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« Le protestantisme français et le Levant », de Jean-Paul Eyrard et Georges Krebs

Vient de paraître - Une exceptionnelle rétrospective du siècle dernier

Une excellente histoire du protestantisme français au Levant (Liban, Syrie), riche, détaillée, complète, vient de paraître, qu’on ne saurait trop recommander aux amateurs d’ouvrages historiques.

On la doit à l’historien Jean-Paul Eyrard et au président de l’association Présence protestante française au Liban, Georges Krebs (*). L’ouvrage est aussi, d’une certaine manière, une excellente rétrospective du siècle dernier.

Le protestantisme français au Levant date de la fin de la Première Guerre mondiale (1918). Auparavant, cette présence était symbolique, trop isolée pour faire histoire, le Levant étant, pour ainsi dire, « chasse gardée des catholiques français, et des missionnaires protestants anglais et américains ».

Toutefois, après la Première Guerre mondiale et le mandat confié à la France par la Société des nations, le protestantisme français s’implante au Liban et en Syrie, où il supplante « sans état d’âme » le protestantisme allemand, dans des conditions douloureuses pour ce dernier. En vertu du traité de Versailles, les missions protestantes allemandes, implantées au Liban au milieu du XIXe siècle, sont expulsées du Liban par les vainqueurs, et leurs biens sont transférés aux protestants français, en particulier l’orphelinat allemand, fleuron des œuvres caritatives des diaconesses de Kaiserwerth.

Le protestantisme français se montrera, dans l’ensemble, plus français que protestant. « L’arrivée du protestantisme français sur ce théâtre nouveau pour lui tient certes au désir d’affirmation de leur foi de plusieurs remarquables individualités protestantes françaises, mais surtout au fait que cette intervention est implicitement souhaitée par les autorités françaises, explique l’ouvrage. Et elle est acceptée après une très courte réflexion, mais avec une détermination, un élan religieux et surtout le sens d’un impérieux devoir patriotique à assumer par les responsables protestants français : il s’agit pour eux, comme pour les autorités politiques, d’étendre, en usant de la proximité religieuse, l’influence de la France dans des secteurs où elle était jusque-là inexistante. »

Introduit au XIXe siècle dans la région par les missionnaires anglais et américains, le protestantisme avait misé avant tout sur l’action éducative sans distinction de religion, attirant vers lui des jeunes de tous horizons et générant une élite qui, sans être protestante, partageait des valeurs intellectuelles et morales de la Réforme.

La mission protestante française, conduite par la Fédération protestante de France, va faire de même, sans négliger pour autant les dispensaires.

Ce modèle d’action va donner de piètres résultats en matière d’évangélisation directe, au grand regret des missionnaires purs et durs. Mais ses fruits seront loin d’être négligeables sur le plan de l’influence sur les élites.

Le cas du Collège protestant

Le cas du Collège protestant, créé en 1928 à Beyrouth, est exemplaire à ce sujet. Il se taillera une place de choix parmi les meilleurs établissements scolaires du Liban, sous l’impulsion de Louise Wegman, qui le dirige entre octobre 1928 et 1965, et rejettera, non sans une forte opposition parfois, tout au long de sa longue carrière, au prosélytisme. Le Notre Père sera sa prière de prédilection. Le Collège protestant attire en particulier, dans les premiers temps, la communauté grecque-orthodoxe, moins bien dotée, pédagogiquement, que les communautés catholiques, avant de rassembler des élèves de toutes les communautés.

Détail significatif des bouleversements dus à la guerre : ce Collège ne compte plus, aujourd’hui, que 13 % d’élèves de communautés chrétiennes.

Après une première étape d’expansion, l’histoire du protestantisme français au Levant sera marquée par la Seconde Guerre mondiale et la montée des nationalismes.

En Syrie, les réalisations du protestantisme français étaient, en 1939, loin d’être négligeables : une église, et des dispensaires à Damas et dans le Djebel druze, des actions multiples en faveur des réfugiés arméniens, menées autour d’Alep, etc. La Seconde Guerre mondiale va balayer ce dispositif.

Il n’en sera pas de même au Liban, où la présence protestante continuera de s’épanouir, notamment sur le plan pédagogique, indépendamment de l’importance numérique de cette communauté. « Aujourd’hui, épilogue l’ouvrage, cette présence se ramène à un Collège, une poignée de dispensaires, quelques postes missionnaires, deux minuscules paroisses et peut-être quelques dizaines d’âmes gagnées au protestantisme “alla franca”. Mais le protestantisme français contribue toujours à la formation d’une élite francophone, et de plus en plus issue des milieux musulmans libanais, sunnites comme (et cela est nouveau) chiites. Est-il besoin de souligner l’importance culturelle, mais d’abord politique de cette donnée dans le Liban d’aujourd’hui ? »

Au-delà de l’intérêt que l’on pourrait porter à l’histoire du protestantisme, l’ouvrage offre un nouveau prisme à travers lequel on peut revoir l’histoire du Levant, du Liban en particulier, et des vicissitudes qui ont conduit à la situation actuelle. À tous ceux qui, comme l’auteur de cette note, connaissent mal l’histoire de leur pays, il offrira de précieux points de repère pour reconstituer leur mémoire et mettre certaines choses au point. Mention spéciale au premier chapitre, « Le christianisme au Levant », une revue rapide de la distribution des communautés religieuses dans la région, à l’aube du XXe siècle, avec de brèves mais éclairantes mises en perspective.

Fady NOUN

*Adresse électronique de J.-P. Eyrard : eyrard_jpm@hotmail.com. On doit aussi aux auteurs une monographie du Collège protestant.

* * *

Extraits
La tutelle de la France sur la Syrie


«(…) Au Liban, les Français sont accueillis en libérateurs par une bonne partie de la population. En Syrie, c’est au canon que le général Gouraud chasse Fayçal et anéantit les espoirs des nationalistes arabes. Au Liban, les Français créent un État qui dépasse peut-être même de par sa taille les espérances de beaucoup de Libanais. En Syrie, ils séparent le Liban de Bilad-ech-Cham, ce qui est déjà beaucoup aux yeux de la plupart des Syriens, mais de surcroît tronçonnent ce qui reste du pays en trois Etats. (…) En 1939, ils rétrocéderont le sandjak d’Alexandrette à la Turquie, alors qu’en vertu du mandat, la France était garante du territoire syrien. »

Le Collège protestant : une œuvre scolaire, non une œuvre missionnaire
(Louise Wegman, directrice du Collège protestant, répond à un projet d’institution d’une aumônerie au collège)

« (…) Le collège, de direction protestante, est une œuvre scolaire, non une école missionnaire. Il admet des élèves de toutes les religions (…) Le collège a travaillé depuis 29 ans dans cet esprit de vérité et de respect de la personnalité, qui est le propre du protestantisme. C’est pourquoi, outre les protestants et les orthodoxes, des musulmans, puis des latins et enfin des maronites lui ont confié leurs enfants (…) 16 rites religieux y ont vécu en bon accord, même dans les temps troublés. Toutes les élèves protestantes ont reçu une instruction biblique protestante. Volontairement, beaucoup de leurs compagnes ont suivi cette instruction, intéressées par leurs professeurs et sachant le profond respect que nous avons envers toutes les religions. Cette attitude de profond respect et la haute tenue morale du collège ont, je crois, contribué à faire connaître et rayonner le protestantisme français au Liban. »
« (…) Enfin, le projet de statut de l’aumônerie aboutirait par son application à un partage d’autorité. Or, je ne puis accepter de partager mon autorité morale avec un aumônier. Pour aller de l’avant dans l’harmonie, il faut que le collège n’ait qu’une tête. Je n’accepte pas le partage. La directrice doit être seule maîtresse au collège, comme le pasteur doit être le seul maître de son église. »

Marseille,02 18 2008
Rédaction
L'Orient-Le Jour
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