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La semaine francophone à Abou Dhabi - Une première édition réussie

Baptême des mots et de la francophonie pour Abou Dhabi qui s’est ouverte à la culture au cours de trois journées qui se sont déroulées sous le haut patronage de cheikh Hamdan ben Zayed al-Nahyan, vice Premier-ministre, sous l’impulsion de Hoda al-Khamis-Kanoo, fondatrice du Abu Dhabi Music and Arts Foundation, et grâce à l’énergie de la curatrice Rita Saab Moukarzel.

Abdou Diouf, secrétaire général de la francophonie, a donné le coup d’envoi de l’événement, en français dans le texte, rejoint par de nombreuses personnalités francophones qui ont animé la scène culturelle du 16 au 19 mars.

Abou Dhabi. La ville est accueillante, animée par les derniers préparatifs d’un événement inédit?: la semaine francophone. Dans son désir de construire des ponts virtuels et d’amitié pour que la diversité des cultures puisse se retrouver en toute harmonie, la cité a réuni culture, musique et art autour d’invités, écrivains, philosophes, caricaturistes, peintres, producteurs de cinéma, parfaits ambassadeurs de la langue française.

Coup d’envoi le 16 mars, à l’occasion d’une soirée d’inauguration, à la fois discrète et élégante, à l’Emirates Strategic Center, fondé en 1994 par cheikh Mohammad ben Zayed al-Nahyan. Au cours de cette cérémonie, cheikh Nahyan Moubarak al-Nahyan, ministre de l’Éducation supérieure et de la Recherche scientifique, et cheikh Hamdane ben Zayed al-Nahyan, représentant du Premier ministre, ont pris la parole pour décrire l’éveil culturel d’Abou Dhabi, qui se fait dans un esprit de paix et de compréhension entre les peuples. Et cela, en présence de l’ambassadeur de France, Patrice Paoli,?et de Mongi Bousnina, directeur général de l’Alesco.

Dans son allocution, Abdo Diouf n’a pas manqué de souligner sa fierté de se trouver dans ce pays «?foyer d’une renaissance intellectuelle remarquable, symbole d’ouverture culturelle sur le monde, vecteur de dialogue illustré par la présence en ces lieux d’institutions prestigieuses comme la représentation de l’Université de la Sorbonne, le musée du Louvre et le musée Guggenheim?».

En remettant, pour la première fois, le « Prix de la traduction Ibn Khaldoun-Léopold Sédar Senghor en sciences humaines », créé par l’Alesco, à l’équipe du Centre de recherche et de coordination scientifiques (Cercos), pour la traduction en français de l’ouvrage de Mohammad Abel al-Jabri,?La raison politique en islam hier et aujourd’hui (remarquable travail qui s’est fait sous la supervision du professeur Ahmed Mahfoud), Diouf a précisé?: «?Voilà la formidable magie du texte qui demeure le lieu et le moyen le plus sûr de forger les âmes qui animeront le monde de demain, riche de sa diversité culturelle et linguistique.?» Et de conclure?:?«?L’équipe du Centre de recherche et de coordination, qui entre aujourd’hui dans le palmarès du Prix de la traduction Ibn Khaldoun-Léopold Senghor, nous a livré cette œuvre. À nous de savoir bénéficier de cette moisson qui illustre la diversité culturelle et son acceptation.?» Un trophée a été remis au lauréat, ainsi qu’aux invités et intervenants de cet événement culturel. L’inauguration a été suivie d’un cocktail autour de l’exposition des œuvres de Nja Mahdaoui, plasticien du signe tunisien, diplômé de l’Académie des arts de Santa Andréa de Rome et de l’École du Louvre, et membre du jury international du Grand prix des arts de l’Unesco. «?C’est une chance et un honneur d’exposer quelques-uns de mes travaux artistiques ayant trait au métissage du signe dans le cadre de ce débat civilisateur.?»

Table ronde

Les journées francophones ont véritablement démarré le lendemain, sous le signe de la culture et de la musique, avec une table ronde autour du thème?: «?L’art francophone comme vecteur de la communication?». Dans son mot d’introduction dit en français, fait suffisamment rare pour le souligner, la cheikha Shamma bint Sultan ben Khalifa al-Nahyan a précisé?: «?En tant que jeune Émiratie, ma capacité à m’exprimer, lire et écrire en français m’a ouvert les portes du monde francophone, de l’art, de la musique, de la littérature et même des sports. Je suis convaincue que la compréhension de cette culture me permet de construire des ponts et de faciliter les échanges entre les Émiratis et la culture française.?»

Diane de Bellescize, modératrice mais également professeur agrégée des facultés de droit à l’Université du Havre, chargée d’enseignement à l’Université Paris 2 Assas et responsable des échanges internationaux à l’Institut français de presse, des DESS de journalisme à Beyrouth, Moscou et Le Caire, a lancé le débat en s’adressant à Joseph Maïla, ancien recteur de l’Institut catholique de Paris et directeur du Centre de recherche sur la paix à Paris, lui demandant d’intervenir sur l’art de la médiation «?qui conduit, précise-t-elle, à la négociation et la communication?».

«?J’ai eu l’occasion, dit Maïla, à l’Organisation internationale de la francophonie, de participer à nombre de sorties de crises. J’ai appris certaines choses portées par la philosophie des institutions francophones et notamment qu’il y a un médiateur là où il y a un conflit. Et que, pour sortir de ce conflit, qui est plus important que le médiateur, il faut d’abord l’accepter. Regarder la crise en face et l’assumer, c’est commencer à la résoudre. C’est la loi de la démocratie. Le conflit n’est jamais objectif. Une fois assumée la visibilité de ce conflit, il faut changer le regard porté sur l’autre. Les appréhensions des uns et des autres sont les mêmes, les douleurs se retrouvent et les angoisses aussi.

Enfin, dans une médiation, on donne à chaque acteur la possibilité de devenir le faiseur de sa propre histoire.?»
Pour le député Salah Honein, à qui il a été demandé d’intervenir sur l’art dans le discours politique, «?la politique a pour objectif de faire évoluer une société vers la démocratie, la liberté, l’ouverture et la justice. Le discours politique, basé sur la forme et le fond, est un moyen de promouvoir ces idées et de les appliquer. Le fond doit être honnête et la forme porteuse. Tout discours doit être rassembleur, dynamique et actif. Il doit surtout aboutir à une application. L’homme politique doit être jugé sur les résultats de son action.?»

Le philosophe Benoît Peeters, théoricien, critique, romancier et spécialiste d’Hergé, a développé la relation entre le texte et l’image. «?La bande dessinée peut être un vecteur important de la francophonie, un véritable dialogue culturel.?» Reprenant les albums de Tintin et notamment Le Lotus Bleu, il rend hommage à Hergé, précurseur et visionnaire, qui, dans les années 30, illustrait déjà parfaitement le dialogue et l’échange réussi entre deux cultures si différentes, bousculant tous les stéréotypes et les appréhensions d’actualité. Revenant également sur Les Cités obscures, célèbres bandes dessinées qu’il crée en collaboration avec François Schuiten, il confirme qu’«?à travers ce médium souple, sans grands moyens financiers, nous pouvons faire exister un espace, un monde, à travers des techniques très libres.?»

Salem Brahimi (fils du diplomate algérien Lakhdar Brahimi), producteur de cinéma, venu présenter le film Mon Colonel?dans le cadre de ces journées francophones, a tenu pour sa part à souligner la difficulté de faire coexister le verbe et l’image, en affirmant que «?résister c’est créer, créer c’est résister?». Nja Mahdaoui a partagé son expérience de métissage artistique dans la concrétisation d’une œuvre commune avec un artiste québécois, une «?cohabitation sur une même œuvre?» dont il a pu découvrir les possibilités et les limites. Plantu, célèbre caricaturiste au quotidien Le Monde et créateur en 2007 de la fondation Cartooning for Peace, a confirmé l’importance de l’humour dans la caricature, ne pouvant s’empêcher d’illustrer ses propos et de revenir sur son expérience personnelle avec cet outil aujourd’hui dangereux. «?La caricature, c’est une manière de faire du bien là où ça fait mal. Notre première langue à tous, c’est l’image. Le boulot d’un caricaturiste est de montrer quelque chose de spontané et qui va à l’essentiel.?»?«?Il y a, conclut-il avec un large sourire, un temps pour pleurer et un temps pour critiquer. »

Le musicien et pédagogue Éric Preterre, spécialiste de jazz, a appris, dit-il, à écouter au cours de ses voyages. Revenant sur une expérience vécue à Abou Dhabi avec des élèves étudiant le français comme langue étrangère et qui ont prêté leur voix à l’enregistrement d’un recueil de neuf chansons réunies dans un CD et un spectacle sur l’environnement, intitulés Planète en danger, il affirme, satisfait?: «?Dans ce projet d’une année, modeste et ambitieux, initié et dirigé par le Bureau de coopération pour le français et l’ambassade de France, nous avons développé la communication et le dialogue au détriment du professionnalisme?», avant d’inviter l’assistance à une représentation donnée le soir même à la Fondation culturelle d’Abou Dhabi. Le journaliste français Aurélien Colly, qui travaille à RFI et France 24, a, quant à lui, signalé le rôle de la francophonie et des médias français dans la définition d’un espace alternatif qui permettrait aux autres cultures d’exister.

Enfin, et pour clôturer une table ronde où le dialogue s’est illustré par sa diversité et sa qualité, Patrice Paoli a conclu en faisant rimer francophonie et polyphonie?: « La parole est le début de l’action, qui reste l’une des vertus de la francophonie. Commencer à dire, c’est commencer à agir.?»

La première journée s’est achevée sur un sentiment de satisfaction générale. La francophonie a trouvé sa place d’honneur à Abou Dhabi. Les deux journées qui ont suivi l’ont confirmé.

Marseille,03 30 2008
Rédaction
L'Orient-Le Jour
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