deux rives du bassin, l’impulsion et les efforts des entreprises seront encore plus déterminants que lors de l’extension vers l’Est. Il apparaît nécessaire d’améliorer les conditions de développement des entreprises privées implantées au sud de la Méditerranée, et pas uniquement celles du secteur de l’énergie. Dans le cas contraire, ce projet politique se soldera par un échec.

La transformation du secteur financier se situe dans une temporalité relativement courte; c’est d’ailleurs même dès son annonce qu’un signal de confiance fort pourra être lancé aux investisseurs. Pour être crédible, le projet politique qui sera élaboré devra donc démontrer toute son utilité par rapport aux processus de normalisation déjà en cours au Maghreb ou en Egypte et il ne pourra simplement pas se contenter d’une mise en musique d’actions déjà en cours.

· Accompagner la consolidation des acteurs

Il a été évoqué à plusieurs reprises la possible création d’une institution financière multilatérale dédiée; si cette initiative, sous réserve de précisions ultérieures, peut s’avérer très utile, elle porte néanmoins le risque de concentrer de nouvelles ressources sur le financement de grands projets d’infrastructures, qui ne connaissent pas aujourd’hui le plus de problèmes à se financer. Mais, de fait, même en veillant à la pluralité des missions de cette nouvelle institution afin que soit effectivement intégré le financement des PME locales, une telle institution resterait insuffisante en tant que telle pour inciter et accélérer les nécessaires évolutions du système financier dans les pays du sud de la Méditerranée. Il faut donc s’atteler à la fois à des mesures d’ordre juridique d’une part, systémique d’autre part. Il faudra ensuite accompagner de façon intelligente le processus de consolidation des acteurs en veillant aux respects des sensibilités nationales.

· Sophistication des techniques financières

Sur le plan juridique, il convient notamment de diminuer le coût du risque de crédit induit par les législations existantes et de favoriser la mise en place de nouveaux outils juridiques permettant une meilleure gestion des créances douteuses et la mise en place de système de garantie plus optimal.
Sur le plan systémique, il faut montrer que le marché financier du sud de la Méditerranée intègre les meilleures pratiques de régulation et qu’il est tout simplement un marché comme les autres.

Concrètement, il s’agit d’arrimer de façon adaptée les systèmes bancaires et financiers locaux à l’Europe, par la sélection d’un paquet de directives européennes à appliquer et, surtout, l’adoption d’un calendrier contraignant. Il faut aussi encourager plus de souplesse pour les entreprises dans la convertibilité des devises, notamment vis-à-vis de l’euro, là aussi condition pour encourager le développement du commerce international et des techniques financières associées. Ces efforts ont souvent été déjà entamés, voire même bien engagés dans certains pays, mais il faut les rendre plus homogènes entre les pays et surtout leur donner une consistance et une visibilité politique.

Ce cadre rénové sera de nature à susciter de nouveaux investissements privés et incitera à déplacer les lignes de la concurrence entre les acteurs bancaires présents au sud de la Méditerranée. Pleinement mobilisés aujourd’hui dans la course à la bancarisation des ménages et à la captation des flux financiers liés aux migrants, un accès facilité au crédit étendra la concurrence en faisant du marché des entreprises un enjeu commercial fort.

Les établissements bancaires verront aussi leurs fonds propres mis davantage sous pression et on pourra dès lors assister à une phase de sophistication des techniques financières, en termes de gestion des risques et de construction des produits financiers. Ce mouvement pourrait dès lors accélérer le processus de consolidation déjà à l’œuvre dans ces pays et portera la capitalisation des établissements financiers et des entreprises à des niveaux supérieurs et plus compatibles avec le jeu commercial mondial. Enfin, au-delà de la sphère bancaire, il faudra agir pour que des nouveaux acteurs de la chaîne de valeur financière (e.g. sociétés de gestion, fonds d’investissement) puisse apparaître et se développer, pour dépasser la stricte intermédiation bancaire.

Comme dans toutes les composantes industrielles du projet d’Union méditerranéenne comme l’énergie ou les transports, les acteurs français ont un rôle éminent à jouer, à la fois parce que les banques françaises sont déjà bien implantées sur les deux rives de la Méditerranée et parce qu’elles maîtrisent tout le panorama des outils financiers. Elles jouent d’ailleurs déjà un rôle positif dans la déclinaison opérationnelle de la transformation en cours du secteur financier.

Dans le cadre de ce nouveau projet politique, elles devront assumer leur responsabilité encore plus forte.

L’Union méditerranéenne, pour réussir, ne peut se passer d’une modernisation et d’une plus grande intégration du système financier sur l’ensemble du périmètre concerné. Plus que de la finance, il s’agit avant tout et surtout d’installer sur le long terme la confiance.

Casablanca,05 05 2008
Rédaction
L'Economiste
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