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Aux confins de l'Égypte, le tourisme « d'aventure » met en péril l'art rupestre

Des archéologues tentent de préserver des dessins préhistoriques datant de plus de 5 000 ans

Aux confins de l'Égypte, l'engouement pour le « tourisme d'aventure » menace un inestimable art rupestre préservé pendant des millénaires, en plein Sahara oriental.

Dans cette contrée aride du Gilf al-Kabir (Sud-Ouest), proche de la Libye et du Soudan, se trouve notamment « la grotte des nageurs », dont les magnifiques dessins préhistoriques ont été montrés en 1997 dans le film Le Patient anglais. C'était avant l'afflux touristique sur l'immense plateau désertique, distant de quelque 1 100 kilomètres du Caire et qui n'a aujourd'hui plus rien d'un sanctuaire pour ces chefs-d'œuvre et autres merveilles géologiques, dont un cratère de 50 millions d'années.

« Vous ne pouvez imaginer les dommages causés » à la région, déplore Rudolph Kuper, un archéologue allemand qui se bat pour préserver un art remontant à l'époque où le désert était une vaste prairie, il y a 5 000 à 7 000 ans. « Les gens mettent de l'eau ou de l'huile sur les peintures pour que les couleurs délavées apparaissent plus brillantes, entraînant des dégâts irréparables », affirme-t-il.

Les faits sont encore plus tragiques de l'autre côté de la frontière, en Libye, où les coups de pinceau délicats qui ont dessiné des figures humaines à Aïn Doua semblent avoir essuyé les tirs de soldats en manque de sensations.

Tout près, l'intérieur d'une cave peinte est rempli d'ordures, tandis qu'à l'extérieur un portrait géant de Bob Marley fait tache dans la clarté éblouissante du désert. Les voyageurs, qui paient jusqu'à 10 000 dollars pour une expédition de deux semaines, se ruent en 4x4 pour aller voir la « grotte des nageurs », dans le Wadi Sora, au nord-ouest du Gilf al-Kebir.
Jusqu'aux années 80, seule une poignée d'initiés s'y étaient rendus. « En 2006, il y a eu probablement 800 visiteurs et cette année, le millier sera dépassé », note le professeur Kuper.

Spécialiste en art rupestre, le professeur allemand Tilman Lenssen-Erz affirme que dans l'ère préhistorique, ces sites étaient célèbres sur des milliers de kilomètres carrés. « C'était un endroit haut en symboles, avec toute une cosmogonie traduite là-bas en art rupestre. Cela pourrait être considéré comme une immense cathédrale, selon le contexte européen », dit-il.

Même des signes plus récents, comme les anciens hiéroglyphes connus sous le nom de rocher de Meri, au nord-est de Gilf al-Kabir, ne sont pas indemnes : l'an dernier, un visiteur y a gravé le torse dénudé d'une femme. Que faire ? « Vous ne pouvez pas poser du fil de fer barbelé autour du site, alors nous avons développé l'idée de "barrière cérébrale" », explique le professeur Kuper, insistant sur l'éducation des guides et des touristes.

Saad Ali, un jeune voyagiste basé dans l'oasis de Farafra et qui dirige aussi l'ONG Farafra Development Institution, estime également que l'éducation est la seule solution viable. « Nous organisions des voyages pour nettoyer le désert, mais chaque année nous trouvions encore plus d'ordures. Alors nous avons réalisé que la solution était de s'adresser aux guides », souligne-t-il. « Maintenant, les choses ont beaucoup changé. L'année dernière, nous sommes allés nettoyer et n'avons collecté que 4,5 tonnes d'ordures, contre 11 l'année précédente. »

Selon le professeur Kuper, ces programmes aident à éduquer « 70 à 80 % des gens ». Mais d'autres, comme les touristes occidentaux ou les expatriés mercantiles, ne sont pas faciles à gérer.

Parallèlement à ces ravages, amener l'Égypte, la Libye et le Soudan à s'accorder pour surveiller cette région militairement sensible est une gageure. Les experts espèrent un classement de la région par l'Unesco au patrimoine culturel de l'humanité. Mais cela nécessite au préalable que les trois pays déclarent individuellement leur zone « Parc national ». Des responsables des trois nations doivent se réunir au Caire en décembre dans l'objectif de conclure un accord.

Marseille,12 10 2007
Rédaction
L'Orient-Le Jour
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